La gestion d’un jardin harmonieux implique souvent de jongler entre la fertilisation des végétaux et la cohabitation avec la faune locale. Parmi les préoccupations majeures des jardiniers, la présence de taupes, qui marquent leur territoire par des monticules de terre, et le besoin de renforcer la santé des plantes occupent une place centrale. Si le purin d’ortie est une référence incontournable en matière de soins aux végétaux, son utilisation comme répulsif, couplée à d'autres méthodes naturelles, offre une approche globale pour protéger son espace extérieur sans recourir à des produits de synthèse.

Les vertus polyvalentes du purin d’ortie
Le purin d’ortie, ou extrait fermenté, est un outil précieux pour favoriser la croissance des plantes et les protéger. Utilisé dès le printemps et au début de l’été pour donner un coup de fouet, il permet également de renforcer le système racinaire en arrosage, de prévenir les maladies en pulvérisation foliaire et de renforcer les défenses immunitaires des végétaux. Sur toutes les plantes pour renforcer le système racinaire, on peut l’utiliser au fruitier, au potager, sur les rosiers, sur les vignes, en grandes cultures, dans les parcs et les jardins.
Il ne s’agit ni d’un engrais organique, ni d’un engrais vert, mais d’un stimulateur des défenses naturelles. L’apport de vitamines et d’oligo-éléments contenu dans l’extrait fermenté d’ortie permet à la plante d’aller encore plus chercher les éléments dont elle a besoin dans le sol et de mieux les assimiler. Si vous le dosez correctement, soit 5 à 10 % mélangé avec de l’eau, tous les arbres et toutes les plantes apprécieront ses effets. Pour les légumes, on fera une différence entre les légumes feuilles où l’emploi du purin d’ortie suffit pour favoriser la croissance, les légumes fruits où l’on utilisera le mélange ortie-consoude et les légumes racine où l’on préférera le mélange ortie-fougère.
Cependant, il convient de respecter les dosages avec précision : en pulvérisation foliaire, le dosage mini est de 5 %, donc 0,5 L de purin d’ortie pour 9,5 L d’eau. Le dosage maxi est de 10 %, donc 1 litre de purin avec 9 L d’eau. Évitez de le sur-doser, car l’effet sera inverse. Par exemple, si vous l’employez pour combattre les pucerons, en dosant la préparation à 20 %, vous risquez d’attirer les pucerons, car ils raffolent des sucs contenus dans la préparation.
Pas à pas : fabriquer un purin d'orties
Le purin d’ortie face aux taupes : mythe ou réalité ?
La question de l’efficacité du purin d’ortie contre les taupes revient fréquemment dans les discussions entre jardiniers. Le purin, qu’il soit animal ou végétal, dégage une odeur forte. Les taupes étant très sensibles aux odeurs, si vous déversez du purin à l’entrée des galeries présentes dans leurs taupinières ces dernières vont les fuir pour se préserver des désagréments. Certains utilisateurs témoignent que verser deux cuillers à soupe dans le trou du monticule puis recouvrir avec une motte ou un caillou permet de faire fuir les intrus grâce à l’odeur immonde.
Il est important de noter que le purin d’ortie agit ici par son caractère répulsif lié à son effluve. Toutefois, d’autres préparations naturelles sont souvent citées pour leur efficacité supérieure dans ce rôle spécifique. Le purin de sureau est lui efficace pour repousser les taupes. Il faut savoir que le sureau a aussi des vertus repoussantes pour les taupes ayant élu domicile dans votre jardin. Son principe actif est la sambucine. Les ravageurs ne supportent pas son odeur et préfèrent trouver un endroit plus agréable pour faire leur galerie.
Stratégies complémentaires pour un jardin sans taupinières
Les taupes sont des petits mammifères qui créent des monticules de terre, les taupinières, qui parsèment votre jardin quand elles y ont élu domicile. Ces animaux sont malins, mais il existe quelques moyens pour les faire fuir de votre jardin. Les taupes étant des animaux très sensibles aux odeurs, installer des plantes dont elles ne supportent pas les effluves fait sens.
Parmi les solutions naturelles plébiscitées, on retrouve :
- L’Euphorbe Épurge : Aussi surnommée “l’herbe à taupe”, ses tiges sont réputées pour contenir des substances qui font fuir les petites bêtes. Elle dégage un latex toxique qui les fait fuir.
- Le Ricin : Le tourteau de ricin est un engrais qui s’achète en granulés. Cet engrais est totalement naturel en plus d’être très efficace. Il a aussi pour avantage d’amender en profondeur votre sol.
- La Fritillaire impériale : Aussi appelée “Couronne impériale”, elle possède une odeur forte, très désagréable, qui permettrait d’éloigner les taupes ou encore les campagnols.
- Les Incarvillées : Ce sont notamment leurs rhizomes qui produisent une odeur très déplaisante, détectable dans un rayon d’environ 7 mètres.
- L’ail : Si vous ne faites pas pousser d’ail dans votre jardin, vous pouvez tout de même vous en servir. Épluchez votre tête d’ail, et enfoncez le plus profondément possible les gousses dans les tunnels formés par les taupes.

Respecter l’équilibre de l’écosystème
Faut-il vraiment éloigner les taupes de son jardin ? En réalité, la taupe est un petit animal fouisseur fascinant, au-delà de son activité dévastatrice au jardin. Les nombreuses galeries souterraines qu’elle creuse permettent en effet d’améliorer la qualité du sol puisqu’elles l’aèrent, ce qui est notamment utile pour la croissance des plantes. En tant que carnivore, la taupe réduit par ailleurs la quantité de nuisibles au jardin, comme les limaces ou encore les cochenilles. Pour finir, les sols travaillés par la taupe sont généralement plus riches en nitrates : un autre atout pour vos végétaux.
Si les taupinières vous gênent, il faut savoir qu’il est possible de repousser les taupes avec quelques astuces naturelles, respectueuses de l’environnement et faciles à mettre en place. Évitez un sol trop humide et riche en insectes, car les taupes sont attirées par les sols humides remplis de vers. Si elles sont envahissantes, les taupes ne sont pas nécessairement nuisibles. Leur présence est souvent le signe d’un sol riche et bien vivant.
Précautions et bonnes pratiques de jardinage
Dans la gestion des traitements naturels, la distinction entre préventif et curatif est essentielle. Le purin d’ortie est efficace pour combattre les pucerons en préventif. S’il y a une attaque de pucerons, il faut arrêter les extraits fermentés, car au contraire, vous allez les attirer. Il faut donc passer sur des préparations curatives type macération d’ail ou infusion de feuilles d’orties.
Concernant la préparation du purin, la qualité est primordiale. Achetez impérativement un produit fabriqué avec des plantes fraîches. Si vous avez la chance d’avoir des orties dans le jardin ou autour de la maison, laissez-les en place, vous pourrez récolter leurs feuilles pour réaliser un purin de qualité. La fermentation est contrôlée en anaérobie (sans air) pour éviter tout risque d’oxydation. Un bidon sans air, c’est un bidon qui ne fait pas de bruit quand on le secoue.
Enfin, méfiez-vous des légendes urbaines. La légende raconte que les taupes sont hémophiles et que donc, si elles se blessent, elles meurent vidées de leur sang. Cette légende est fausse et place au rang de cruelles certaines techniques employées pour les faire fuir. Que ce soit les tiges de rosier pleines d’épines, les fils barbelés ou encore le verre pilé placés dans les taupinières… Tous ces stratagèmes les font souffrir inutilement. Privilégiez toujours des méthodes qui respectent le monde vivant et favorisent une agriculture saine.

Pour les passionnés de jardinage s’intéressant aux traitements naturels, sachez également que vous pouvez faire des infusions ou des décoctions avec des orties. Le purin d’ortie n’est pas dangereux et il n’est pas interdit. Il fait partie des Pnpp (préparations naturelles peu préoccupantes). Il n’a pas besoin d’AMM (autorisation de mise sur le marché) pour être commercialisé. Il est autorisé en agriculture conventionnelle et biologique. En appliquant ces méthodes avec patience et régularité, vous pourrez profiter d’un jardin sans monticules disgracieux, tout en respectant le rôle écologique essentiel des auxiliaires et des mammifères fouisseurs.