La Récolte des Algues Vertes en Bretagne : Enjeux, Réglementation et Perspectives

Plage bretonne avec des algues vertes échouées

Le littoral breton, immense jardin de la mer, abrite une biodiversité marine exceptionnelle, dont une multitude d'algues aux propriétés variées. Parmi elles, les algues vertes, bien que constituant un élément essentiel de l'écosystème marin, sont au cœur d'une problématique environnementale et sanitaire majeure lorsqu'elles prolifèrent de manière excessive, donnant lieu aux célèbres "marées vertes". Ce phénomène complexe, apparu en Bretagne dans les années 1970, est influencé par des facteurs multiples et imprévisibles, rendant sa gestion d'autant plus délicate.

Comprendre la Prolifération des Algues Vertes : Un Phénomène Multifactoriel

Les algues vertes, communément appelées "laitue de mer" (genre Ulva), se développent de manière excessive dans certaines zones côtières en raison de la combinaison de trois facteurs principaux. Dominique Davoult, spécialiste de la question, souligne l'importance des baies fermées et peu profondes, caractérisées par peu de courant. À cela s'ajoute une météo favorable, marquée par une température clémente et un ensoleillement suffisant, des conditions propices à la photosynthèse. Enfin, et c'est un point crucial, la présence en excès de nitrates dans les eaux est un facteur déterminant. Ces nitrates proviennent en grande partie des activités agricoles intensives, comme l'élevage de porcs et de poulets, particulièrement importants en Bretagne.

Même si les agriculteurs ont individuellement commencé à modifier leurs pratiques, notamment en limitant la fuite de lisiers dans le sol et les rivières, ils restent, selon Dominique Davoult, "prisonniers du système d’agriculture intensive". Les pluies abondantes au printemps peuvent également accentuer ce phénomène en favorisant le transfert des fertilisants agricoles vers les rivières et la mer. De plus, les algues s’auto-entretiennent : en se décomposant, elles libèrent leurs propres nitrates, contribuant à un cycle de prolifération même en cas de baisse des concentrations en nitrates extérieures. Ainsi, même si l’hiver, on a l’impression qu’elles disparaissent, elles restent tapies dans les zones où elles peuvent se développer, prêtes à repousser en quantité dès que les conditions redeviennent favorables au printemps suivant.

Les Conséquences Néfaste des Marées Vertes

La prolifération excessive des algues vertes entraîne des conséquences néfastes pour l'environnement et la santé publique. Les marées vertes, lorsqu'elles s'échouent en grande quantité sur les plages et commencent à se décomposer, génèrent des émanations d'ammoniac et, surtout, de sulfure d'hydrogène (H2S), un gaz très toxique à haute concentration. Les effets aigus de l'inhalation de ce gaz peuvent varier d'une simple gêne à un malaise grave, voire à un arrêt cardiaque dans les cas extrêmes. Le risque dépend de la quantité de gaz libérée et de la proximité de la source, les animaux et les enfants étant particulièrement vulnérables du fait de leur plus grande proximité avec le sol. Les autorités publiques ont mis en place des mesures de prévention des risques, car marcher sur ces algues échouées et crever la croûte formée en surface peut libérer subitement ces gaz dans l'atmosphère, présentant alors un réel danger. L'odeur, forte et désagréable, constitue un indicateur facile de l'état de fraîcheur des algues échouées et de leur potentiel de dangerosité.

Schéma des facteurs de prolifération des algues vertes et de leurs conséquences

Le Plan de Lutte contre la Prolifération des Algues Vertes (PLAV)

Face à ces enjeux, un Plan de Lutte contre la Prolifération des Algues Vertes (PLAV) 2022-2027 a été défini et adopté le 7 juin 2023. Ce plan est le fruit d'un travail de concertation mené par l’État et la Région Bretagne, en collaboration avec les Conseils départementaux des Côtes-d’Armor et du Finistère, l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, l’Agence Régionale de Santé et les collectivités des huit baies concernées. Le comité départemental du Plan de lutte contre les algues vertes, réuni le 22 mai, a permis de faire un point sur l’avancement des actions du plan et de dresser des perspectives. L’engagement et l’effort des agriculteurs et des autres partenaires est réel, en atteste la baisse de la teneur en nitrate des cours d’eau dans les bassins versants des algues vertes bretons. Pour renforcer cette dynamique, le préfet des Côtes-d’Armor a annoncé la fin de la période de mobilisation volontaire des agriculteurs dans la réduction des flux d’azote en septembre 2025, avant l’application de mesures réglementaires individualisées.

Actions Préventives au Flux de Nitrate

Le volet préventif du PLAV 3 est une priorité. Des zones soumises à contraintes environnementales (ZSCE) ont été mises en place en 2022 sur les huit baies algues vertes, dont trois dans les Côtes-d’Armor. Des arrêtés préfectoraux ont fixé des objectifs environnementaux à atteindre pour chaque zone d’ici septembre 2025. À cette date, l’État évaluera individuellement les exploitations agricoles sur la base de leur engagement dans des plans d’action et de l’atteinte des objectifs fixés. Bien que la teneur en nitrates dans les cours d’eau ait baissé entre 21 % et 30 % de 2010 à 2023 dans les bassins versants des baies algues vertes bretons, les progrès sont moins marqués ces dernières années. Sur 1 300 exploitations agricoles concernées, 20 % sont en bonne voie pour atteindre les objectifs fixés, 40 % sont en cours d’engagement, et 40 % n’ont encore entamé aucune démarche. L’État appelle donc les agriculteurs à se mobiliser d’ici septembre 2025 pour mettre en place des plans d’action et éviter des obligations réglementaires. Ceux qui se seront engagés continueront à bénéficier des dispositifs d’accompagnement, tels que les mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC) spécifiques aux baies algues vertes, les paiements pour services environnementaux (PSE), les chantiers collectifs pour la réalisation de semis précoces de couverts végétaux ou l’optimisation de la fertilisation, les aides aux investissements de résilience via le dispositif Région Bretagne Agri’invest, la prise en charge de diagnostics et de conseils, les dispositifs portant sur le foncier agricole, et les aides à la mise en place de talus et de haies dans le cadre du dispositif régional Breizh Bocage. Les structures de conseil agricole sont également appelées à sensibiliser les agriculteurs et à les aider à établir ces plans d’action.

Carte des baies bretonnes concernées par les algues vertes

Ramassage et Traitement des Algues Échouées

Afin de réduire les risques pour la santé, des actions de ramassage systématique des algues échouées sur les plages sont mises en œuvre. Les collectivités sont compétentes pour le ramassage, et l’État finance à 100 % le coût supporté par les collectivités sur le ramassage et à 50 % le traitement des algues vertes. En 2024, un peu plus de 14 000 tonnes ont été ramassées dans les Côtes-d’Armor, un chiffre qui se situe dans la fourchette basse observée ces dernières années. L’État a soutenu les collectivités territoriales à hauteur de 1,11 millions d’euros en 2024 pour ces opérations. En 2025, dans les Côtes-d’Armor, les opérations de ramassage ont démarré début mai dans les baies de la Lieue de Grève et de Saint-Brieuc, avec 150 tonnes déjà ramassées.

Une fois ramassées, les algues sont stockées dans des dépôts où elles vont sécher avant d’être incinérées. Une autre option est la valorisation des algues pour produire de l'énergie grâce à de grands méthaniseurs. Cependant, Dominique Davoult met en garde contre cette "fausse bonne idée", car nettoyer les plages avec des tracteurs et ramasser le sable superficiel endommage le milieu naturel et bouleverse l'écosystème. Une solution moins problématique serait que chaque élevage possède un petit méthaniseur pour produire du méthane et de l’énergie directement à partir du lisier. Les algues vertes peuvent également être épandues sur des parcelles d'agriculteurs volontaires. Chaque parcelle recensée ne reçoit des algues que tous les 5 ans (pour des parcelles céréalières) et tous les 3 ans (pour les parcelles en herbe). Les algues doivent être enfouies sur ces parcelles dans les 48h, ce qui permet d'enrichir le sol en sable riche en oxyde de calcium et d'apporter de l'azote. Les agriculteurs paient 1€ par m3 pour bénéficier de cet apport.

LE MÉMO DE COLINE EP#3 - Les algues vertes, un désastre écologique et social ?

Expérimentation de Méthodes Alternatives de Ramassage

Dans le cadre du PLAV 3, le volet curatif fait l’objet d’un renforcement avec le déploiement de solutions de ramassage d’algues alternatives dans certaines zones difficiles d’accès. Suite à un premier test concluant en juin 2024, une expérimentation du BeachTech 5500 est menée en 2025 par Saint-Brieuc Armor agglomération sur deux sites de la commune d’Hillion (Saint-Guimond et l’Hôtellerie), représentant 0,6 hectares. Il s’agit d’un engin de ramassage léger et auto-porté qui permet de collecter de faibles échouages sur des plages peu portantes où le ramassage classique est impossible, afin de réduire le risque de forte putréfaction. Cette expérimentation est accompagnée d’une étude d’impact environnementale dans le périmètre de la Réserve naturelle nationale de la Baie de Saint-Brieuc. La location de la machine et son utilisation sont financées à 100 % par l’État et l’étude d’impact environnementale à 80 % également par l’État.

Les premières expérimentations du bateau Efinor Sea Cleaner en 2022 et 2023 ont conduit à des adaptations pour lui permettre de collecter des algues vertes dans des eaux peu profondes et des endroits moins accessibles. Le bateau, désormais doté de roues, réalisera des tests au large de l’anse de Morieux en 2025.

Surveillance Sanitaire et Information de la Population

Le volet sanitaire du nouveau PLAV, porté par l’Agence Régionale de Santé (ARS), vise à surveiller et informer sur le risque sanitaire engendré par la putréfaction des algues vertes. Dans ce cadre, l’ARS Bretagne, en lien avec Air Breizh, a déployé, depuis 2022, un réseau de capteurs d’hydrogène sulfuré (H2S) dans les "baies algues vertes" bretonnes sur des secteurs susceptibles de présenter des risques d’émanation. L’information des populations est assurée avec la mise à disposition des concentrations mesurées via le site internet d’Air Breizh.

En 2024, la campagne de surveillance sanitaire (du 1er juin au 31 octobre) a enregistré trois jours de dépassement du seuil d’alerte fixé à 1 ppm sur le site de Saint-Guimond à Hillion. En 2023, six dépassements avaient été constatés sur deux sites de cette même commune (Saint-Guimond et L’Hôtellerie). Lors de ces épisodes, la procédure de gestion des alertes a été activée, en lien avec la mairie, l’ARS et les services de l’État, et les sites ont été fermés au public. En 2025, le suivi des concentrations en H2S est réalisé du 15 mai au 15 octobre. Le dispositif de surveillance comprend 10 capteurs répartis sur les trois "baies algues vertes" des Côtes-d’Armor (La Lieue-de-Grève, Saint-Brieuc et La Fresnaye).

Capteur de sulfure d'hydrogène sur une plage

Le Bilan et la Situation Actuelle des Échouages (Mai-Juillet)

Le suivi des échouages d’algues vertes est confié au Centre d’Étude et de Valorisation des Algues (CEVA). Chaque mois d’avril à octobre, le CEVA effectue un survol des différentes baies bretonnes pour établir la situation des échouages.

Tout comme en 2023, l’année 2024 a été marquée par un démarrage tardif des échouages. Cette année tardive et relativement peu intense jusqu’en septembre a engendré un cumul annuel inférieur de 17 % par rapport au niveau moyen sur 2002-2023 sur l’ensemble de la région, mais avec des situations locales très différentes. La baie de Saint-Brieuc, dont les échouages étaient proches de la moyenne en juin, a ensuite vu un repli des dépôts aux mois de juillet et août, avant de finir sur une situation supérieure à la moyenne en octobre. Le niveau des échouages de cette baie est néanmoins resté en 2024 conforme à la moyenne des mesures 2002-2023. Les échouages ont démarré tardivement dans la baie de Saint-Michel-en-Grève. Relativement peu élevés en juillet et août, ils ont été maximums et intenses en octobre, aboutissant finalement à un cumul de 25 % inférieur à la moyenne 2002-2023. Enfin, la baie de la Fresnaye, essentiellement concernée par la présence d’algues brunes filamenteuses, n’a pas connu en 2024 de prolifération d’algues vertes.

D’après le dernier survol opéré par le CEVA le 15 mai 2025, la surface régionale a fortement augmenté depuis avril en lien avec des conditions de fort ensoleillement à une période où les nutriments ne limitent pas la croissance des algues. La baie de Saint-Michel-en-Grève présente ainsi un niveau élevé de présence d’algues vertes et la baie de Saint-Brieuc, malgré une reconduction peu importante et un démarrage tardif en avril, a connu une augmentation importante en mai. Néanmoins, la surface est probablement inférieure de 10 à 20 % au pluriannuel (évaluation en cours). Sur la baie de la Fresnaye, aucune présence d’algue verte n’a été repérée (algues brunes filamenteuses). La situation régionale de mai 2025 serait proche de la moyenne des dernières années. Les opérations de ramassage pour 2025 ont donc débuté début mai dans les baies de la Lieue de Grève et de Saint-Brieuc, avec 150 tonnes déjà ramassées. Le phénomène des algues vertes reste un défi constant pour le littoral breton.

La Cueillette des Algues Comestibles : Une Pratique Encadrée et Responsable

Au-delà des problématiques liées aux marées vertes, les algues marines représentent une ressource alimentaire précieuse et sont de plus en plus intégrées à notre régime alimentaire. Brunes, vertes, rouges… Toutes les algues sont comestibles ! Toutefois, pour une cueillette durable et sûre, il est essentiel de respecter un ensemble de bonnes pratiques et une réglementation précise.

Personnes cueillant des algues à marée basse

Reconnaître les Algues Comestibles et Leurs Périodes de Récolte

Dans l'immense jardin de la mer, apprenez à reconnaître la dulse, le nori, le kombu… Parmi les algues les plus répandues sur le littoral breton et utilisées en cuisine, on trouve la dulse (Palmaria palmata), reconnaissable à sa couleur rouge claire lorsqu’elle est jeune et qui devient plus sombre en vieillissant, l'ulve (Ulva lactuca), ou laitue de mer, de couleur verte et à la texture souple, le kombu breton, le kombu royal (Saccharina latissima), une laminaire charnue et croquante de couleur brune, le nori, une algue rouge à la texture très fine et souple, et l'himanthale. Hugo Morel, fou d'algues et consultant cuisiner de l'entreprise Bord à bord, explique comment les choisir et les conserver.

La cueillette des algues est soumise à une réglementation, tout comme la pêche des coquillages et crustacés. Un calendrier réglementaire est mis à jour annuellement pour déterminer les dates de cueillette de certaines algues. Par exemple, la dulse est autorisée du 1er avril au 31 décembre, bien que des études récentes aient montré l'importance du mois d'avril pour sa croissance, amenant les professionnels à modifier leurs pratiques. Le nori peut être récolté du 1er mai au 15 novembre. Pour le kombu, il n’y a pas de date réglementaire, mais le spaghetti de mer doit mesurer au minimum 80 cm de longueur.

Bonnes Pratiques de Récolte et de Conservation

La cueillette s’effectue à marée basse, idéalement environ 1 heure avant la marée basse, lors des grandes marées (coefficient minimum 80). Il est vital de ne jamais partir pieds nus en raison des risques (morceaux de verre, cailloux saillants, coquillages cassés). Pour préserver la ressource, il est impératif de couper l’algue au-dessus de son crampon, cette base qui la fixe au rocher. Une algue n’a pas de racines, elle est accrochée à son lieu de vie grâce à un crampon qui fabrique une colle ultra puissante. Il faut laisser une partie de l'algue en place pour assurer sa reproduction et une récolte fructueuse l’année suivante. De même, on ne récolte que ce que l’on pourra manger pour éviter le gaspillage.

Il est crucial de ne pas récolter les algues échouées sur le sol, car elles peuvent être impropres à la consommation et sont déjà en phase de décomposition. Les algues à consommer doivent toujours être accrochées aux rochers. Ne déplacez ou ne retournez pas les rochers, car de nombreux organismes marins s'y cachent et dépendent de leur position. Il faut également éviter de rincer les algues à l'eau douce pour éviter le choc osmotique qui les endommagerait. L'utilisation d'une faucille, d'un couteau bien aiguisé ou d'un ciseau est recommandée pour une coupe nette.

Concernant la conservation, plusieurs méthodes sont possibles :

  • Salaison : Déposer les algues dans une passoire, les rincer si nécessaire avec une eau salée à 35g de sel/litre d’eau. Ajouter 3 à 4 poignées de gros sel marin et remuer, en ajoutant du sel tant que celui-ci "fond", jusqu'à ce que les grains de sel restent visibles. Cette méthode, utilisée par de nombreux professionnels, permet d’attendrir la texture, d’affiner et d’exhausser les saveurs, mais nécessite un grand réfrigérateur.
  • Déshydratation : Sécher les algues en dessous de 40°, soit sur un fil à linge par beau temps, soit dans un déshydrateur. Une fois déshydratées, elles se conservent longtemps et délivrent une saveur brute.
  • Sous vide : Mettre les algues entières dans des sacs étanches en faisant un vide d’air avant de fermer. Cette méthode est simple au retour de pêche, mais la texture peut parfois être très croquante voire "dure", et les saveurs assez "plates".

Il est recommandé de se renseigner sur la qualité sanitaire du site de cueillette et d'éviter de récolter à proximité de sources de pollution. En Bretagne, les gisements d’algues ne sont pas soumis aux mêmes classements sanitaires que les coquillages car les algues ne sont pas sensibles aux contaminations bactériennes ou virales. Il est également important de noter que toutes les macro-algues fraîches que vous pourrez récolter sont comestibles, et les études récentes réalisées en Bretagne démontrent l’absence de risque lié à la présence de métaux lourds dans les algues récoltées en milieu sain.

Les Algues Comestibles et Leurs Bienfaits

Les algues, autrefois utilisées comme engrais agricoles ou produits pharmaceutiques, sont aujourd'hui reconnues pour leurs qualités nutritionnelles exceptionnelles. Elles nous fournissent en oxygène (jusqu’à 90 % de la production de notre planète), filtrent et retiennent les meilleurs éléments de la mer, qu’elles peuvent concentrer jusqu’à mille fois. Elles contiennent plus de quatre-vingts éléments bénéfiques pour la santé et pourraient fournir 80 % de l’alimentation mondiale. Riches en minéraux, en vitamines, en acides aminés, en protéines et en antioxydants, les algues marines sont de véritables super-aliments.

Par exemple, le nori est très riche en protéines (plus de la moitié de son poids sec), en minéraux et en fibres (un tiers de son poids sec). Elle contient tous les acides aminés nécessaires au corps humain, trois fois plus de fer que les fruits de mer et est 14 fois plus riche en vitamine A que la carotte. La dulse est très riche en protéines, en minéraux, en potassium et en vitamine B. Elle a la particularité d’être antibactérienne, antifongique et d’éviter la prolifération des cellules malades. Sa capacité à gélifier le lait est également utilisée dans l’industrie alimentaire. Le kombu royal, quant à lui, est chargé en iode et doit être utilisé avec parcimonie.

La récolte d’algues en Bretagne est une activité ludique et accessible à tous, mais l'utilisation des algues récoltées en loisir doit être strictement non commerciale et se limiter au cercle familial. Pour commercialiser un produit contenant des algues récoltées, il faut être titulaire d’une licence de récolte professionnelle.

LE MÉMO DE COLINE EP#3 - Les algues vertes, un désastre écologique et social ?

Les Plantes Sauvages Comestibles du Littoral

Au-delà des algues, le sentier côtier offre également l'opportunité d'une petite cueillette responsable de plantes sauvages comestibles. Souvent considérées à tort comme des mauvaises herbes, ces plantes peuvent parfumer vos plats de saveurs insoupçonnées. Cependant, cette activité exige une certaine prudence. Avant toute récolte, il est impératif d'être sûr à 100% d'avoir bien identifié la plante, car les confusions peuvent s'avérer dangereuses pour la santé.

Il est recommandé de cueillir les plantes en hauteur, à l’abri des déjections des animaux (chiens, renards…). Pour préserver la ressource, on ne récolte que ce que l'on pourra manger et uniquement la partie de la plante qui sera utilisée (feuilles, baies ou fleurs). Certaines plantes sont protégées, leur récolte peut être interdite ou limitée, il convient donc de se renseigner au préalable sur la législation locale. Enfin, il faut toujours rincer les plantes sauvages récoltées dans la nature avant toute utilisation.

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