La rhubarbe est une plante aromatique, décorative et facile à cultiver. C'est une plante vivace et vigoureuse capable de rester une dizaine d'années au jardin. Également très rustique, elle supporte des températures allant jusqu'à -20°C. À partir de ses pétioles ou tiges, on confectionne des compotes, confitures et autres desserts.

Les fondamentaux de la culture et de l'entretien
La rhubarbe nécessite une attention particulière, notamment sur le plan de la sécurité, car seule la tige est comestible. La plante est idéale pour les jardiniers qui souhaitent installer une culture pérenne au potager.
- Sécurité alimentaire : Sur la rhubarbe, seul le pétiole est comestible. Les feuilles, elles, sont toxiques. Vous ne devez même pas les utiliser pour faire du compost.
- Techniques de forçage : Notre expert jardin nous recommande également de "forcer" la rhubarbe en recouvrant les pieds d’un pot afin de limiter la lumière et rendre les tiges moins filandreuses. Cela permet de récolter une rhubarbe plus tendre et plus savoureuse, idéale pour la préparation de desserts maison.
- Entretien du sol : Dans des terres légères, sableuses et acides, la rhubarbe s'épanouit pleinement. Il faut compter deux ans après la plantation initiale avant de pouvoir commencer à exploiter la rhubarbe.
Techniques et périodes de récolte
La récolte est un moment clé du printemps. Dans les régions comme la Lorraine, la période s'étend généralement de mai à juin, bien que des variations puissent survenir selon les conditions météorologiques.
- Période optimale : Les longs pétioles charnus et rouges de la rhubarbe se récoltent de mai à juin. Vous pouvez compter sur 2 à 3 récoltes par an, la plus importante étant celle de mai et juin. Une deuxième récolte d’environ 20 % du pied a même lieu en août.
- Adaptation climatique : En climat frais et humide, récoltez les tiges du début du printemps à la fin de l’été. En région montagneuse, hâtez la récolte en couvrant les plantes d’une cloche maraichère ou un grand pot de terre cuite dès la fin de l’hiver (mars-avril) pour un début de récolte prometteur dès fin mai.
- Méthode de récolte : Pour récolter les pétioles, arrachez-les en tirant simplement dessus, le point de rupture est faible et la plante n’en soufre pas. Lorsque la plantation est jeune, laissez quelques feuilles sur pied pour assurer la croissance de la plante. Récoltez les pétioles jeunes, ils seront moins filandreux.
Comment diviser les plants de rhubarbe pour une récolte plus abondante et plus saine | Divisez la...
Valorisation des sous-produits de la plante
Au-delà de la consommation, les parties non comestibles de la rhubarbe possèdent des propriétés utiles au jardinier.
- Répulsifs naturels : Le feuillage de la rhubarbe étant toxique, ne le mettez surtout pas au compost. Vous pouvez en faire des décoctions efficaces contre les pucerons, également un bon répulsif des insectes et des limaces.
- Gestion des déchets : Lors de la récolte, on enlève la feuille qui est toxique et on ôte la ligule (morceau qui permet de tenir le bâton au sol) qui est amère. Les feuilles sont laissées au sol autour des pieds pour assurer le désherbage naturellement.
Étude de cas : La production à grande échelle en Lorraine
L'exemple de la Maison Moine à Xertigny illustre parfaitement la transformation industrielle et artisanale de cette plante. Sur cette terre de Rasey légère, sableuse et acide, propice à son épanouissement, la production atteint des sommets.
- Production locale : Près de 12 000 pieds de la variété Victoria sont cultivés sur trois hectares, permettant de récolter quelque 70 tonnes de rhubarbe. Cette production est nécessaire à une fabrication de 60 000 litres de vin et 30 000 litres de jus.
- Le savoir-faire : La rhubarbe, lavée, prend ensuite la direction du pressoir. Un kilo de rhubarbe permet d’avoir 75 cl de jus. Pour le Crillon des Vosges, vin emblématique de la maison, le jus repose cinq longues années dans une cuve sous surveillance pour se transformer en un vin délicieux, courtisé par les grandes tables étoilées.

Dynamiques de cueillette et circuits courts
La tendance actuelle confirme l'engouement pour le circuit du champ à l’assiette. Des initiatives comme la Cueillette Chapeau de Paille de Peltre permettent aux particuliers de se reconnecter avec la production locale.
- Engouement pour le local : Comme l'expliquent Vincent et Estelle Tillement, cultivateurs à Peltre, les gens ont joué le jeu de la cueillette locale, et cet engouement pour les produits locaux a le vent en poupe.
- Rôle social et thérapeutique : Au-delà de l'acte d'achat, la récolte au champ devient un outil thérapeutique, permettant à des personnes, comme les soignants, de trouver un apaisement dans les travaux manuels au contact de la terre.
- Organisation : Que ce soit pour les fraises, les navets, les carottes, les lupins, les pivoines ou la rhubarbe, les champs accessibles au public permettent une gestion directe, bien que soumise aux aléas sanitaires et climatiques.
Conseils de l'expert pour un potager dynamique
Le jardinage au mois de mai demande de l'organisation et une observation fine des cycles naturels.
- Semis et protection : Roland Motte conseille de commencer par la serre, un lieu protégé où les températures restent plus clémentes, pour les légumes du soleil. Pour les semis en pleine terre, comme les œillets d’Inde, une préparation soignée garantit une floraison esthétique dès l'été.
- L'importance du paillage : Le paillage du potager est un geste essentiel pour maintenir l'humidité du sol, tout comme l'arrosage régulier sous serre.
- Anticipation : Il faut savoir s'adapter aux températures fraîches de mai et aux retards de saison. Comme le montre l'exemple de la récolte de la rhubarbe avec quinze jours de retard, tout vient à point à qui sait attendre. La patience est la vertu cardinale du jardinier, qu'il s'agisse de la croissance des jeunes pousses ou de la transformation patiente du jus de rhubarbe en vin de garde.