Le Guide Complet : Quand et Comment Utiliser le Compost au Jardin

Le compostage est devenu une pratique incontournable pour les jardiniers soucieux de l'environnement. Environ un tiers des ordures ménagères est composé de déchets organiques que nous pouvons recycler et valoriser utilement. Le compost est un engrais naturel, simple à utiliser, qui améliore la terre et nourrit les plantes. Il trouve sa place partout : au potager, sous les haies, au pied des arbres ou dans les jardinières. Il permet de jardiner plus durablement, sans avoir recours à des produits chimiques. En quoi consiste exactement ce processus ? Comment et quand mettre le compost au jardin ?

Schéma illustrant le cycle de vie du compost, de la cuisine au potager

Qu’est-ce que le compost et comment se forme-t-il ?

Le compost est le résultat du processus de fermentation de différents déchets organiques : épluchures et restes de fruits et légumes, fleurs fanées, sachets de thé, marc de café, feuilles de jardin, herbe de la tonte, mauvaises herbes, paille, copeaux de bois, foin et certains papiers, comme les mouchoirs ou l'essuie-tout. Certains fumiers se compostent également très bien. Ces déchets se rassemblent à l’aide d’un composteur ou bien d’une poubelle à compost.

Pour un compost sain et efficace, il est essentiel de maintenir un équilibre entre les matières vertes, humides et molles, et les matières brunes, sèches et dures. Les premières sont riches en azote et les secondes en carbone, ce qui permet une bonne décomposition des déchets compostés. Le volume de ces matières doit donc toujours être sensiblement le même dans le bac. Plus qu’un simple engrais, le compost aide à améliorer durablement la qualité du sol et à compenser ses carences en minéraux. Enrichi, le sol libère alors tous ses nutriments, ce qui lui garantit une meilleure santé et lui permet de nourrir l’ensemble de vos plantations.

Les périodes idéales pour l'apport de compost

Si le compost peut s’utiliser tout au long de l’année, le moment idéal pour l’appliquer est déterminé en fonction des besoins de votre jardin. Après avoir respecté un délai de 3 à 6 mois nécessaire à sa décomposition, vous pouvez l’employer selon plusieurs calendriers :

  • À l’automne ou en fin d’hiver : C'est une période privilégiée pour épandre le compost en surface avec un léger griffage pour l’incorporer à la terre. Apporter du compost à l’automne, c’est semer la fertilité et l’abondance du printemps prochain.
  • Au printemps : C'est une excellente période pour apporter d'importantes quantités de compost au jardin, entre les rangs de légumes, ou avant l’éveil des plantes afin de préparer au mieux leur développement. Il est conseillé de l'appliquer une quinzaine de jours avant vos semis et plantations.
  • Toute l’année : Vous pouvez l'utiliser dans les trous de plantation, en le recouvrant de fines couches de terre afin que les graines ne soient pas en contact direct avec le compost. Pour des semis successifs, l’idéal est de poser le compost à la fin de l’été.

Photo montrant un jardinier incorporant du compost au sol au printemps

Les dosages recommandés selon les cultures

Il est difficile de penser que l’on puisse apporter trop de compost, pourtant, une dose de 2 à 5 kilos par mètre carré est déjà comme une assiette bien remplie pour notre sol. Les plantes ont des besoins variés qui dictent la quantité à apporter :

  • Plantes à forts besoins (3 à 5 kg/m²/an) : Cette catégorie inclut les artichauts, le céleri, le poireau, les cucurbitacées (concombres, cornichons, courges, courgettes, melons), les solanacées (aubergines, poivrons, pommes de terre, tomates) ainsi que le maïs.
  • Plantes aux besoins moyens (1 à 3 kg/m²/an) : Il s’agit des asperges, des betteraves, des carottes, des épinards, des haricots, de la laitue, du persil ou des petits pois.
  • Plantes à faibles besoins : Elles peuvent se passer d’apport de compost.

Pour votre pelouse, lors de l’installation, incorporez 8 à 10 kg/m² de compost sur les dix premiers centimètres de terre avant de semer. En entretien, au début du printemps, dispersez 1 à 2 kg/m² de compost, finement tamisé, afin qu’il se répartisse bien entre les brins d’herbe.

Techniques d'application et bonnes pratiques

L’efficacité de votre compost dépend de la technique utilisée pour l’appliquer. Au potager, incorporez le compost à la terre par griffage ou binage avant les semis et de la même manière au pied des plantations les plus gourmandes. L’important est de toujours laisser le compost en milieu aérobie, oxygéné. Sur les dix à quinze premiers centimètres, c’est le cas. Seul un labour profond pourrait engloutir le compost à des profondeurs où l’oxygène manque, anéantissant sa richesse.

Pour vos massifs floraux, lors de l'installation, préparez le sol en effectuant un bon bêchage au cours duquel vous incorporerez de 5 à 8 kg/m² de compost sur les quinze premiers centimètres. Lors des plantations, vous pouvez aussi mettre votre compost dans les trous, en le mélangeant avec la terre. Si vous semez vos plantes, qu’elles soient vivaces ou annuelles, vous pouvez le faire sur sol préparé, puis effectuer un paillage de deux centimètres maximum pour limiter la levée des mauvaises herbes.

Diagramme comparatif des profondeurs d'incorporation du compost selon le type de plante

Le compost : un allié pour la structure et la biologie du sol

Le compost est la résultante d’une décomposition de matières organiques végétales ou animales. Il est stable, riche, rétenteur d’eau et de minéraux, avec des molécules complexes qui améliorent la structure du sol. Le jardinier reproduit en quelque sorte ce qui se fait dans la nature. Dans le potager, on prendra soin de recréer un mélange équilibré et diversifié de matières organiques.

Le compost apporte une fertilité biologique. Surtout s’il est mené à froid, il grouille de bactéries et de microorganismes. Il va apporter à votre sol une armée de petits travailleurs capables de bonifier le moindre de vos autres apports. Le travail de minéralisation prend des mois pour libérer la plupart des minéraux, et même des années pour l’azote. On parle souvent de deux années pour que 100% de l’azote d’un compost soit disponible pour les cultures. C'est pourquoi, sur un sol mal texturé, trop compact ou trop argileux, le compost est indispensable pour améliorer la porosité et la capacité de rétention en eau.

Préparation pour le jardinage en pot et en conteneurs

Le compost trouve également sa place dans les jardinières. Pour la création de nouvelles jardinières, un bon mélange est constitué d’un tiers de compost, un tiers de terre et un tiers de sable. Si vous réutilisez des jardinières de l’année précédente, ajoutez 20 % maximum de compost à la quantité de l’ancienne terre.

Pour les plantes en pot, vous pouvez redonner de la vitalité en remplaçant la couche de terre en surface avec du compost. Il est rappelé qu'il est déconseillé de semer et de planter les végétaux dans un compost pur. Le compost doit toujours être légèrement humide. Il convient de l’humidifier régulièrement jusqu’à son utilisation, car les organismes décomposeurs risquent de mourir dans un compost trop sec.

Analyse granulométrique par tamisage

Faut-il tamiser son compost ?

Le tamisage permet d’affiner le compost et de l’utiliser plus facilement en éliminant les éléments grossiers qui n’auraient pas été complètement compostés. Pour une utilisation au potager ou en paillis, le tamisage n’est pas forcément nécessaire. Si le compost est épandu à l’automne, la décomposition des éléments plus grossiers se terminera pendant l’hiver grâce à l'activité des vers de terre. En revanche, pour une utilisation dans des jardinières, le tamisage permettra d’obtenir une matière plus fine, plus adaptée à l'espace restreint des pots.

L'importance de la maturité du compost

Comment savoir si le compost est prêt ? Un test simple consiste à faire germer des graines. Si elles germent après deux ou trois jours, le compost est mûr. Si les semences ne germent pas, le compost n’a pas encore atteint sa maturité. Dans ce cas, il convient de l’utiliser dans le jardin en l’étalant sur toute la surface du sol plutôt que dans un trou de plantation direct. Un compost à maturité constitue un excellent fertilisant, tandis qu'un compost en cours de décomposition agit davantage comme une couverture protectrice contre le soleil, la pluie et le vent.

Gestion des quantités et compléments

Parfois, les quantités disponibles manquent pour le jardinier. Un compost de résidus de cuisine offrira une brouette tout au plus par an pour une famille standard, ce qui suffit pour amender une dizaine de mètres carrés. Si votre potager est plus vaste, vous pourrez vous tourner vers des composts de jardinerie, comme les composts de fumiers de cheval, parfois enrichis d’algues pour plus de fertilité. À noter enfin que le compost est parfois déséquilibré pour répondre à tous les besoins des légumes racines. Ils adorent la potasse qui pourrait manquer ; on peut alors compléter avec de la cendre, de la vinasse de betterave, ou un engrais de jardinière riche en potasse.

Infographie montrant les nutriments apportés par le compost pour les légumes-racines

En respectant ces cycles et ces dosages, vous transformez un geste du quotidien en une ressource précieuse pour votre sol. L'utilisation du compost ne se limite pas à nourrir les plantes, il s'agit de prendre soin de la structure même de la terre de votre jardin, garantissant ainsi une vitalité durable à toutes vos plantations.

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