Le ciste (Cistus) est un petit arbuste méditerranéen particulièrement adapté aux sols rocailleux et aux épisodes de sécheresse, ce qui le rend de plus en plus intéressant dans nos jardins assaillis et bouleversés par les conséquences du réchauffement climatique. En massifs, rocailles ou couvre-sol, les différentes espèces de cistes au feuillage persistant et aux fleurs comme en papier de soie froissé prennent une place de choix. Plante buissonnante de garrigue, le ciste est une plante aromatique qui fleure bon la Méditerranée. Son port en boule lui permet de s’installer partout dans les jardins et sa floraison abondante apporte une belle touche de gaieté dans les rocailles ou dans un massif à partir du moment où il est au soleil et au sec.

La reproduction du Ciste : Semis vs Bouturage
Le ciste se sème, en automne autour de la Méditerranée, plutôt au printemps dans les autres régions, mais le semis n’est pas le meilleur moyen de reproduire des pieds de ciste existants : les graines issues d’hybrides ne reproduiront pas les caractéristiques de la plante d’origine. De plus, ces graines ont une enveloppe très dure, elles mettront donc plusieurs années avant de fleurir et il faut leur faire subir des opérations pour attendrir cette enveloppe (exposition prolongée au froid et stratification). Cette dureté de la graine de ciste leur permet de résister aux incendies ravageurs du Sud de la France - on dit que le ciste est pyrophyte, sa germination est aidée par le feu.
Mieux que le semis, le bouturage du Ciste permet de reproduire à l’identique la plante mère. Le bouturage correspond à une technique de multiplication végétative qui vous assure la reproduction de la plante « mère » à l’identique : vous ne craignez pas les mauvaises surprises à ce niveau, vos boutures réussies seront semblables à l’original. Pour garnir une rocaille, vous pourrez choisir des sujets différents à bouturer afin d’avoir une diversité de cistes à moindre coût.
Les principes fondamentaux du bouturage
Le bouturage est un mode de multiplication végétative assez simple à réaliser. Le principe de base est le suivant : prélever un organe sur le végétal (le plus souvent, un morceau de tige) et le planter dans un substrat adéquat, léger et drainant. Plusieurs techniques existent mais ne s'adaptent pas à toutes les plantes et à toutes les saisons.
Une plante ne se reproduit pas nécessairement au moyen d’une fleur ou d’un fruit ; en effet, certaines variétés n’en ont pas besoin et poussent à partir d’une branche, d’une feuille ou d’une racine. Quand une branche ou une feuille est coupée, la plante peut fabriquer des racines à partir de la coupure. Bien que chaque plante ait un fonctionnement propre, il faut en général procéder au prélèvement d’une belle pousse sans fleur.
Choisir le matériel et la période de bouturage
Ne soyez pas avare sur le nombre de boutures de cistes, et donc sur la quantité de pots à préparer car le ciste ne fait pas partie des arbustes dont le bouturage est facile, au contraire, la technique reste délicate et génère des déceptions avec des reprises qui ne sont pas au rendez-vous.
La préparation des tiges
Les boutures de ciste commencent en choisissant une branche saine, sans fleurs : les tiges qui partent de cette branche sont prélevées pour servir de bouture en conservant une partie de la branche de naissance. Dans l’idéal, il faut éviter la période de floraison pour effectuer votre bouturage. La coupe doit être tranchante, propre, nette et située sous un œil, à réaliser donc avec des outils bien nettoyés comme un sécateur ou une serpette.
Sélectionnez des extrémités de pousses bien feuillées, à la tige encore verte ou marron clair, avec ou sans talon. Il faut prélever une belle pousse d'une taille de 10 à 15 cm. Retirez les feuilles tout au long de la tige, sauf 2 à 3 feuilles à l’extrémité. Il est préférable de couper les feuilles restantes en deux pour réduire la surface de transpiration.
Réussissez toutes vos boutures !
Le substrat idéal
Concoctez le substrat avec lequel vous devez remplir les godets ou petits pots, en mélangeant du terreau et du sable, respectivement en proportion de 2/3 et 1/3. Il est préférable de replanter le brin sélectionné dans un terreau spécial semis afin de faciliter son redémarrage.
Techniques de mise en terre et entretien
À l’aide d’un crayon, insérez une tige ainsi préparée dans chaque petit pot ou godet, jusqu'au niveau des feuilles restantes. Creusez un trou de 5 cm à l’aide d’un petit bâton. Une fois la bouture en place, retassez de nouveau tout autour du bout des doigts.
Utilisation d'hormones de bouturage
Trempez la base des tiges dans la poudre d'hormone, qui en augmente sensiblement les chances de reprise tout en diminuant la durée d'enracinement. Tapotez pour faire tomber tout excès.
Création d'un environnement favorable
La plante a besoin de beaucoup d’humidité (100%) afin d’éviter qu’elle ne se dessèche ou se fane. Installez les pots entre 15 et 20°C dans un endroit lumineux sans soleil direct, à l’abri du vent. Placez un sac ou une bouteille plastiques translucides sur chaque bouture pour lui créer une mini-serre. Mettre un couvercle pour garder le taux d’humidité est une bonne solution pour s’assurer du succès de l’entreprise, à condition que le couvercle ne touche pas directement les feuilles. Ce dernier doit être transparent et doit comprendre un petit trou pour faciliter l’aération.

Suivi et calendrier lunaire
Les boutures de cistes montrent des signes de reprise, ou pas, au bout d'un mois environ. Un peu de patience ! Pour que ça fonctionne, vous devrez parfois attendre 1 à 2 mois avant d’avoir les premiers résultats. En juillet, coupez des tiges de 8 à 10 cm de longueur et mettez-les dans le mélange sableux. Protégez-les l'hiver : les bébés plants sont fragiles.
Pour augmenter leurs chances de réussite, les adeptes du jardinage avec la lune, qui estiment que l'astre a une influence sur les végétaux, pourront se référer au calendrier lunaire pour choisir une période de lune descendante comme moment propice au bouturage, car c'est au cours de cette phase que la sève descend dans les parties souterraines, ce qui contribue au développement de nouvelles racines et à l'espoir d'un meilleur enracinement.
Variétés de Cistes et spécificités de culture
Il existe de nombreuses variétés de cistes adaptées à différents terrains. Le ciste florentinus est un arbuste rampant, il peut être utilisé en couvre-sol aussi bien que dans des massifs, bordures ou rocailles. Le ciste lauriflorius est plus rustique que les autres espèces, il résiste à des températures de -12° à -16°.
Les blancs, ce sont les "cistes de Montpellier", ils préfèrent les terrains siliceux (acides). Il existe aussi le ciste à gomme, plus rare. Le ciste de Crète rose pâle est magnifique en haie. Rien ne plaît plus au ciste que les terres caillouteuses, sèches et siliceuses ou calcaires mais il s’adapte facilement à tout, mis à part aux endroits où l’eau stagne ou à l’atmosphère humide.
Alternatives : Le marcottage
Le marcottage est aussi possible, à la fin de l’été : repérez une branche basse dont vous inciserez légèrement l’écorce près d’un nœud. Cette technique permet de faire enraciner une tige alors qu'elle est encore attachée au pied mère, ce qui offre une sécurité supplémentaire pour les espèces les plus récalcitrantes au bouturage classique.