Le prunier (Prunus domestica) est un arbre fruitier incontournable dans nos jardins, apprécié tant pour sa floraison spectaculaire que pour la générosité de ses récoltes. Appartenant à la grande famille des Prunus, qui compte 600 espèces différentes, cet arbre caduc aux feuilles ovales peut atteindre jusqu’à 8 mètres de hauteur. Si vous avez un plus grand jardin, le prunier est l’arbre fruitier idéal, car il est facile à entretenir. Cependant, la gestion d'un vieux prunier ou la formation d'un jeune sujet demande une approche spécifique pour éviter d'épuiser l'arbre ou de favoriser les maladies.

Comprendre le cycle de vie et les besoins du prunier
Le bal des prunes débute dès août avec les délicieuses ‘Reine-Claude’ (verte ou dorée) et celles d’Oullins, plus jaunes. Suit ensuite la bille dorée des ‘Mirabelles de Nancy’ qui fait l’objet d’une IGP. En septembre, vous cuisinerez la variété ‘Quetsche d’Alsace’ ou vous vous régalerez de la ‘Reine-Claude de Bavay’. Quel que soit le cultivar, le prunier n’est pas exigeant pour le type de sol, mais craint en revanche les expositions trop ombragées et les vents froids.
Il est important de noter que les pruniers apprécient peu la promiscuité. Éloignez donc les sujets de 6 à 7 m. Après quelques années, vous pourrez planter à proximité des fraisiers, des œillets, des lis ou d’autres plantes évoquant les jardins de curé. Un point crucial pour le jardinier : tous les pruniers ne sont pas autofertiles. Renseignez-vous au préalable pour connaître les bons mariages. Par exemple, la mirabelle et la reine-claude dorée feront un mariage réussi, tandis que les quetsches peuvent vivre une vie de célibataire.
La taille de formation : les premières années sont déterminantes
Les trois à cinq premières années sont les plus importantes pour la taille d’un prunier. Si vous venez d’acheter un prunier, il y a de fortes chances qu’il ait moins de trois ans. Dès que vous l’avez planté, vous devez couper une partie du sommet, juste au-dessus d’un bourgeon. Au cours des trois à cinq premières années, sélectionnez les quatre branches les plus saines (deux à gauche et deux à droite) pendant la période de dormance. Celles-ci doivent être réparties autour du tronc et situées à différentes hautes.
Essayez de créer un motif en échelle - une branche chaque fois plus haute de chaque côté - et taillez complètement les autres branches. Taillez ces quatre branches jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’un ou deux boutons de fleurs sur chaque branche. Les quatre branches les plus fortes, taillées à des hauteurs différentes, constituent la base de votre prunier. Elles sont aussi appelées « branches maîtresses » (ou charpentières). Taillez la cime du prunier de 30 à 60 centimètres chaque année jusqu’à ce que l’arbre ait atteint la hauteur idéale.

La taille d'entretien et de fructification : quand et comment intervenir ?
Un prunier doit de préférence être taillé le moins possible. Une taille par an suffit et une taille radicale comme pour les pommiers et les poiriers n'est pas nécessaire. Le meilleur moment pour tailler votre prunier dépend beaucoup de l’âge et de l’espèce de l’arbre. Pour les pruniers plus âgés, il est préférable de les tailler ou éclaircir immédiatement après la récolte, en août ou en septembre. Les feuilles sont alors encore sur l’arbre et le prunier est moins sensible à la redoutable maladie du plomb qui s’introduit facilement dans les plaies lors de la taille d’hiver.
Les règles d'or de la coupe :
- Utilisez toujours des outils de coupe propres et tranchants. Cela va du sécateur pour les brindilles à la scie d’élagage pour les branches, jusqu’à la scie, voire la tronçonneuse en cas de taille de restauration.
- Taillez toujours sur les bourgeons tournés vers l’extérieur, afin qu’aucune branche ou pousse ne se développe vers l’intérieur.
- Ne taillez pas toute la ramure en une seule fois. L’arbre peut s’affaiblir et peut-être ne jamais se rétablir complètement. Vous pouvez tailler l’arbre d’un tiers au maximum.
- Appliquez un mastic de cicatrisation sur les plaies de taille pour éviter que les maladies ne s’y engouffrent.
Gérer la santé de l'arbre et les maladies
La maladie du plomb est une maladie presque impossible à combattre qui pénètre profondément dans le bois. Le champignon du sulfure de plomb se reconnaît à la couleur brun-rougeâtre des feuilles. Si votre arbre est infecté, coupez les branches infectées et tous les fruits moisis pour éviter que l’infection ne se propage davantage. La maladie du plomb est moins active à la fin de l’été ; il est donc préférable de tailler votre prunier un jour plus chaud où de la pluie n’est pas prévue.
Côté parasites, les mouches sont particulièrement friandes des prunes. Pour vous en prémunir, installez des pièges à phéromones pour les carpocapses au printemps. La moniliose fera l’objet d’un traitement préventif de bouillie bordelaise en février et après la floraison. En cas de fruits pourris dans l’arbre, ne tardez pas à ôter les plus gâtés pour endiguer l’invasion.
Tailler un prunier
Particularités du vieux prunier et taille de restauration
Lorsque vous possédez un terrain avec des pruniers qui n'ont pas été entretenus depuis de longues années, vous pouvez tenter une taille de restauration. La taille de fructification ne se pratiquant pas tous les ans, elle s'impose lorsque la couronne devient trop dense, afin de favoriser l’entrée de l’air et de la lumière à l’intérieur de la ramure. Cette taille permet de renouveler les brindilles en éliminant les rameaux qui sont en train de mourir car ils ont déjà porté beaucoup de fruits.
Ne faites pas de "trous" dans la ramure, mais allégez-la de façon équilibrée et esthétique. Si votre arbre fruitier est particulièrement généreux, il vous faudra étayer les branches de votre prunier pour ne pas qu’elles cassent sous le poids des fruits. Gardez à l'esprit que la taille du prunier mérite de l'attention et de la délicatesse car, en cas de taille trop sévère, l'arbre peut réagir de façon très vigoureuse.
La récolte et l'alternance
Les prunes se récoltent entre juillet et septembre. Choisissez des fruits d’une belle couleur et vérifiez leur maturité en tournant leur tige. S’ils viennent facilement, mettez-les dans votre panier, sinon n’insistez pas. Si votre prunier ne produit soudainement plus de fruits, il se peut que votre arbre ait produit trop de fruits au cours de sa précédente période de floraison et qu’il ait maintenant besoin de récupérer. C’est le phénomène de « l’alternance ». Enfin, n'oubliez pas que l'engrais est très important pour garder votre prunier en pleine forme et obtenir de beaux gros fruits.