Face à la disparition inquiétante de la biodiversité cultivée - 75 % en un siècle selon la FAO -, cet événement se donne pour mission de rassembler des praticiens et praticiennes du monde entier afin de partager leurs savoirs et de réfléchir ensemble aux enjeux de préservation, multiplication et circulation des semences paysannes. La dernière journée du 5 octobre sera dédiée à une grande fête ouverte au public avec pour objectif de sensibiliser les citoyen·ne·s au rôle crucial des semences paysannes dans notre agriculture et notre alimentation. Pour celles et ceux qui ne peuvent pas participer, les rencontres seront en partie diffusées en livre streaming. Pour venir, pensez au covoiturage. Un immense merci pour votre soutien qui a fait toute la différence.

Dynamiques de coopération et structuration des luttes
Accélérer les dynamiques de coopération inter-luttes : les Rencontres permettront de mettre à disposition des capacités logistiques, communicationnelles, organisationnelles, financières et des compétences afin que les coalitions de luttes y organisent des temps de structuration, d’entraide, de planification et de recrutement. Faire un temps joyeux qui célèbre nos victoires passées et qui permette d’en préfigurer des dizaines à venir ! Terres de Luttes épaule à leur demande les collectifs dans le développement de leurs luttes en leur proposant des formations (communication, juridique, financier…), des conseils, en créant des liens et des actions inter-luttes et en soutenant l’émergence d’un nouveau récit, celui d’un monde juste et soutenable défendu par ses habitant·e·s.
L’objectif ? Résister commence souvent en bas de chez soi, ou plutôt par chez nous au bout de son chemin. Au bingo des grands projets inutiles, la 2×2 voies Briouze-Sevrai coche toutes les cases. En 2022, le collectif 924 est créé avec un objectif clair : faire échouer ce projet inutile et néfaste par tous les moyens. Des naturalistes bénévoles ont arpenté le tracé à la recherche d’espèces protégées, et découvert le rarissime Pique-prune dans un alignement de vieilles trognes. Un allié providentiel devenu l’emblème de la lutte. Manifestations, réunions publiques, stands associatifs et balades sur le terrain ont réuni habitants et militants.
Keller sur BFM Business : expertise, innovation et grands projets
Le collectif a aussi rejoint la coalition nationale La Déroute des Routes, qui milite pour un moratoire sur tous les projets routiers, un espace d’échanges, de solidarité et de compréhension de la filière béton. Aujourd’hui localement les travaux n’ont pas encore commencé mais nous entendons à ce que ce ne soit jamais le cas ! Malgré les pressions honteuses des barons locaux, des recours en justice ont été déposés et sont en cours d’instruction. Le bocage ornais est depuis longtemps un foyer de luttes sociales et environnementales. Dans les années 2000, un projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Athis de l’Orne a suscité une vive opposition locale. Cette tradition de résistance s’enracine dans une histoire syndicale et ouvrière riche.
La recherche publique face aux impératifs de la biodiversité
Skerzzo, Hendrix, Geny, Grafik, Gwastell et Gwenn… ce sont les six variétés de blé tendre inscrites au catalogue français des variétés végétales avec la mention agriculture biologique. Elles ont été sélectionnées, entre 2011 et 2019, par la filiale Agri Obtentions de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae). Par la recherche publique donc. Pour l'instant, aucune variété française de blé tendre adaptée au bio n'émane d'un sélectionneur privé, seulement 2 % des 5 millions d'hectares de blé étant cultivés en bio. « Mais la demande de l'agriculture bio croît et quand le marché sera solvable, les sélectionneurs s'y mettront », affirme Bernard Rolland, sélectionneur de blé tendre à l'Inrae de Rennes.
Ces variétés de blé bio résistent à plusieurs maladies comme les rouilles jaune et brune, la fusariose et la septoriose, mais pas à la carie. Hors bio, l'Inrae a travaillé avec l'institut Arvalis et des chambres d'agriculture à la sélection de variétés rustiques de blé qui permettent de réduire également les pesticides. Cela n'a pas empêché les agriculteurs français d'utiliser 25 % de pesticides en plus entre 2009 et 2018, alors que le plan Ecophyto devait les réduire de moitié.
Vers une agriculture moins dépendante des intrants chimiques
Aussi la réglementation se durcit. Les insecticides néonicotinoïdes, accusés de tuer les abeilles, sont interdits en France depuis septembre 2018, comme le Gaucho de Bayer, qui enrobait les semences. « De moins en moins de pesticides sont autorisés et nous devons développer la tolérance des plantes aux maladies et aux insectes », explique Sébastien Chatre, directeur de la recherche pour les grandes cultures de RAGT Semences à Rodez (Aveyron). Le premier sélectionneur européen de blé et d'orge a sorti en 2019 une variété de blé tendre en Angleterre qui résiste au virus de la rouille jaune apporté par un puceron. Son blé RGT Wolverine n'a pas besoin d'insecticide et l'entreprise appliquera bientôt cette solution génétique à des variétés françaises.
RAGT Semences a aussi obtenu l'inscription en 2018 du colza Cadran, tolérant au virus TuYV, qui diminue la production d'un tiers. « Dans la sélection de variétés, le critère du rendement est moins important aujourd'hui que la résistance aux maladies et au changement climatique », souligne Sébastien Chatre. L'entreprise a sélectionné une gamme de maïs Stressless plus précoce et cultivable sans irrigation sur des terres où ce n'était pas possible.

Leader mondial des semences potagères avec ses marques Vilmorin et Clause notamment, Limagrain à Clermont-Ferrand ne produit pas encore de variétés pour l'agriculture biologique, en estimant que les maraîchers bio s'approvisionnent en semences paysannes. « Mais nous avons davantage de variétés résistantes aux maladies qu'autrefois, souligne Franck Berger, directeur de la branche des semences potagères. Notre cahier des charges évolue vers une plus grande capacité à résister aux agresseurs. » Les consommateurs accusent aussi les semenciers de concevoir des légumes sans saveur. Les tomates endurcies pour résister au transport se vendaient moins à la fin des années 1990. « Depuis quelques années, les producteurs cherchent des variétés plus gustatives, comme notre tomate Adora primée au Salon Fruit Logistica à Berlin, ajoute-t-il. On a multiplié les formes et les couleurs et aujourd'hui, il y a 15 références de tomates dans les supermarchés ! »
La controverse sur les techniques de sélection et la propriété intellectuelle
Le troisième semencier mondial Syngenta axe aussi ses recherches sur la résilience au changement climatique et la réduction des phytosanitaires, qu'il produit aussi. « Notre orge hybride Hyvido sorti en 2019 économise un demi-traitement de fongicide et notre chou Cordoba, récompensé au Salon d'Angers, résiste à trois maladies », se félicite Xavier Thévenot, directeur du développement durable de Syngenta. Sélectionneur de tournesol commun à Euralis et Limagrain, Soltis près de Toulouse conçoit des hybrides résistants au mildiou et aux orobanches. « Pour la plupart des maladies, il y a le choix entre le traitement chimique et la solution génétique », affirme son directeur général Philippe Gall.
Toutefois, les semenciers protestent contre l'interdiction de la mutagenèse, le 7 février par le Conseil d'Etat. Ces techniques de mutation génétique par traitement en laboratoire, sans insertion de gènes extérieurs comme pour les OGM, ont créé notamment des variétés de tournesol et de colza résistantes aux herbicides, qui devront être retirées.
La vision de Vandana Shiva : les semences comme bien commun
Chacun d’entre nous est lié à d’autres êtres humains, mais bien plus largement à tous les autres êtres vivants à travers le monde. Nous vivons dans un monde essentiellement composé de relations. Nous ne sommes pas des atomes isolés, fragmentés et seuls. Nous ne sommes pas séparés de la nature. Ceci est une illusion construite par le paradigme cartésien, newtonien, mécaniste, qui structure notre architecture intellectuelle depuis la révolution industrielle - et qui n’est rien de plus qu’une voie de l’humanité focalisée sur les énergies fossiles, voie dont progressivement nous apercevons l’impasse. C’est en fait la raison d’être de tout l’accord de la COP 21 de Paris sur le climat: la prise de conscience que nous avons fait 200 ans de mauvais choix énergétique. Mais c’est également devenu une chance pour nous aujourd’hui afin de remettre en question toute notre façon de penser.
L’âge des combustibles fossiles a fait d’énormes dégâts dans le cerveau humain et sa façon d’envisager le monde. Et d’immenses dégâts d’abord dans la nourriture que nous mangeons: nous ne mangeons plus de nourriture, mais du pétrole. Et cela mène également à l’illusion que nous sommes séparés de la nature, et que d’une manière ou d’une autre nous en sommes maîtres et conquérants. Cette idée de séparation avec la nature sert ensuite à définir la société humaine comme composée d’individus atomisés, en concurrence et guerre les uns contre les autres. Et bien non! Le monde est un monde de relations. C’est un monde d’êtres auto-organisés dans des relations mutuellement bénéfiques. Si nous devons récupérer notre capacité à être vraiment libres, nous devons comprendre notre relation avec la Terre, qui détermine nos modes de vie et nos relations au sein de notre communauté.

Tout cela signifie réclamer nos biens communs. C’est quand nous commençons à nous rendre compte que la nature de la vie est organisée, que la « toile de la vie » est notre bien commun, que nous cessons alors d’imaginer qu’un Monsanto ou un Bayer mettant un gène toxique dans une plante sont en train d’inventer une nouvelle forme de vie. Non! Une graine est une graine - elle se reproduit et se multiplie par elle-même. Malheureusement, lorsque vous y mettez un contaminant, elle se multiplie également avec le contaminant. Mais elle n’est pas fabriquée par ce contaminant. La graine existe par elle-même. Juste comme une rivière coule d’elle-même. Si quelqu’un y met du mercure, celui-ci constitue alors une partie de la rivière, mais il ne fait pas la rivière. Ce sont donc des illusions fondamentales entretenues par les firmes de propager l’idée qu’elles sont des inventeurs de nouvelles semences, pour promouvoir les OGM notamment. Ce ne sont pas des « inventeurs ». Ces multinationales sont là pour s’approprier les semences.
Les conséquences humaines et sociales de l’industrialisation agricole
J’ai eu à faire face à cette tragédie de 300 000 agriculteurs poussés au suicide à cause de leur dette - une dette causée par une augmentation de plus de 70% du prix des semences. Cette fausse technologie a également augmenté le coût des pesticides parce qu’ils ne fonctionnent pas pour lutter contre les nuisibles, tout comme les herbicides ne fonctionnent pas pour lutter contre les mauvaises herbes. Après tout, quand vous n’avez pas la bonne façon de voir le monde, vous n’avez pas non plus les bons outils. Et toutes vos technologies échouent. Peu importe que vous les appeliez sans cesse « innovations », elles restent des technologies défaillantes.
Or nous avons vraiment besoin d’un autre type d’innovation que des technologies défaillantes. Malheureusement, dans le débat que nous avons actuellement en Inde sur les graines de moutarde OGM et les suicides causés par le coton BT, certains disent: « Les semences naturelles se conservent très peu de temps et seules les grandes entreprises ont les moyens et la possibilité d’augmenter leur cycle de conservation. Non, une graine est la vie elle-même! C’est là que la vie se regénère. C’est là que la liberté est chantée. C’est là que commencent les biens communs. Parce que la semence est un « commun », et pas seulement pour les humains. La semence est un « bien commun » pour les pollinisateurs, le pollen de la plante qu’ils fécondent. La plante donne le pollen à l’abeille, l’abeille donne la fertilité à la plante dans une profonde relation mutuelle.
Stratégies de résistance et réappropriation des savoirs
J’ai tout d’abord entendu parler de cette tendance consistant à multiplier les cultures génétiquement modifiées pour en posséder les brevets et imposer ensuite des accords de libre-échange en 1997, lors d’une réunion très intéressante près de Genève. C’est le jour où j’ai pris un engagement ferme et définitif: je vais désormais tout faire pour protéger les semences. Je vais donc travailler au niveau scientifique en génie génétique. C’est ainsi que nous avons été amenés à définir la question de la biosécurité dans les traités des Nations Unies. Et nous avons maintenant une règle des Nations Unies sur la biosécurité. C’est en raison de ces règles que l’Europe est largement exempte d’OGM. L’illusion que les firmes sont des inventeurs de semences, et la question des brevets, constituent un immense enjeu. Je travaille avec le gouvernement indien pour rédiger des lois qui n’autorisent pas les brevets sur les semences, les plantes et les animaux. L’Argentine a de telles lois, le Brésil a de telles lois. Mais le progrès le plus important a été lorsque nous avons commencé à envisager les semences comme des biens communs, avec la création de banques de semences communautaires, en lieu et place de semences privatisées entre les mains de trois géants semenciers.
Quand j’ai commencé ce travail, ils disaient qu’ils seraient cinq géants. Aujourd’hui ils sont trois. Avant que nous nous en apercevions, il n’y en aura plus qu’un, et alors tout s’effondrera?! Au sein de notre ONG Navdanya, nous comptons aujourd’hui 320 banques de semences communautaires. Elles ont des graines nutritives qui sont délicieuses. Mon équipe tout juste de retour vient de trouver cinq nouvelles variétés de Moong dhal. La diversité est la voie de la nature. Et tant que nous aurons des communautés et des éleveurs de semences, nous aurons de la diversité. Quand trois géants ont l’ensemble des graines entre leurs mains, ils reproduisent des monocultures toxiques et défaillantes.
Lutter contre la biopiraterie et l’écocide
Il existe de nombreux moyens de lutter contre la biopiraterie - qui n’est rien de plus que de pirater le savoir de l’humanité - de pirater la biodiversité indigène et de dire ensuite: « C’est mon invention !», comme le font par exemple Bill Gates et les labos de sa fondation. En 1984, l’usine de pesticides d’Union Carbide a explosé dans la ville de Bhopal. Aujourd’hui, Carbide appartient à Dow et Dow et DuPont sont liés. Donc d’une certaine manière, la catastrophe de Bhopal est de l’entière responsabilité de Dow et DuPont. Suite à la catastrophe, j’ai lancé une campagne disant: « Plus jamais de Bhopal, plantons un Neem ! » Nous nous sommes alliés avec les Verts au Parlement européen et avec l’IFOAM, le mouvement international de l’agriculture biologique, et pendant onze ans, nous avons combattu un des plus puissants organismes du monde: le ministère américain de l’agriculture. Allié à la grande compagnie toxique WR Grace, ils ont affirmé qu’ils avaient inventé l’utilisation du Neem.
Quel impact a réellement ce contrôle opéré par les géants de l’agro-industrie sur les petits agriculteurs? L’Inde a 200.000 variétés de riz. Nous avons notamment ici une magnifique variété de Basmati. L’élevage de nos agriculteurs était un élevage dans le sens des biens communs, une activité partagée. Une société en Amérique a pris notre Basmati et a tenté de le breveter. Les sociétés qui s’accaparent des semences pour vendre leurs produits chimiques créent au final plus de problèmes que de solutions, comme des nouvelles maladies. Nous avons par exemple aujourd’hui beaucoup d’allergies liées aux mauvaises herbes, comme les allergies au gluten. Mais la mauvaise herbe elle-même ne contribue pas aux allergies au gluten. L’élevage à des fins industrielles en est la cause. Monsanto a affirmé avoir inventé la « fin des mauvaises herbes ». La lutte contre la biopiraterie est donc un combat fondamental.

Nous avons également réalisé que ce sont les mêmes sociétés qui vendent les produits chimiques qui ont façonné l’agriculture industrielle, basée sur les combustibles fossiles. Les produits chimiques sont fabriqués à partir de combustibles fossiles, qu’il s’agisse d’engrais synthétiques ou de pesticides synthétiques. Ils sont tous fabriqués à partir de combustibles fossiles. Ils sont à base de pétrole et de gaz naturel. Ces produits chimiques sont ce que nous voulons supprimer. Ce sont ces mêmes produits chimiques qui ont mené à la création du gaz moutarde qui nous a empoisonné et tué pendant la guerre. Cette expertise dans la guerre a été transformée en une expertise dans la façon dont nous cultivons nos aliments. Et pendant près de 70 ans, l’humanité a été nourrie selon la croyance que sans les produits chimiques, nous n’aurions pas de sécurité alimentaire.
Vers une transition agro-écologique mondiale
Notre travail a montré que nous cultivons réellement plus de nourriture, et une meilleure nourriture, sans ces produits chimiques. C’est pourquoi l’autre grande partie du travail de Navdanya est la promotion de l’agriculture biologique, et la formation des agriculteurs en agro-écologie. Nous avons formé plus d’un million d’agriculteurs. Bien sûr, les agriculteurs mangent. Mais les agriculteurs doivent également vendre leurs produits, parce que c’est leur gagne-pain. Et ce qu’ils produisent a un impact direct sur la santé de la population. Les agriculteurs ne cultivent pas de simples produits de base, ils cultivent notre santé. Et quand ils produisent des cultures saines et respectant la biodiversité, les consommateurs sont en meilleure santé. Il faut envisager notre modèle agricole en termes de respect de la biodiversité, contrairement au modèle toxique des combustibles fossiles des trois géants semenciers Bayer-Monsanto, Dow-Dupont et Syngenta.
Nous parlons ici de trois fabricants de poison dont les règles sont devenues loi. Et bientôt ils fusionneront. Monsanto et Bayer sont distincts aujourd’hui, mais ils étaient ensemble auparavant. Les propriétaires sont les mêmes. C’est un jeu de chaises musicales pour perdre le grand public. Mais nous ne sommes pas dupes, parce que notre but ultime est bien la liberté. Nous n’avons pas besoin de tous ces accords de libre-échange. Les firmes multinationales influent sur l’Organisation Mondiale du Commerce, pensant qu’ils en sont propriétaires. Nous pensons nous qu’il faut y opposer un vaste mouvement des peuples, pour les aider contre l’accaparement de nos semences, de notre agriculture, de notre savoir. Maintenant, les firmes s’agitent pour promouvoir des traités comme le TTIP ou le TPP afin d’accomplir la tâche qu’elles se sont fixés, la propriété intellectuelle absolue et l’harmonisation des règlementations. Ainsi, l’Europe perdrait par exemple ses normes de sécurité et s’alignerait sur les États-Unis où il n’y a pas de réglementation et d’étiquetage sur les OGM. Une grande majorité des citoyens américains n’ont malheureusement aucune idée de ce qu’ils mangent.
Dans ce combat pour la sauvegarde des semences en tant que commun, quelle est la prochaine grande étape? L’idée de « la semence comme bien commun » s’est développée grâce aux réseaux de semences et aux semences communautaires. Nous travaillons maintenant à promouvoir plus largement l’idée de « l’alimentation comme bien commun ». Derrière moi, c’est la belle Annapurna, la déesse de l’alimentation. Nous sommes en train de créer des communautés à l’intérieur des villes, et les villages nous rejoignent également. Nous voulons en finir avec ce système dans lequel trois ou quatre géants commerciaux dictent leurs lois, chacun se voit obligé de manger de la nourriture toxique tandis que partout l’agriculture se meurt. Non! Nous pouvons avoir des systèmes alimentaires locaux qui augmentent les revenus de nos agriculteurs et réduisent le coût des aliments biologiques sains. Le mouvement écologiste international aujourd’hui doit donc être avant tout un mouvement pour la justice, un mouvement pour la liberté, un mouvement pour mettre fin aux lois des empoisonneurs, les firmes multinationales. Pour tout cela, nous devons réclamer les « communs » à tous les niveaux, y compris dans nos esprits. Une des raisons pour laquelle nous avons organisé ce grand procès international du 14 au 16 octobre 2016 à la Haye. Bart Staes notamment était là, parce que nous travaillons en étroite collaboration avec les Verts au Parlement européen, et nous lançons un programme global pour mettre fin à un siècle d’écocide et de génocide perpétré par ces grandes entreprises qui contrôlent notre alimentation et notre agriculture.
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