La lutte contre l'envahissement récurrent des mauvaises herbes représente un défi constant pour les professionnels de la pépinière. L'utilisation de produits désherbants en pépinière professionnelle est une solution technique pour assainir durablement les surfaces de culture. Au-delà des simples produits de contact, il est essentiel de comprendre les mécanismes précis des solutions systémiques concentrées, capables de détruire la végétation en profondeur tout en bloquant la germination, et de les comparer aux alternatives de biocontrôle. Cette analyse rigoureuse permet de sélectionner la méthode la plus rentable et pérenne pour les espaces de culture.

Qu'est-ce qui définit un désherbant professionnel "total" et efficace ?
Un désherbant est un produit chimique conçu pour éliminer ou contrôler les mauvaises herbes indésirables qui poussent dans votre jardin ou vos cultures. L'efficacité d'un désherbant dépendra de la nature des mauvaises herbes que vous combattez, de la méthode d'application et de votre environnement spécifique.
L'action "totale" : bien plus qu'un simple contact
Un désherbant qualifié de "total" s'attaque aveuglément à toute forme de végétation présente sur la zone traitée, sans distinction d'espèce. Il ne fait pas dans la dentelle avec la flore environnante. Rien n'est épargné, qu'il s'agisse d'une mauvaise herbe envahissante ou d'une fleur ornementale, c'est le principe de la destruction non ciblée.
Mais brûler le feuillage visible ne suffit pas toujours pour vaincre les plantes résistantes. Les produits les plus redoutables possèdent une action systémique qui migre via la sève descendante. Le poison sature la plante pour atteindre et détruire les racines en profondeur, ce qui entraîne la mort de la plante entière, y compris les racines. Les désherbants qui tuent les racines des mauvaises herbes sont généralement appelés « désherbants à action systémique » ou « désherbants à action totale ».
L'objectif final n'est pas cosmétique, c'est l'éradication pure et simple du végétal. On cherche à empêcher le retour immédiat des vivaces tenaces comme le chiendent ou le liseron. Seule la destruction de l'organe souterrain garantit ce résultat définitif.
La différence "professionnelle" : concentration et formulation
Les solutions réservées aux experts affichent une concentration élevée en matière active bien supérieure aux standards domestiques. C'est ce dosage musclé qui fait souvent la différence d'efficacité sur le terrain. La chimie ne s'arrête pas au seul principe actif, la formulation joue un rôle majeur. Ces bidons contiennent des adjuvants spécifiques qui changent la donne en forçant le produit à pénétrer la cuticule cireuse. Résultat : la solution résiste mieux au lessivage par la pluie et agit plus vite.
Cependant, l'accès à ces formules de synthèse est désormais verrouillé par la réglementation stricte de la loi Labbé. Depuis 2022, leur usage est strictement réservé aux professionnels certifiés pour des cas précis, là où les particuliers doivent se contenter du biocontrôle.
Le critère "longue durée" : systémique ou rémanent ?
Quand on parle de durée dans le désherbage, il faut distinguer deux mécanismes bien distincts. D'un côté, vous avez l'efficacité systémique durable qui anéantit la plante existante jusqu'à son système racinaire. Une fois la racine morte, la mauvaise herbe ne reviendra pas de sitôt.
De l'autre côté, il y a l'effet rémanent ou anti-germinatif, une propriété souvent méconnue mais redoutable. Ici, le produit laisse une pellicule active dans le sol pendant plusieurs mois pour créer une barrière chimique. Cette persistance tue les graines dès qu'elles tentent de germer. Un désherbant anti-germinatif agit selon deux modes d'action complémentaires. Le traitement précoce élimine les adventices présentes au moment de l'application, tandis que l'action anti-germinative prévient l'apparition de nouvelles mauvaises herbes. Les substances actives comme le diflufénican et l'iodosulfuron méthyl sodium forment une barrière chimique dans les premiers centimètres du sol. Cette barrière intercepte les graines en germination et bloque leur développement.
C'est la fusion de ces deux actions qui offre le véritable "zéro phyto" visible sur le long terme. Bloquer la repousse tout en tuant l'existant reste le Graal. C'est cette double performance que recherchent les professionnels pour limiter leurs interventions.
Comprendre l'utilisation du glyphosate dans le monde
Les matières actives au cœur de l'efficacité professionnelle
Plusieurs types de désherbants existent, chacun ayant ses propres avantages et inconvénients.
Le glyphosate : la référence systémique historique
Le glyphosate est l'ingrédient actif le plus courant dans de nombreux désherbants à action systémique. Il reste l'agent systémique le plus connu du secteur. Son mode d'action est redoutable : il bloque une enzyme nommée EPSPS, vitale pour la croissance de la plante, entraînant sa mort lente mais complète. Il est très efficace contre un large éventail de mauvaises herbes. Il agit en détruisant la plante de manière systémique, en pénétrant dans ses tissus et en la tuant de l’intérieur.
Son efficacité est reconnue, pourtant il se trouve au centre de controverses réglementaires intenses. Les débats sur la réglementation sur le glyphosate, notamment en Europe, remettent souvent son utilisation en question. En France, l'utilisation du glyphosate a été progressivement restreinte ces dernières années, mais il n'a pas été complètement interdit. Depuis 2019, l'utilisation du glyphosate est soumise à des restrictions. Il est interdit dans les espaces publics et les jardins non professionnels depuis le 1er janvier 2019. En 2021, la France a reporté l'interdiction complète du glyphosate pour un usage professionnel jusqu'à fin 2023. Il est important de noter que la réglementation concernant le glyphosate peut évoluer, et il est recommandé de suivre les lois et réglementations locales en vigueur ainsi que les recommandations des autorités agricoles et environnementales.
Les formulations professionnelles, comme le Roundup Platinum ou le Barbarian Super 360, sont optimisées pour une performance maximale. Elles offrent une puissance que les solutions standards n'atteignent pas. D'autres herbicides à action systémique sont également efficaces pour tuer les racines des mauvaises herbes, tels que le Dicamba (efficace contre les mauvaises herbes à feuilles larges), le 2,4-D (efficace contre de nombreuses mauvaises herbes à feuilles larges), l'Imazapyr (utilisé pour lutter contre les mauvaises herbes à feuilles étroites et larges, ainsi que pour le contrôle des plantes aquatiques) et le Triclopyr (souvent utilisé pour le contrôle des mauvaises herbes ligneuses et des plantes à feuilles larges).
Les solutions de biocontrôle : l'alternative par contact
Les désherbants naturels sont des alternatives respectueuses de l’environnement aux désherbants chimiques. Ils sont généralement moins toxiques pour la santé humaine et l’écosystème, bien que leur efficacité puisse varier. Les produits de biocontrôle, basés sur des substances naturelles, portent souvent la mention "EAJ" (Emploi Autorisé dans les Jardins). Ils marquent une rupture avec la chimie de synthèse classique.
L'acide pélargonique est un herbicide d'origine naturelle dérivé de l'huile de géranium. Il est la référence et agit par contact direct en détruisant la cuticule des feuilles, ce qui les dessèche totalement en quelques heures. Certains désherbants à base d'acide pélargonique sont considérés comme des alternatives plus respectueuses de l'environnement.
On trouve aussi l'acide caprique et caprylique, souvent utilisés en duo. Ils agissent de concert pour provoquer un dessèchement rapide des tissus végétaux. Ces acides gras détruisent tout d'abord l'enveloppe protectrice des végétaux, puis celle qui isole les cellules à l'intérieur de leur organisme.
Enfin, l'acide acétique, un vinaigre très concentré, complète l'arsenal. Son action est corrosive : il brûle les feuilles instantanément et se dégrade vite dans le sol. Malgré son agressivité, il se dégrade totalement dans le sol, libérant seulement des molécules d'eau et d'oxygène, ce qui le rend inoffensif aux doses indiquées par les fabricants. Cet herbicide de contact va être utilisé de préférence au printemps, voire au début de l'été, pour que les végétaux visés soient encore jeunes, idéalement moins de 2 semaines. Il est possible, pour les plus résistantes, d'injecter l'acide acétique dans le sol (qui doit être sec), au milieu du collet des plantes, afin que le produit atteigne les racines. Il vise les plantes à larges feuilles et les graminées. Les pissenlits semblent par contre résister à l'acide acétique. Il peut être employé sur des surfaces non cultivées, le potager est donc à éviter en cours de culture. Il est adapté pour désherber autour des arbres. L'acide acétique peut être employé comme désherbant définitif sur une grande surface. Dans ce cas, préparez un pulvérisateur avec de l'acide acétique pur, à raison de 100 ml (à 10 %) pour 1 mètre carré. Attention, ce désherbant n'est pas sélectif, il va éliminer toute la végétation de la surface.
L'efficacité de ces désherbants naturels peut varier en fonction des types de mauvaises herbes, des conditions météorologiques et du moment de l'application.
Les agents rémanents : pour une protection préventive
Ici, le principe est l'action rémanente. Ces produits ne tuent pas les plantes existantes mais empêchent la germination des graines présentes dans le sol, agissant comme un verrou préventif. Des matières actives comme la flazasulfuron ou la diflufénican, présentes dans des produits professionnels comme Tidex, remplissent cette fonction. Elles restent actives dans la couche superficielle du terrain. C'est cette action qui maintient une surface "propre" pendant plusieurs mois. Selon les références utilisées, la protection peut durer jusqu'à 6 mois.

Comparatif des solutions : chimiques vs. biocontrôle
Mettre face à face les deux grandes familles de produits est la seule façon de faire un choix éclairé pour les professionnels.
Efficacité sur les adventices tenaces : qui gagne ?
Pour déloger les vivaces à racines profondes comme le liseron, le chiendent ou les ronces, les désherbants systémiques restent la solution la plus radicale. Le glyphosate descend jusqu'aux racines pour tuer la plante de l'intérieur, là où d'autres échouent.
À l'inverse, les solutions de biocontrôle, souvent à base d'acides, brillent sur les jeunes pousses et les annuelles. Elles brûlent les tissus tendres par contact, offrant un nettoyage de surface impeccable sur une végétation naissante. Mais attention, sur une vivace adulte, le biocontrôle exige une stratégie d'usure. Il faudra plusieurs passages répétés pour épuiser les réserves de la plante, contrairement au "one-shot" chimique qui agit en une seule application.
Vitesse d'action et persistance : le match
En matière de rapidité visuelle, les produits de contact gagnent haut la main. Vous verrez les feuilles brunir et se dessécher en quelques heures seulement après l'application.
Les systémiques, eux, jouent la carte de la patience. L'action est lente, prenant parfois plusieurs semaines, car la molécule doit voyager dans la sève jusqu'aux racines. Pourtant, ce délai garantit un effet plus durable en empêchant toute reprise racinaire ultérieure.
Le temps nécessaire pour qu'un désherbant agisse dépend du type de désherbant que vous utilisez, des conditions météorologiques, du stade de croissance des mauvaises herbes, et d'autres facteurs. Certains désherbants agissent rapidement, en quelques heures à quelques jours après l'application. D'autres désherbants sont conçus pour agir de manière plus lente. Ils peuvent prendre plusieurs jours à plusieurs semaines pour montrer des résultats complets. Les désherbants pré-émergents agissent avant que les mauvées herbes n'émergent de la surface du sol. Ils forment une barrière chimique qui empêche les graines de mauvaises herbes de germer.
Votre choix dépend donc de l'urgence du chantier. Voulez-vous un résultat cosmétique instantané pour une réception client, ou une éradication en profondeur ?
Tableau comparatif des désherbants professionnels
| Critère | Désherbants Systémiques (ex: Glyphosate) | Désherbants de Biocontrôle (ex: Acide Pélargonique) | Désherbants Rémanents |
|---|---|---|---|
| Mode d'action | Systémique (migre vers racines) | Contact (brûlure foliaire) | Anti-germinatif (film au sol) |
| Vitesse d'action | Lente : 7-21 jours | Rapide : 1-48h | Préventif : pas d'action sur plante existante |
| Efficacité sur vivaces | Très élevée | Faible à moyenne, nécessite répétition | Nulle |
| Durée de l'effet | Plusieurs semaines/mois (curatif) | Courte (curatif) | Très longue : 4-6 mois (préventif) |
| Réglementation | Usage pro strict | Ouvert aux particuliers (EAJ) | Usage pro strict |
| Idéal pour | Grandes surfaces, adventices tenaces | Petites zones, jeunes pousses, finitions | Zones non cultivées, allées, parkings |
Optimiser l'application pour une efficacité maximale
Avoir le bon produit ne suffit pas. Une application ratée, c'est de l'argent et du temps jetés par les fenêtres. Les professionnels s'assurent que chaque goutte compte en suivant des protocoles précis.

Le timing parfait : météo et stade de la plante
Il est essentiel d'appliquer le désherbant lorsque les mauvaises herbes sont au stade de croissance le plus vulnérable. Les jeunes mauvaises herbes sont plus faciles à éliminer que les plantes matures. Il faut impérativement traiter par temps sec et sans vent. La pluie dilue et disperse le produit, le rendant totalement inefficace.
Une chaleur modérée, située au-dessus de 10-15°C, et un temps ensoleillé sont requis. Ces conditions accélèrent l'absorption du produit par la plante, alors en pleine activité. Il est important de prendre en considération le temps avant la pluie pour assurer son efficacité. L'idéal est d'appliquer le désherbant par temps sec et de prévoir un certain temps avant que la pluie ne survienne. Après avoir appliqué le désherbant, il a besoin de temps pour être absorbé par les mauvaises herbes ou pour agir sur leur croissance. Le temps de séchage peut varier en fonction du type de désherbant que vous utilisez, de la température ambiante et de l'humidité relative. Consultez les prévisions météorologiques locales pour déterminer quand il est probable qu'il pleuve. Évitez la pluie immédiate : si une averse inattendue survient peu de temps après avoir appliqué le désherbant, cela peut réduire son efficacité. Certains désherbants peuvent être mélangés avec des adjuvants qui améliorent leur résistance à l'eau. En résumé, essayez d'appliquer un désherbant par temps sec et planifiez en fonction des prévisions météorologiques pour éviter la pluie pendant au moins 24 heures après l'application. Suivez les recommandations du fabricant concernant le temps nécessaire avant que le désherbant soit considéré comme stable contre la pluie.
L'idéal est de traiter des plantes jeunes et en croissance active (5-10 cm). Elles sont bien plus vulnérables qu'une végétation installée.
Le bon dosage et le bon matériel : la précision avant tout
Les produits professionnels sont concentrés. Le respect scrupuleux des dosages indiqués par le fabricant est non négociable pour l'efficacité et la sécurité. L'utilisation d'un pulvérisateur adapté est primordiale. Il permet une répartition homogène sur la zone et évite tout gaspillage inutile. Il est important de bien mouiller le feuillage sans aller jusqu'au ruissellement. Le produit doit rester sur la feuille pour être absorbé. Pour appliquer ces produits sur les herbes indésirables à traiter, vous aurez besoin d'un pulvérisateur.
Les erreurs à ne jamais commettre
Un désherbant mal utilisé n'est pas seulement inefficace, il peut contaminer les sols, les points d'eau et nuire à la faune. La précision est la clé de la responsabilité.
- Traiter juste avant une pluie : Le produit sera lessivé avant d'agir. Une erreur de débutant qui coûte cher.
- Appliquer par grand vent : Risque de dispersion du produit sur des plantes que vous voulez conserver (phytotoxicité) et danger pour l'applicateur.
- Surdoser en pensant "mieux faire" : C'est inutile, coûteux et dangereux pour l'environnement. La plante n'absorbera pas plus de produit.
- Négliger le nettoyage du matériel : Des résidus peuvent endommager votre pulvérisateur ou contaminer de futures applications.
Comprendre l'utilisation du glyphosate dans le monde
Sécurité et réglementation : ce que vous devez savoir
Les désherbants sont des produits chimiques. Lorsque vous utilisez un désherbant, il est essentiel de suivre les instructions du fabricant pour garantir une utilisation sûre et efficace. La sécurité et le respect de la loi ne sont pas des options. Si certaines astuces de grand-mère pour le désherbage peuvent dépanner sur de petites surfaces, elles n'offrent aucune garantie face à la rigueur exigée par les traitements professionnels.
Les équipements de protection individuelle (EPI) : non négociables
Même les solutions de biocontrôle restent agressives. Leurs composants acides s'avèrent souvent corrosifs ou irritants pour la peau.
- Gants de protection : Le nitrile résistant aux produits chimiques est impératif. Il protège vos mains dès la manipulation du concentré et durant toute la pulvérisation.
- Lunettes de sécurité : Elles constituent un rempart absolu pour vos yeux contre la moindre projection accidentelle de liquide corrosif.
- Vêtements couvrants : Un pantalon et des manches longues suffisent parfois, mais une combinaison spécifique s'impose pour les applications intensives.
- Masque de protection respiratoire : Il est fortement recommandé pour éviter de respirer les brouillards nocifs générés par le pulvérisateur.

Réglementation : qui a le droit d'acheter et d'utiliser quoi ?
La législation a radicalement changé la donne. La loi Labbé encadre strictement l'usage des phytosanitaires. Depuis le 1er janvier 2019, date d'entrée en vigueur de la loi Labbé, les pesticides de synthèse sont interdits à la vente pour les particuliers en France. Vous ne trouverez plus ces produits en rayon. Ils sont remplacés par des produits appelés "de biocontrôle", c'est-à-dire des produits composés de substances naturelles. Ils sont repérés par la mention "EAJ", Emploi Autorisé dans les Jardins, pour les différencier des produits autorisés pour les professionnels.
L'accès aux désherbants professionnels chimiques, comme le glyphosate ou les agents rémanents, est restreint. Seuls les professionnels détiennent ce privilège. L'achat et l'application exigent impérativement d'être titulaire d'un certificat Certiphyto valide. Sans ce sésame, l'accès est bloqué. L'utilisation professionnelle requiert un certificat Certiphyto valide.
Cependant, une alternative légale existe pour tout le monde. Les produits de biocontrôle portant la mention "EAJ" restent en vente libre. Ils sont accessibles aux jardiniers amateurs sans licence spécifique. Le délai de réentrée de 24 heures protège les utilisateurs et les riverains des expositions accidentelles.
Gestion des produits et des déchets
La rigueur continue après l'application. Vos produits doivent impérativement rester dans leur emballage d'origine pour être identifiables. Stockez-les hors de portée des enfants et des animaux. Un local ventilé et fermé à clé est la seule option sécurisée.
Ne videz jamais vos restes n'importe où. Les fonds de cuve doivent être re-dilués puis pulvérisés sur la zone déjà traitée. Il est strictement interdit de les jeter à l'égout. La catégorie phytosanitaire des désherbants sélectifs impose le respect de zones non traitées autour des points d'eau.
La fin de vie du bidon compte aussi. Les emballages vides (EVPP) doivent être rapportés dans des points de collecte spécifiques. C'est une obligation légale pour protéger l'environnement.
Le calcul économique : pourquoi le "professionnel" est souvent plus rentable
Le prix affiché sur le bidon est une chose, mais le coût réel d'un désherbage s'évalue sur la durée.
Analyser le coût au mètre carré, pas au litre
Regarder le prix au litre est un piège classique pour votre budget. Comparer un concentré d'un litre à un bidon prêt à l'emploi de cinq litres fausse tout. Le seul chiffre qui compte vraiment reste le coût pour traiter une surface donnée.
Un bidon professionnel concentré traite des milliers de mètres carrés. Le coût réel tombe souvent autour de 2€ pour 100m² selon les données techniques. C'est mathématiquement imbattable face aux solutions grand public diluées. C'est cette logique qui valide l'investissement de départ plus lourd. Vous payez la concentration de la matière active. Pour les grandes surfaces, cette approche divise la facture finale par deux ou trois.
Le prix de la tranquillité : moins d'interventions
Le temps passé à désherber coûte souvent plus cher que le produit lui-même. Un désherbant total professionnel longue durée règle le problème en une seule fois. L'expert en désherbage offre une persistance d'action de trois à quatre mois selon les conditions climatiques. Vous économisez ainsi des heures précieuses de main-d'œuvre. C'est un gain direct sur votre rentabilité.
À l'inverse, les produits faibles imposent un rythme infernal sur le terrain. Vous devrez repasser trois, quatre, voire cinq fois dans la saison pour un résultat médiocre. Le coût du travail explose littéralement avec cette méthode inefficace. Choisir un produit pro, ce n'est pas seulement acheter un désherbant. C'est investir dans la réduction du nombre d'interventions.
D'autres manières de désherber
L'utilisation de produits désherbants n'est pas la seule méthode pour se débarrasser des plantes indésirables, elle peut être un complément à un jardinage responsable qui met en œuvre des méthodes douces. Il est tout à fait possible de désherber sans utiliser de désherbants chimiques. Des experts herbicides spécialisés en désherbage recommandent l'association de plusieurs méthodes pour une gestion durable des adventices.
Le désherbage manuel
Le désherbage manuel consiste à retirer physiquement les mauvaises herbes à la main ou à l'aide d'outils comme des binettes. La méthode la plus simple consiste à arracher les mauvaises herbes à la main ou à l'aide d'outils comme une binette, une pelle à désherber, ou un couteau à désherber. Un désherbage efficace est un désherbage effectué au bon moment. Il est important d'éliminer les herbes indésirables avant qu’elles ne montent à graines, tout votre travail serait alors à recommencer, avec un plus grand nombre de plantes. Certaines adventices seront efficacement éliminées si elles sont arrachées au printemps, tels le chiendent, le liseron ou la ronce. De plus, le sol normalement humide et les plantes jeunes rendent la tâche plus facile. Les adventices sont en effet plus faciles à arracher lorsque le sol est humide, cela aide à retirer la totalité de leur système racinaire, faute de quoi nombre d'entre elles repousseront aussitôt. L'automne est cependant une bonne période pour désherber, surtout dans les régions à hivers doux ou en cas de sol compact, qui reste tiède plus longtemps. Cela vous évitera de voir ces indésirables se développer tout au long de la mauvaise saison.
Le faux-semis est une méthode couramment employée par les jardiniers : au printemps, travaillez légèrement votre terre. Les graines vont être activées par l'air et la lumière et vont germer rapidement. Vous n'aurez plus qu'à passer le sarcloir sur la surface pour que celle-ci soit dégagée.
Utilisez les bons outils pour désherber : le couteau à désherber et la gouge se montrent efficaces pour les orties, les pissenlits ou le trèfle, tandis que vous utiliserez une fourche-bêche pour venir à bout du chiendent avec ses racines traçantes et cassantes. Adaptez également vos outils à la surface à désherber : au potager ou dans les massifs, vous attaquerez une plante à la fois, à l'aide d'un couteau ou d'une gouge, tandis que vous préfèrerez le sarcloir et la binette pour aller plus vite dans les espaces nus. Le désherbage mécanique complète efficacement l'action des herbicides sélectifs.
Le paillage
Le paillage consiste à couvrir le sol autour de vos plantes avec une couche de matériau organique, comme de la paille, des feuilles mortes, du compost, ou des écorces. Le paillage est réputé pour empêcher les adventices de pousser, car elles sont alors privées de lumière. Il faut cependant, pour que cela soit efficace, que le paillis soit très épais, minimum 15 cm, et suffisamment dense. Cependant, la présence d'un paillis, quel qu'il soit, a toujours son utilité : il garde le sol bien meuble, les indésirables sont donc plus faciles à arracher, et elles sont aussi plus visibles. Les matériaux de paillage sont très variés : paille, écorces, coques de cacao, minéraux divers, compost, déchets verts, paillettes de lin. Vous pouvez également opter pour des toiles biodégradables dans votre potager. Le paillage organique constitue une barrière physique naturelle contre les mauvaises herbes.
Pour un désherbage total, vous pouvez opter pour la solution de bâchage du sol, qui est une alternative au paillage : étalez sur la zone ciblée une bâche, des cartons ou encore des tapis et laissez tel quel durant plusieurs mois. Lorsque vous découvrirez la zone, elle sera nue, mais aussi bien meuble et pleine de vie.
Le désherbage thermique
Les désherbeurs thermiques utilisent la chaleur pour tuer les mauvaises herbes. Vous pouvez utiliser un désherbeur à flamme ou un désherbeur à air chaud pour cibler les mauvaises herbes. Désherbeur thermique à gaz ou électrique, tous deux font subir la même chose aux herbes adventices : la chaleur intense et dirigée précisément fait éclater les cellules des plantes, les faisant mourir en quelques jours. Pour une efficacité optimum, le désherbage thermique est utilisé lorsque la plante est jeune, des adventices bien installées seront plus difficiles à détruire. Il faut éviter de "brûler" la plante, ce qui risquerait de provoquer un développement important en réaction à l'agression. Un bon coup de chaud suffit à endommager le végétal sans agression brutale. Plusieurs passages peuvent parfois être nécessaires, mais lorsque cette méthode est bien appliquée, le désherbage est définitif.
Les engrais verts
Plantez des engrais verts (moutarde, trèfle, phacélie, luzerne) dès qu'une surface est libre, ils empêcheront les indésirables de l'envahir. Une fois adultes, ils seront fauchés et fourniront un matériau de paillage nourrissant. Leurs racines elles-aussi nourriront le sol.
Autres méthodes
Pour vos massifs, utilisez chaque espace vide pour y installer des plantes couvre-sol : géraniums vivaces, santoline, lamium, genévrier, saxifrage, sedum, lierre. Ne tondez pas votre gazon trop court, une tonte haute entraîne une concurrence importante entre les graminées et les adventices qui pourront moins facilement se développer. Certains végétaux émettent des substances qui inhibent la germination, notamment le ciste ou le phlomis. Leur présence empêchera les graines échappées des adventices de germer dans vos plates-bandes.
