Que ce soit pour créer un potager ou pour un jardin d’ornement, connaître la nature de son sol est important. En effet, toutes les plantes ne peuvent pas être cultivées dans n’importe quel sol. Quant au travail du jardinier, il sera tout à fait différent en fonction de la nature, de la texture de ce sol. Les sols argileux sont les plus courants, mais ce ne sont pas les préférés des jardiniers car ils sont difficiles à travailler et ont des caractéristiques spéciales. Néanmoins, ils présentent également des avantages non négligeables, et avec quelques bonnes pratiques, ils feront des sols que l’on vous enviera !

Les caractéristiques fondamentales du sol argileux
Un sol argileux contient en moyenne plus de 30% d'argile. Sec, il est plutôt doux au toucher, du fait de la finesse des particules qui le composent. Mouillé, il se tasse, devient lourd et collant : les particules d'argiles retiennent énormément d'eau et s'agglomèrent entre elles. Dur comme la pierre en été, boueux et collant quand le temps est humide : le sol argileux peut être un vrai casse-tête pour les jardiniers qui n’y sont pas habitués. Les sols argileux sont très communs en France. Même si ce type de sol n’est pas parfait pour la culture, il ne servirait à rien de vouloir à tout prix changer la structure de votre terrain ! En complément du sable et du humus, tous les types de sols contiennent de l’argile.
Avantages et inconvénients d'une terre argileuse
Résistant aux variations climatiques car très compact, un tel sol reste frais en été à moins d'une longue canicule, par contre se forme à sa surface (et plus ou moins profondément selon le temps) une croûte très peu perméable à l’air comme à l’eau. Et une fois que ce type de sol est sec, sa réhydratation va être assez longue. Toujours du fait de sa grande inertie, un sol argileux met du temps à se refroidir en hiver. Conséquence directe : il met également beaucoup de temps à se réchauffer au printemps, et on ne peut donc y faire de cultures précoces. Très peu drainant, il pose des problèmes d'excès d'humidité pour de nombreuses plantes. Les sols argileux retiennent parfaitement les éléments nutritifs et les engrais. Ils sont donc très fertiles, avec une bonne teneur en potasse notamment.
Méthodes pour reconnaître une terre argileuse
Pour savoir si votre terrain contient plus d’argile que la moyenne, plusieurs méthodes s'offrent à vous :
Observer la végétation spontanée
Certaines plantes se développent spontanément sur le type de sol qui leur convient. Dans le cas d’ un sol argileux, vous devriez voir dans votre jardin des boutons d’or, des liserons, du trèfle, des pissenlits, des pâquerettes, du rumex… et tout ça en quantité. La végétation spontanée : si votre gazon est facilement envahi par les boutons d’or, le liseron ou les trèfles, votre sol est très certainement argileux.
Analyser l'aspect visuel et physique
Si la terre que vous avez extrait d’un trou est plutôt claire, d'un gris tirant vers le jaune, qu’elle est sombre quand il pleut avec des flaques qui se forment rapidement. Si, en plus, votre sol est lourd, collant et que l'eau a tendance à y stagner. De couleur brun rougeâtre, il est lourd et compact, et difficile à travailler en toutes saisons. Il devient collant lorsqu’il est humide et dur quand il est sec.

Le test du boudin
En prenant un peu de terre humide en main, il est très facile de se faire une idée du type de sol de son jardin. L'idéal, c'est de tester un peu de terre en surface, et un peu en profondeur. Creusez un trou de la largeur de votre bêche et d'une vingtaine de centimètres de profondeur. Ameublissez le fond. Ensuite, mouillez légèrement la terre, prenez-en une bonne poignée, et pressez celle-ci dans le creux de votre main de manière à former un boudin. Si le boudin formé entre vos mains se tient et ne se brise pas quand vous le lâchez par terre, c'est une terre à tendance argileuse.
Le test de sédimentation
Facile à réaliser par tout un chacun, ce test est pourtant d’une grande efficacité pour connaître précisément la texture d’un sol. Munissez-vous d’un bocal translucide et doté d’un couvercle. Prélevez de la terre de votre jardin, en surface et jusqu’à 20 cm de profondeur. Tamisez cette terre et versez-la dans le récipient. Ajoutez ensuite de l’eau pour le remplir en laissant 2 ou 3 cm d’air. Secouez fortement le bocal pendant 3 minutes puis laissez décanter 24 heures. Les trois éléments composants du sol étant de tailles et de poids différents, ils ont formé des couches visibles à l'œil nu. Le plus lourd, c’est-à-dire le sable, est tombé au fond, au-dessus se trouve le limon et enfin la couche d’argile qui est l’élément le plus fin.
Jardiner avec un sol argileux : les bons gestes
La meilleure chose que le jardinier peut faire pour son sol argileux c’est de ne pas le travailler. En effet, le travail du sol accélère la décomposition de la matière organique, alors que ce processus doit être lent pour bénéficier au sol. Au printemps, une fois que la terre est réchauffée, paillez toutes vos cultures pour garder le maximum de fraîcheur dans le sol lorsque l’été et la sécheresse seront là. Privilégiez les paillis de lin ou de chanvre en couche épaisse. La présence de ce tapis sera également bénéfique lorsqu’il pleut, évitant au sol de se tasser en surface.
Améliorer la structure du sol
Apporter de la matière organique type fumier et compost sur le sol est également une bonne façon d’aérer et d’ameublir une terre argileuse. En effet, cette matière organique va stimuler l’activité des organismes qui vivent sous terre, notamment les vers de terre qui sont de grands aérateurs du sol. Elle sera simplement déposée en surface, sans intégration même légère. L'automne est également la bonne période pour semer des engrais verts. Les racines fortes et profondes du seigle, du trèfle blanc, de la moutarde ou de la phacélie sont parfaites pour ameublir ce type de terre.
comment améliorer une terre argileuse ?
Comprendre et identifier le sol calcaire
On parle ici du pH de votre sol. Plus votre sol sera proche d'un pH neutre, plus vos végétaux s’y adapteront bien. A contrario, certaines plantes s’adaptent très mal à un sol trop calcaire ou trop acide. Un sol calcaire est composé de 10 à 30 % de carbonate de calcium (CaCO₃) libre. On reconnaît souvent le sol calcaire par sa couleur blanchâtre et son aspect poussiéreux.
Le test du vinaigre pour le pH
Le test du vinaigre va nous permettre d’identifier le pH d’un sol. Versez dessus un peu de vinaigre blanc. Selon la réaction vous pourrez identifier votre type de sol : plus la réaction est effervescente, plus le sol est calcaire. Si la réaction est faible, le sol est neutre. S’il n’y a pas de réaction, votre sol est acide. Le calcaire est souvent aussi à l’origine de carences sur les végétaux, comme la chlorose, car il peut bloquer l’assimilation de certains minéraux.
Les effets de l'excès de calcaire sur les cultures
Dans un sol très alcalin, certains éléments minéraux vont rester bloqués et donc inaccessibles pour les végétaux. Ce qui aura pour conséquences possibles, selon les carences, une mauvaise croissance des végétaux, ainsi que des floraisons ou fructifications déficientes. La chlorose ferrique est la plus courante : les feuilles jaunissent mais les nervures restent vertes, surtout sur jeunes feuilles.
Stratégies de culture en sol calcaire
Le calcaire (carbonate de calcium), en se décomposant, libère du calcium dans le sol. En présence de calcium, les argiles vont se rassembler pour former des agrégats stables (on parle de floculation). C’est une structure idéale pour les cultures. Si le sol de votre jardin est fortement calcaire, la seule solution pour cultiver toutes sortes de légumes consistera à créer, artificiellement, un nouveau support de culture, comme la création de buttes vivantes ou un apport épais de 20 ou 30 cm de terre végétale équilibrée.
Plantes adaptées et amendements
Plusieurs plantes tolèrent bien le calcaire : ail, artichauts, betterave, céleri, chicorées, chou brocoli, chou fleur, chou pommé, concombre, courges, épinard, fève, haricot, laitue, mâche, maïs, melon, navet, oignons, poireau, pois, radis, rhubarbe, tomate. Pour rééquilibrer, apportez des matières organiques acides : compost demi-mûr, fumier de bovin, BRF de conifères, écorces et épines de pin, terre de bruyère, tontes, feuilles mortes. Ces amendements permettront la constitution, en surface, d’un humus stable, proche de la neutralité, et favorable aux cultures.

Diversité des sols : limoneux et sableux
La terre limoneuse est située au milieu entre les terres argileuses et sableuses. Fertile, elle peut être neutre ou acide. On la reconnaît à son aspect poudreux et doux au toucher quand il est sec. Très fertile, elle est facile à travailler et propice au bon développement des plantes. La terre sableuse, légère et crissante, ne retient presque pas l’eau et se réchauffe très rapidement. On la reconnaît par sa couleur claire. Son aspect est léger et granuleux. Elle est en complète opposition avec une terre argileuse. Pour les sols trop sableux, la solution est d'enrichir chaque année votre terre de matières organiques (compost, fumier, etc…).
L'importance de la connaissance du sol pour le jardinier
Connaitre son sol, c'est commencer à connaitre son jardin. La petite merveille de plante, pour laquelle vous avez craqué, et que vous avez plantée amoureusement à l'automne dernier fait grise mine ? Le sol est un des critères à prendre en compte, avant de prévoir une plantation, pour s'assurer de planter la bonne plante au bon endroit. Chaque plante, que ce soit un arbre, un arbuste ou une petite vivace aura ses préférences en terme de pH, drainage, ou apport nutritif. Le sol se compose en majorité de 4 éléments minéraux : d'argile, de calcaire, de limon, ainsi que de sable. La terre franche est le terme utilisé pour désigner une terre dont l'équilibre des 4 éléments est considéré comme parfait aux yeux des jardiniers. C'est une terre à la fois fertile, drainante, facile à travailler et qui convient à la grande majorité des végétaux.
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