
Le Bois Raméal Fragmenté (BRF) est devenu un allié précieux pour de nombreux jardiniers, en particulier ceux qui s'intéressent à la culture biologique. Il représente une approche écologique et durable pour améliorer la fertilité des sols, réduire les besoins en arrosage et limiter l'utilisation d'engrais chimiques. Cette matière organique non compostée, issue du broyage de jeunes rameaux, mime les processus pédogénétiques naturels en œuvre dans la forêt, offrant ainsi une "nourriture" naturelle et équilibrée pour la vie du sol.
Qu'est-ce que le BRF et comment agit-il sur le sol ?
Le BRF est un mélange non-composté de résidus de broyage plus ou moins fin de rameaux de bois. Il se distingue par sa richesse en carbone et sa composition spécifique, provenant de branches assez jeunes, ayant poussé lors des dernières années, souvent appelées "rameaux". Ces rameaux sont caractérisés par un diamètre généralement inférieur à 7 cm, et pour Olivier au potager, l'idéal est même de ne prendre que des rameaux de très petits diamètres, tout juste 1 cm maximum, car ils sont encore très souples, assez verts à l'intérieur, avec une humidité ressentie. Cette jeunesse, moins de deux ou trois années d'existence, leur confère une grande souplesse, les remplissant d'énergie, de sucre et de cellulose, des éléments essentiels pour la vie du sol.
L'utilisation du BRF est une accélération du processus pédogénétique en œuvre dans la forêt, constituant une nourriture naturelle pour le sol. Son application rend caduque l’utilisation d’engrais et limite grandement les arrosages. Grâce au BRF, un équilibre s’établit entre la terre, le bois, les champignons qui s’en nourrissent et les plantes en cultures. De plus, le BRF favorise la croissance de mycorhizes, des champignons qui vivent en symbiose avec les racines des plantes. Ces dernières fournissent des sucres aux champignons qui en échange fournissent à la plante des minéraux et de l’eau. Les champignons ont une action nématicide et secrètent des antibiotiques dont la plante profite, contribuant ainsi à un écosystème souterrain robuste et sain.
Le BRF s'inscrit pleinement dans une approche du sol par le carbone. À l’opposé des engrais chimiques qui n’ont pour seul but de nourrir les cultures, ici on va offrir un sacré plat de consistance pour le sol, son activité biologique. Celle-ci est gourmande de matières organiques végétales et animales. Les champignons vont se régaler de dégrader ce broyat, relayés ensuite par bien des décomposeurs. Au final, c’est de l’humus qui viendra solidifier, renforcer et améliorer le sol. C’est fort intéressant, aussi pour tendre vers un sol éponge meilleur rétenteur d’eau, de minéraux et de fertilité. Il est important de noter que le BRF est un amendement (matière riche en carbone et peu concentrée en minéraux essentiels) et non un engrais. Il va enrichir votre sol en carbone, en matière organique, et favoriser une vie intense dans le sol.
Le BRF: Bois Raméal Fragmenté
Distinguer le BRF des autres broyats de bois
Dans le monde des apports carbonés, il existe toute une échelle de grandeur. La tonte, l’herbe, contient du carbone, mais très peu. On le voit avec sa couleur verte, sa souplesse et sa flexibilité. Au contraire, le broyat de bois âgé de plusieurs années est lui plus carboné que le BRF. Il est composé de branches épaisses, dures, ligneuses, anciennes, peu flexibles qui ont perdu toute souplesse contrairement aux rameaux. Les effets ne sont pas les mêmes sur un sol, avec un apport très difficilement valorisable. Il pourra être utile en paillage de longue durée, notamment au verger ou pour des massifs de fleurs, ou encore pour protéger le sol aux pieds de cultures vivaces.
Le broyat, à la différence du BRF, est beaucoup plus carboné. Guillaume a déjà utilisé du broyat au potager avec des résultats exceptionnels sur son sol. Il s'agissait de refus de criblage, c'est-à-dire les gros morceaux de bois qui ne passent pas dans les tamis. La seule précision est qu'il était déjà composté depuis plus d’un an, ce qui a créé un mélange bois/compost ayant radicalement modifié la texture de son sol. Cette distinction est cruciale car la jeunesse et la souplesse des rameaux du BRF sont ce qui leur confère leur énergie et leur capacité à se décomposer efficacement pour nourrir le sol.

La production de BRF : De la taille au broyage
Pour produire du BRF, on pourra broyer tout ce qui passe sous la main, des feuillus en tout genre comme les érables ou les chênes, ainsi que des haies à entretenir. Il est même possible d'utiliser des résineux, mais avec prudence. Ils contiennent en effet beaucoup de tanins et de terpènes. À haute dose, cela peut générer un effet inhibiteur sur la bonne croissance des cultures. L’activité biologique, et notamment de nombreuses bactéries, seraient gênées par une trop forte concentration de tanins, car ils contiennent des composés allélopathiques qui inhibent en partie la croissance des végétaux. Il est donc recommandé de maintenir une proportion de résineux à raison de 10 à 20 % dans le mélange. Si vous avez une haie de thuyas ou des sapins, vous aurez déjà du mal à trouver des pousses de l’année.
La période idéale pour la production de BRF est l'automne, de préférence le début de l'automne, quand l’activité biologique est encore bien active avant les grands froids. Il est vivement conseillé de répandre aussitôt le BRF après le broyage, et de veiller à faire les opérations de taille et de broyage de façon très rapprochée pour garder la fraîcheur des rameaux. On utilisera le plus possible des rameaux frais et vivants pour conserver toutes les molécules précieuses pour la vie du sol. Les branchages utilisés doivent avoir un diamètre tournant aux environs de 3 à 5 cm et être du bois vert.
L'équipement nécessaire : Le broyeur
L'utilisation d'un broyeur mécanique est vivement recommandée pour produire du BRF. Les modèles varient, mais pour environ 500 à 600 euros, vous pouvez déjà acquérir un modèle suffisant pour broyer des branches d’un diamètre intéressant. Le choix dépendra bien sûr de l’essence du bois que vous utilisez et du volume à traiter.
Si vous avez des volumes énormes à broyer, supérieurs à 3 mètres cubes sur l’année, il vous faudra un gros broyeur thermique. Sans quoi vous y passerez des journées entières avec un broyeur électrique. Si vous avez des volumes conséquents, mais raisonnables, de 2 à 3 mètres cubes sur l’année, un broyeur électrique de milieu de gamme pourra suffire. L’avantage sera un coût modéré et un bruit bien moins conséquent. Lors de l'acquisition d'un broyeur, il est important de considérer des critères tels que le prix, l’efficacité, la rapidité, le système de coupe, la durabilité, le type de moteur (électrique ou à essence) et la sécurité.
La problématique de la "faim d'azote" et les solutions
Quand on parle d’apports carbonés, se pose vite la question d’une problématique de faim d’azote. Un apport de BRF est un apport carboné demandant à court terme une sollicitation de l’azote présent dans le sol. Ainsi, si vous déposez ce BRF au printemps, le risque de générer une faim d’azote est non négligeable. Vos cultures risquent de vous montrer, par leur jaunissement et leur faible croissance, qu’elles ne sont pas d’accord pour partager le sol avec un apport récent de BRF. Pour éviter cela, il est préférable de privilégier l’automne pour réaliser cet apport.
Sinon, il vous faudra équilibrer vos apports de BRF avec des apports bien plus azotés, comme le sang séché, à raison d'une poignée au mètre carré. Certains jardiniers, comme Olivier, utilisent le BRF exceptionnellement au potager, tous les 3 ou 4 ans, ou pour relancer l’activité biologique sur une nouvelle parcelle. Ils mettent une bonne épaisseur de BRF (environ 3cm) sur les premiers centimètres du sol, et aussi une petite épaisseur supplémentaire en paillage, en veillant à laisser ce mélange oxygéné, en aérobie, et en évitant de marcher sur la parcelle par la suite.
Si la faim d’azote est redoutée, une autre option est de composter le BRF en tas sur une zone hors potager. Les champignons iront chercher l’azote sur une parcelle non cultivée. D’ici quelques mois, vous obtiendrez un compost très stable qui pourra améliorer la fertilité physique de votre sol, quel qu’il soit. Les sols lourds seront allégés et les sols légers seront alourdis. Cependant, ce compost pourra difficilement répondre à l’appétit conséquent des cultures les plus gourmandes.
Comment appliquer le BRF : Enfouir ou pailler ?
Le débat est souvent houleux et animé entre les différents défenseurs du BRF. Certains préconisent de le déposer en paillage, d’autres de l’incorporer au sol. Il est important de comprendre qu'un sol ne ressemble pas à un autre. Sur un sol très dur, compact, caillouteux ou encore très sec, il est conseillé de préparer ce sol à recevoir un apport de BRF en le décompactant avec une grelinette, un croc ou une motobineuse. Il faut également humidifier le sol si vous ne le ressentez pas humide comme une éponge essorée. Dans ce cas, incorporez votre BRF si vous le sentez, dans les premiers centimètres du sol.
Dans l’hypothèse d’un sol de départ déjà très meuble, rempli de macroorganismes avec un estomac dévoreur de matières organiques, alors il est inutile d’incorporer votre apport de BRF ; l’activité biologique le fera à votre place. Néanmoins, quel que soit votre contexte, quelques vérités peuvent se dégager. En intégrant votre BRF, vous accélérerez les processus de valorisation, mais dans le même temps, vous augmenterez la faim d’azote sur les premiers mois. Vous perdrez aussi l’effet protecteur d’un paillage contre trop de soleil ou trop de pluie, et vous aurez besoin de mécanisation pour enfouir le BRF, même si on peut se débrouiller avec un simple croc.
Puisque chaque technique a ses avantages et inconvénients, pourquoi ne pas faire les deux ? Pour Olivier, le broyat est destiné uniquement au paillage, mais pas prioritairement le paillage de cultures potagères, car il craint une trop forte faim d’azote et un humus généré trop stable, trop difficile à décomposer pour être rapidement disponible pour les racines des plants de légumes. Avec le broyat, il paille avant tout ses allées de potager pour mieux gérer l’enherbement, et également le sol aux pieds de ses arbres fruitiers pour préserver une belle humidité. Le BRF, lui, est utilisé exceptionnellement au potager tous les 3 ou 4 ans, et également pour relancer l’activité biologique sur une nouvelle parcelle. Après avoir décompacté un sol très compact, argileux et peu actif biologiquement sur les 20 à 30 premiers centimètres, il intègre une bonne épaisseur de BRF (environ 3cm) sur les premiers centimètres de sol, et en met aussi une petite épaisseur supplémentaire en paillage, le tout réalisé à l'automne pour cultiver au printemps suivant.

Le BRF, en se décomposant, utilise beaucoup d’azote, ce qui peut l’année suivante se ressentir sur la croissance des plantes. Certains préfèrent l’enfouir dans les premiers centimètres du sol, d’autres, comme Olivier, les laissent en surface, affirmant que la faim d’azote n’est alors plus vraiment un problème.
Où trouver du broyat de qualité ?
Se procurer du broyat est une bonne idée, mais encore faut-il pouvoir s’en procurer ! Plusieurs options s'offrent à vous. Vous pouvez demander à des paysagistes qui coupent et le plus souvent broient les végétaux. Plutôt que de payer pour les évacuer en déchetteries, ils vous les laissent à disposition. Actuellement, il faut compter environ 30€ pour un camion de 3m³ de broyat.
Vous pouvez également vous adresser à la mairie du village qui, souvent via les agents municipaux qui entretiennent les espaces verts, pourront vous en procurer. Cependant, un inconvénient revient souvent, celui d’avoir un broyat de bois anciens plutôt que du vrai BRF.
La solution d’acquérir un broyeur reste donc la plus fiable pour maîtriser la qualité de votre BRF. Pour les professionnels du jardin, il est bon de savoir que l’élagage au-dessus de 3 m 50 n’ouvre pas droit à une déduction fiscale, mais ils peuvent faire bénéficier leurs clients de cet avantage fiscal.
Les tamis : Un outil essentiel pour la granulométrie du BRF et au-delà
Bien que le BRF soit un broyat de rameaux plus ou moins fin, l'analyse granulométrique des matériaux est cruciale dans de nombreux domaines, et le tamisage joue un rôle prépondérant. Le tamis de maçon est un outil essentiel en construction et maçonnerie, principalement utilisé pour tamiser et filtrer les matériaux granulaires comme le sable et le gravier. Il permet d’obtenir la finesse de grain souhaitée tout en séparant les particules indésirables ou les impuretés. Un tamis de maçon peut être fabriqué à partir de différents matériaux tels que le bois ou le plastique.
Les tamis Mondelin, fabriqués en France dans l’usine Mondelin, se distinguent par un savoir-faire unique qui apporte une tension à la grille bien supérieure aux tamis du marché. Une soudure en continu vient assembler la grille sur toute la base du tamis, garantissant ainsi sa robustesse et sa durabilité. Le diamètre d’un tamis utilisé en maçonnerie est en général de 45 cm de diamètre environ pour une profondeur de 10 cm. Si vous avez besoin de différentes tailles de tamis, il est intéressant de choisir des tamis empilables. Afin de pouvoir bien le tenir, le tamis doit avoir des bords larges. Fort de son savoir-faire de fabricant, Mondelin propose un tamis avec un croisillon qui vient renforcer la tenue de la grille. En résumé, pour choisir un tamis de maçon, il faut prendre en compte avant tout vos besoins selon vos travaux à réaliser.
L'analyse granulométrique utilise une pile de tamis normalisés de grossier à fin. C'est pourquoi le treillis métallique en acier inoxydable est universellement utilisé pour les tamis de laboratoire. Les tailles de tamis ne sont pas des nombres arbitraires. Elles sont des normes de précision qui définissent la précision de l'analyse des particules dans toutes les industries. Pour les laboratoires, les exploitations minières, les industries alimentaires, les fabricants de produits chimiques et les producteurs de poudres métalliques, la maîtrise des normes relatives à la taille des tamis n'est pas seulement une question de connaissances techniques, c'est aussi une question de sécurité.

La philosophie derrière le BRF : Agrader le sol
Le BRF est une approche par le sol, par le carbone. Il faut être conscient qu’il ne fera pas de miracle à lui tout seul et à court terme. C’est une philosophie pour jardiner tout en créant du sol, de l’humus, pour "agrader" et non dégrader le sol. Parfois les résultats pourront être décevants. Il faut rajouter aussi la logistique conséquente que cette pratique demande. Il faut du temps, du volume, et de l’énergie pour tailler les branchages, les transporter, et parfois les broyer.
Malgré ces efforts, les avantages du BRF sont indéniables : il est d'une très grande utilité, respectueux de l’environnement, facile à mettre en œuvre avec le bon équipement. Il nourrit le sol et en améliore la composition, réduit les arrosages et limite les mauvaises herbes. Il s’agit de prendre le temps de fabriquer le moteur le plus puissant qu’il soit pour votre potager, transformant ainsi les ressources végétales de rameaux que vous avez autour de chez vous en un atout précieux plutôt que de les déposer à la déchetterie. Débute alors un processus de décomposition et la production d’un champignon dont l’effet est d’améliorer la composition du sol.
Avec une structure mieux établie, une activité biologique plus développée, une rétention en eau et en minéraux plus efficace, votre sol sera un estomac capable de dévorer tous vos futurs apports de composts, fumiers, paillages et engrais naturels.