La culture de la tomate, pilier de tout potager, est une activité passionnante qui demande une vigilance constante. Feuilles jaunes, pied noir, fruits fendus, ou encore flétrissement soudain : les maladies de la tomate sont légion et il suffit parfois d’un été pluvieux, chaud et sec, ou de champignons dans la terre pour anéantir une culture. Pourtant, le mildiou comme la chlorose ne sont pas une fatalité. Avec des gestes ou des traitements adaptés, sauver sa cueillette de fruits devient possible malgré les conditions climatiques.

Les fondamentaux de la culture et la prévention
Le meilleur moyen d’éviter les maladies de la tomate, au jardin potager, reste la prévention. Surveillez l'état général de chaque pied de tomate, inspectez les feuilles, appliquez les solutions préventives et agissez avant que le mal ait fait trop de dégâts. Respecter les conditions de culture de la tomate, pratiquer la rotation des cultures vous aideront déjà à limiter les maladies et attaques de nuisibles.
Pour limiter les risques de maladies et d'attaques de nuisibles, respectez les conditions de culture de la tomate, à savoir : un sol profond, humifère et modérément humide. Évitez des terres trop riches en azote, elles diminuent la saveur des fruits et la productivité. Assurez-vous que vos tomates disposent de tous les nutriments essentiels à leur croissance en leur apportant un engrais spécialement formulés pour elles. Elles auront ainsi toutes leurs forces pour résister et vaincre les maladies et attaques de nuisibles. Préférez un sol léger pour cultiver les variétés précoces, et un sol lourd pour les variétés tardives.
Afin de limiter les risques de maladies, il est important de ne jamais mouiller les feuilles et tiges de vos tomates en pot au cours de vos arrosages. De même, veillez à installer les plants dans un substrat bien réchauffé, et à les espacer suffisamment si vous en cultivez plusieurs dans un même bac. Enfin, il est important de bien désinfecter votre matériel (pots, tuteurs, sécateur, etc.) afin d’éviter de véhiculer les affections par leur biais.
Le mildiou : Le fléau majeur du jardinier
Véritable fléau du potager, le mildiou s’invite par temps humide et orageux lorsque les températures sont douces. Cette maladie cryptogamique est causée par des oomycètes (Phytophthora sp.), des micro-organismes qui se comportent comme des champignons. Leurs spores viennent infecter la plante en pénétrant dans ses tissus, causant le dépérissement des fruits.
Le mildiou “aérien”, Phytophthora infestans, attaque d’abord les feuilles. Elles arborent alors des taches jaunes, puis brunes et souvent bosselées, avant de contaminer les tiges et les fruits des tomates. Le mildiou terrestre, Phytophthora parasitica, apparaît plus tôt dans la saison que le mildiou “aérien” et se caractérise par des taches brunes à la base de la tige ainsi que sur les tomates proches du sol. Quand les conditions climatiques sont favorables, le mildiou se propage de manière foudroyante.
Il est préférable de miser sur des gestes préventifs pour échapper à cette maladie. L’idéal reste d’aérer au maximum les tomates, en espaçant correctement les plants tuteurés, de pratiquer la rotation des cultures, de cultiver sous abri, d’arroser au plus près du sol et d’éviter la proximité des pommes de terre, car elles peuvent transmettre cette maladie aux tomates. Certains traitements bio renforcent également les défenses naturelles des plantes, comme le purin de consoude, la décoction de prêle ou le macérât huileux d'ail. Si le mildiou est déjà installé, retirez délicatement toutes les parties aériennes touchées.
Comment lutter contre le mildiou de la tomate
L’oïdium et la pourriture grise
L’oïdium est une maladie cryptogamique déclenchée par deux agents pathogènes : Leveillula taurica et Oidium neolycopersici. La présence de l’oïdium, Leveillula taurica, se caractérise par l’apparition de taches jaunes sur la partie supérieure des feuilles de tomates, ainsi que un aspect blanc et poudreux sur la partie inférieure. L’oïdium Oidium neolycopersici, quant à lui, couvre toute la feuille, parfois la tige également, de taches blanches et poudreuses. Les zones infectées finissent par brunir et se dessécher. Mettez en œuvre toutes les mesures permettant de limiter au maximum les excès d’humidité : choisissez une exposition ensoleillée, espacez le plus possible les plants pour favoriser l’aération entre eux et arrosez au pied.
Favorisé par un excès d'humidité et un manque de lumière, le champignon Botrytis cinerea dévaste de nombreuses cultures légumières. La maladie du botrytis, ou pourriture grise, touche l’ensemble du plant de tomate. Toutes les parties aériennes de la tomate - tiges, feuilles, fleurs, fruits - peuvent être affectées, à tous les stades de développement. Quels que soient les organes touchés, les tissus se couvrent d’une dense moisissure grise très caractéristique. C’est un champignon dit « de faiblesse » et « de blessure », car il s’installe très souvent sur les parties malades et les plantes vieillissantes ou affaiblies.
Alternariose et autres pathologies cryptogamiques
Maladie cryptogamique causée par les champignons Alternaria solani ou Alternaria tomatophila, l’alternariose de la tomate apprécie les climats doux et humides. Cette maladie survient à tous les stades du développement de la tomate. Elle présente des taches sombres et arrondies sur le feuillage, ceintes d’un halo jaune plus ou moins vif, qui s’agrandissent en cercles concentriques. Contrairement au mildiou, l’alternariose attaque en premier les feuilles les plus âgées soit les plus basses. Le champignon se répand ensuite sur le reste de la plante, en taches grises ou brunes, et provoque des lésions circulaires noires à proximité du pédoncule et des sépales, sur les fruits.
Les troubles physiologiques : Nécrose et éclatement
La nécrose apicale, ou cul noir, est généralement causée par une carence en calcium localisée dans le fruit. Elle apparaît lorsqu'il y a un défaut d'absorption de cet élément par la plante. Cette affection physiologique et non parasitaire ne se propage pas dans la culture de tomates. Le cul noir de la tomate est facilement reconnaissable par les taches noires ou brunes sur la partie inférieure des fruits. La meilleure façon de traiter le cul noir de la tomate est de corriger la carence en calcium, d'éviter les excès d'azote et de veiller à la régularité des arrosages.
À la suite de brusques changements climatiques ou d’un excès d’eau, il arrive que les tomates se fendent ou éclatent. En effet, leur peau n’est pas suffisamment élastique pour supporter une croissance trop rapide du fruit. Outre le désagrément esthétique, l’éclatement des tomates ouvre la porte aux parasites et aux maladies. Un arrosage régulier, sans excès, combiné à un paillage suffit bien souvent à éviter ce problème.
Déficiences nutritionnelles et stress environnementaux
La chlorose se manifeste par une décoloration progressive des feuilles, de vert pâle à jaunâtre avec des nervures toujours bien vertes. Une feuille atteinte le restera, mais le plant touché peut encore produire des tomates. Apportez des engrais naturels adaptés au pied des plants touchés, et veillez à maintenir une régularité dans les arrosages. Les feuilles de mes pieds de tomate portent des bandes jaunes entre les nervures : les tomates souffrent d'une déficience en magnésium ou de chlorose ferrique.
Les pédoncules de mes tomates cultivées sous serre noircissent et les fruits tombent. De nombreuses maladies affectent les tomates lorsqu’elles sont cultivées dans un milieu défavorable. La perte des tomates peut être provoquée par une carence ou un amendement mal équilibré mais aussi par une culture sous une serre peu aérée dont la température dépasse 35 °C pendant la journée et subit une forte variation entre la nuit et le jour. Lors de la culture sous abris des tomates, il est important d’ombrer et de ventiler la serre ou le tunnel.

Ravageurs et maladies virales
De larges taches noires déprimées se répandent sur la base des fruits, c’est-à-dire à l’opposé des pédoncules. Il s'agit de nématodes (Meloidogyne incognita), de minuscules vers de moins de 1 mm qui vivent dans une terre humide et chaude. Ces anguillules rongent les racines qui se nouent en formant de petites boules. Si l'on veut préserver les plants, il faut pratiquer de longues rotations de culture. Une autre solution consiste à placer non loin des tomates des plantes qui éloignent ces vers comme les oeillets d'Inde, les tagètes ou les soucis.
La mosaïque du tabac est une maladie virale courante chez les tomates, causée par un virus du genre Tobamovirus. Cette maladie virale est transmise par le contact avec des plantes infectées, les outils de jardinage ou les mains sales, ou des insectes vecteurs. Les symptômes de la mosaïque du tabac sont l’apparition de tâches jaunes de formes irrégulières sur les feuilles et parfois les fruits eux-mêmes. Ces tâches peuvent se développer jusqu’à former des motifs en mosaïque caractéristiques.
Stratégies de gestion et sélection variétale
Oui, certaines variétés de tomates sont plus sensibles aux maladies que d’autres. La « Roma », et plus généralement les variétés de tomates allongées, est ainsi plus sensible à la pourriture apicale que d’autres variétés. Cependant, il est important de noter que les conditions de culture et la météo sont prépondérantes dans le développement des maladies. Les tomates hybrides peuvent être plus résistantes à certaines maladies que les variétés de tomates non hybrides, car les hybrides sont souvent sélectionnés pour leur résistance à certaines maladies. Cependant, cela ne signifie pas que toutes les variétés hybrides de tomates seront résistantes.
Enfin, il est important de noter que les maladies peuvent muter et devenir résistantes aux variétés hybrides. Par conséquent, il est important de combiner la culture de variétés résistantes avec d’autres pratiques de gestion sanitaire pour aider à minimiser les risques d’infection et de propagation des maladies, comme la rotation des cultures, le contrôle de l’irrigation et l’utilisation de méthodes de lutte biologique. En cas de doute, la surveillance est votre meilleur allié : inspectez les feuilles, éliminez les parties infectées et maintenez un environnement sain pour garantir une récolte abondante.