Le bambou est une plante fascinante, prisée pour son allure exotique, ses cannes parfois colorées et son fin feuillage persistant qui bruisse au moindre souffle de vent. Dans votre jardin, elle peut servir en tant que grande plante ornementale ou pour réaliser une clôture afin de vous préserver des regards indiscrets. Le bambou est également une plante qui donne du bois utilisé dans la fabrication des meubles et des parquets. D'autant que sa croissance rapide le rend souvent incontournable dans les haies. Cette popularité pousse tout amateur de bambou à être tenté de le multiplier pour obtenir de nouveaux sujets à planter ailleurs dans son jardin ou à offrir à ses proches ou voisins.
Cependant, la multiplication des végétaux est un art qui requiert précision et connaissance des spécificités de chaque plante. Si en matière de multiplication de végétaux, plusieurs techniques existent (bouturage, marcottage, greffage, division de touffes), le bambou, en particulier le "vrai" bambou, présente des particularités. Contrairement à certaines idées reçues, le bambou n'est pas une plante semi-aquatique et il ne développe pas de racines à partir d'un morceau de tige mis dans l'eau. Pour les vrais bambous, la division de rhizomes est la méthode privilégiée. Cet article détaillera les différentes approches pour multiplier le bambou, en distinguant clairement les techniques adaptées aux bambous véritables de celles qui fonctionnent pour les plantes qui en portent le nom sans en être.
I. Comprendre le Bambou et ses Spécificités pour la Multiplication
Avant de se lancer dans la multiplication, il est essentiel de bien connaître la plante que l'on souhaite propager. Le terme "bambou" recouvre en réalité une grande diversité de graminées, chacune avec ses propres caractéristiques et exigences.
A. Le Bambou : Une Graminée aux Multiples Atouts
Le bambou séduit par sa croissance rapide et son feuillage persistant, apportant une touche d'exotisme au jardin. Les cannes des bambous, avec leur robustesse et leur esthétique variée, sont non seulement appréciées pour leur rôle ornemental mais aussi pour leurs usages pratiques. Leur bois est utilisé dans la fabrication de meubles et de parquets, et les plantes elles-mêmes sont idéales pour créer des haies ou des écrans végétaux qui préservent des regards indiscrets. Multiplier cette plante permet d'agrandir sa collection sans frais supplémentaires tout en conservant les caractéristiques des variétés appréciées.
B. Les Rhizomes : Cœur de la Multiplication du Bambou
La spécificité des bambous réside dans leur système racinaire particulier. Les bambous sont des graminées dotées d'un système racinaire qui se développe à partir de rhizomes, lesquels sont en fait des tiges souterraines. Ces rhizomes diffèrent des racines par leur horizontalité et leur capacité à produire à la fois des tiges aériennes (les cannes) et des racines.
Dans leur très grande famille, les bambous se différencient principalement par leur type de rhizomes :
- Les bambous leptomorphes (dits traçants) : Ces variétés ont des rhizomes longs et minces. Ils ont tendance à l'envahissement, tout simplement parce que leurs rhizomes produisent tout à la fois de nouvelles cannes et de nouveaux rhizomes. De plus, ils poursuivent leur développement sous le sol, parfois jusqu'à 5 mètres en une année pour les variétés les plus prolifiques. Des espèces comme les Phyllostachys, les Pleioblastus, les Sasa et Pseudosasa, ou les Arundinaria entrent dans cette catégorie. Pour les contenir et éviter qu'ils n'aillent envahir le jardin du voisin, la pose d'une barrière anti-rhizomes est obligatoire. La division des rhizomes constitue la technique la plus courante pour multiplier les bambous traçants.
- Les bambous pachymorphes (dits non traçants ou cespiteux) : En revanche, les rhizomes non traçants des bambous cespiteux ne produisent pas de nouveaux rhizomes de la même manière et se développent de façon ramassée, formant une touffe compacte. Les différentes variétés de Fargesia entrent dans cette catégorie. Pour ces derniers, le prélèvement de rhizomes individuels n'est pas possible de la même manière.
La manière la plus simple de multiplier des bambous est donc la bouture des rhizomes, qui est en fait l'équivalent de la division de touffes pour les vivaces.

C. Distinction entre Vrais Bambous et "Faux" Bambous
Il est crucial de lever une confusion fréquente : la "bouture de bambou" est une expression souvent utilisée de manière impropre. Pour les vrais bambous, on privilégiera la division des rhizomes, plutôt que le bouturage dans l'eau. Le bambou n'est pas une plante semi-aquatique et il ne développe pas de racines à partir d'un morceau de tige placé dans l'eau. La réponse est non, même si le bambou est une plante vivace qui aime beaucoup l’eau, il n’est pas possible de le développer avec une technique de bouturage dans l’eau pour la plupart des espèces.
Cependant, il existe des plantes qui sont communément appelées "bambou" en raison de leur ressemblance visuelle ou de leur mode de culture, mais qui n'en sont pas botaniquement. Pour ces "faux bambous", le bouturage dans l'eau ou de tige est une méthode très efficace :
- Le Lucky Bamboo (Dracaena sanderiana) : On l’appelle aussi le bambou porte-bonheur. En réalité, il ne s’agit pas d’un bambou mais d’un Dracaena, donc de la même famille que cette belle plante d’intérieur.
- Le Bégonia Bambou (Begonia maculata) : Il s’agit d’un bégonia et non d’un bambou. Mais sa multiplication est si facile à réussir qu’il est surnommé bégonia bambou.
- Le Bambou Sacré (Nandina domestica) : Le Nandina n’est pas non plus un bambou ! Pour autant, ses feuilles qui ressemblent fortement à celles du bambou lui ont valu cette appellation de Bambou sacré.
La bouture du bambou ne réussit vraiment que pour les plantes qui ne sont pas réellement des bambous mais qui en ont l'appellation par leur ressemblance.
II. La Division des Rhizomes : La Méthode Reine pour les Vrais Bambous
La manière la plus simple de multiplier des bambous est la division des rhizomes. C'est en fait l'équivalent de la division de touffes pour les vivaces, une technique simple et efficace. Il s'agit de prélever un tronçon du rhizome et de le replanter ailleurs.
A. Quand et Comment Intervenir : Les Précautions Essentielles
Plusieurs précautions s'imposent pour assurer le succès de cette opération :
- Période d'intervention : Intervenez en fin d'hiver, idéalement au mois de mars, ou éventuellement en automne. Ce sont deux périodes pendant lesquelles le bambou est en dormance mais les bourgeons sont latents, offrant des conditions optimales pour l’enracinement des boutures de bambou. On peut diviser le bambou toute l’année, cependant, il est plutôt conseillé de le faire au tout début du printemps (février-mars, en fonction des régions). En effet, à cette période la plante n’a pas encore formé les nouveaux rejets, qu’on appelle turions. Il est préférable d'éviter de diviser les bambous durant l'hiver, car le sol est trop dur et il est plus difficile d’extraire les turions. Évitez absolument la période à laquelle le bambou produit de nouveaux turions, car ils sont visibles et affleurent au niveau du sol. De même, évitez les périodes de gel et les épisodes de canicule. Programmez votre intervention après un épisode pluvieux pour que le sol ne soit pas trop sec et puisse être facilement creusé.
- Âge du bambou : Ne multipliez que les bambous âgés d'au moins 3 ans afin qu'ils aient le temps de s'installer et de développer un système racinaire robuste. Les bambous âgés d’au moins trois ans se prêtent mieux au bouturage.
- Conditions météorologiques : Faites ce bouturage de bambou par temps pas trop chaud. Arrosez bien pour que le sol soit suffisamment humide pour faciliter le prélèvement des rhizomes si le sol est sec.
- Outils : Préparez vos outils. Il faut avoir une bêche solide et bien aiguisée car les rhizomes sont parfois très coriaces. Un sécateur bien aiguisé, propre et désinfecté est également indispensable, ainsi qu'une scie pour les rhizomes plus épais. L'utilisation d'outils propres est indispensable pour prévenir les maladies et éviter d'endommager inutilement la plante mère et la bouture, ce qui pourrait compromettre la reprise.
B. Multiplication des Bambous Traçants (Leptomorphes)
Pour les bambous traçants, la technique de division est relativement directe, bien qu'elle nécessite de la force.
- Préparation des trous de plantation : Avant de prélever une motte, il est primordial de préparer leur transplantation. Creusez vos trous de plantation aux endroits sélectionnés d'au moins 25 à 30 cm de profondeur. Ameublissez le fond du trou et faites un apport de compost bien décomposé pour enrichir le sol. Si la variété de bambous est traçante, c’est aussi le moment d’installer une barrière anti-rhizome pour limiter la croissance de ce bambou en devenir.
- Prélèvement de la motte : Repérez une ou plusieurs chaumes qui auraient poussé loin du pied mère. Avec une bêche tranchante, d'un coup sec, coupez le rhizome entre le pied mère et la nouvelle canne. Il peut être utile d'avoir sous la main un sécateur ou une scie, afin de couper proprement les rhizomes trop vigoureux pour la bêche. Déterrez la motte autour de la canne. Raccourcissez les chaumes en gardant quelques nœuds. La division d'un bambou traçant peut se pratiquer quasiment toute l'année, en évitant, bien-sûr, les périodes de gel et les épisodes de canicule.
- Replantation : Replantez immédiatement le bambou issu de la division dans le trou préparé. Complétez le rebouchage du trou avec la terre extraite, arrosez pour que la terre adhère bien au rhizome et tassez. L’arrosage doit être fréquent et régulier les semaines suivantes.
- Alternative par tronçon de rhizome : Choisissez un rhizome qui a entre 2 et 4 ans. Coupez dans le rhizome un tronçon d’une trentaine de centimètres. Ensuite, il est préférable de bouturer ce tronçon de rhizome dans un pot. Procédez ensuite à des arrosages réguliers, tous les 10 jours environ, sans excès pour ne pas risquer de faire pourrir votre future plante. Il est également possible de procéder au bouturage de votre bambou directement en pleine terre.
C. Multiplication des Bambous Non Traçants (Pachymorphes - Fargesia)
Pour les bambous non traçants, comme le Fargesia, le prélèvement de rhizomes individuels n'est pas possible. Vous cultivez une variété de bambou non traçant, comme un Fargesia, et vous souhaitez le multiplier ? Sachez que c’est tout à fait possible par division de la souche.
- Prélèvement de la motte : Il va falloir en effet creuser (avec délicatesse) autour de la motte pour arracher un morceau de bambou comportant des cannes et des racines. Pour ce faire, il est préférable d'utiliser une bêche bien affûtée pour éviter d'abîmer les rhizomes. Ensuite, il va vous falloir sectionner une motte avec 4 ou 5 cannes. Utilisez un sécateur bien aiguisé, propre et désinfecté. La technique est identique à celle requise pour le bambou traçant, avec une différence majeure puisque vous ne pourrez pas récupérer une jeune canne un peu à l'écart du pied mère.
- Replantation : Enfin, il ne vous reste plus qu'à replanter la motte sélectionnée, suivant les consignes précédentes. Faites un trou un peu plus profond que la motte et ameublissez bien le fond du trou. Ajoutez du compost, arrosez copieusement et paillez le sol. Le Fargesia est idéal à cultiver en pot car il est cespiteux et ne partira pas à l'assaut de tout votre jardin.
Comment diviser le bambou
D. Division des Bambous en Pot
Si vous cultivez vos bambous en pot, la technique est assez similaire à la division des touffes, mais adaptée à un espace contraint :
- Préparation : Remplissez les nouveaux pots à moitié de terreau auquel vous pouvez ajouter un engrais riche en azote à diffusion lente. Humidifiez la motte en l'arrosant.
- Procédure : Sortez la motte de bambou de son pot et couchez-la. À l'aide d'une scie, divisez la motte en 2 ou 3 parties. Coupez légèrement les petites racines avec un sécateur.
- Replantation : Installez la motte prélevée dans le pot en prenant la précaution de bien tasser la terre pour éviter les bulles d'air. Remplissez le pot avec le reste de terre et tassez à nouveau. Arrosez copieusement.
III. Le Bouturage de Tige : Une Option pour Certains Bambous Tropicaux
Alors que la division de rhizomes est la méthode de prédilection pour la plupart des vrais bambous, une forme de bouturage de tige est possible pour des variétés spécifiques.
A. Les Variétés Concernées
Seuls les bambous d'origine tropicale comme les Bambusa ou les Dendrocalamus se bouturent à partir d'un morceau de chaume. En effet, ces chaumes disposent de bourgeons nodaux, ce qui permet l'enracinement. Le bouturage à partir des chaumes offre une alternative simple, même sans matériel spécialisé.
B. La Technique de Bouturage de Chaume
Pour réussir le bouturage de tige de ces bambous tropicaux, suivez ces étapes :
- Choix de la bouture : Choisissez un chaume jeune de moins d’un an. Chaque morceau devrait avoir au moins 3 ou 4 nœuds. Il s’agit des ronds qui entourent la tige. Une longueur de tige minimale de 25 centimètres est recommandée. La coupe doit comprendre au moins deux épaississements et deux parties lisses entre eux.
- Préparation de la bouture : Enlevez les feuilles à la base. Vous pouvez également couper le sommet et le débarrasser de ses feuilles. Vous devrez le faire à l’une des extrémités de la bouture. Utilisez un couteau tranchant ou un sécateur.
- Mise en culture : Enterrez, à l'horizontale et à une profondeur de 10 cm, ce morceau de canne dans un mélange de terreau et de sable. Alternativement, vous pouvez planter la bouture dans un pot rempli de terreau enrichi. Enfoncez le bambou dans le terreau de façon à enterrer complètement un nœud. Le nœud devrait être complètement recouvert afin d'offrir la plus grande surface possible pour la croissance des racines.
- Conditions idéales : Le pot sera maintenu à une température de 20 °C. L'emplacement doit être chaud et hors de la lumière directe du soleil. Le terreau devrait être saturé d’eau sans être boueux. Ainsi, le plant disposera d’un supplément pendant la croissance des racines dans le sol.
- Suivi : Vous devrez aussi les arroser quotidiennement. Au bout de 4 à 6 semaines, la prise de la bouture doit être effective et vous observerez une poussée du plant sur une hauteur notable et l’apparition de feuilles aux nœuds.
- Transplantation : Dès que les racines auront atteint une longueur de 5 cm, vous pourrez transplanter le plant dans un autre pot ou dans votre jardin. Ainsi, il pourra continuer sa croissance.
IV. Le Marcottage : Exploiter la Croissance Naturelle
Le marcottage est une méthode de multiplication qui exploite la capacité naturelle du bambou à développer des racines au contact du sol. C'est une technique douce et souvent très efficace.
A. Principes du Marcottage
Cette méthode consiste à provoquer l'enracinement d'une tige encore attachée à la plante mère avant de la séparer. Cela minimise le stress pour la nouvelle pousse, car elle continue de bénéficier des nutriments de la plante mère pendant le processus d'enracinement.
B. Étapes Clés
Pour réaliser un marcottage réussi :
- Choix de la tige : Il suffit de choisir une tige souple et saine sur le plant mère.
- Procédure : Pliez cette tige pour qu’elle touche la terre. Recouvrez ensuite la zone de contact avec du sol pour stimuler l’enracinement. Vous pouvez la fixer au sol avec un crochet ou un poids léger.
- Entretien : Il convient de maintenir le contact pendant plusieurs semaines. Surveillez le drainage pour éviter la pourriture des racines, car l’excès d’eau décompose les rhizomes et compromet la reprise. Un arrosage modéré sans stagnation d’eau favorise le développement des jeunes plants. L’apport de compost ou d’amendement organique comme la corne broyée stimule la formation des racines.
- Avantages : Plusieurs marcottages simultanés augmentent les chances de réussite. L'exposition directe au soleil est à éviter, car elle brûle les boutures fragiles.
- Séparation : Une fois que la tige a développé un système racinaire suffisant, elle peut être coupée de la plante mère et replantée comme un individu à part entière.

V. Multiplier les "Faux Bambous" : Quand le Bouturage dans l'Eau Fonctionne
Comme mentionné précédemment, de nombreuses plantes sont appelées "bambou" sans en être. Pour ces espèces, les techniques de bouturage sont souvent différentes et peuvent inclure la propagation dans l'eau, une méthode inefficace pour les vrais bambous.
A. Le Lucky Bamboo (Dracaena sanderiana) : Le Maître du Bouturage Aquatique
On l’appelle aussi le bambou porte-bonheur. En réalité, il ne s’agit pas d’un bambou mais d’un Dracaena, donc de la même famille que cette belle plante d’intérieur. Très associé au Feng-Shui, le lucky bambou par sa forme (ses tiges forment une spirale à leur sommet), sa couleur et par son nombre de tiges participe à la diffusion d’énergies positives. Contrairement aux bambous réputés pour leur croissance rapide, le bambou d’intérieur se développe lentement. Il peut vivre toute sa vie les pieds dans l’eau et pour bien se développer, il réclame une bonne luminosité, sans pour autant aimer le soleil brûlant.
- Comment le bouturer dans l’eau ? Coupez un morceau de tige sain, bien vert et qui porte un nœud (un anneau). Mettez-le dans un bocal en verre transparent avec quelques galets décoratifs pour stabiliser l’ensemble. Placez votre bouture à la lumière mais pas sous un soleil direct. Changez l'eau régulièrement (tous les deux jours) et veillez à ce que la température au niveau de la bouture ne soit pas trop basse (au moins 13 degrés Celsius). Pourquoi changer l'eau si souvent ? Une bouture de bambou a besoin de beaucoup d'oxygène et dans une eau stagnante, cet oxygène disparaît rapidement. Préférez toujours de l’eau de pluie.
- Replantation ou culture aquatique : Une fois que la bouture a développé suffisamment de racines et que de nouvelles feuilles sont apparues, vous pouvez le planter dans un pot de terreau de qualité, bien drainant et que vous devrez garder humide, mais toujours sans excès. Vous pouvez aussi garder la bouture dans son bocal en verre, en refaisant le niveau d’eau régulièrement.
B. Le Bégonia Bambou (Begonia maculata) : Facilité de Multiplication
Il s’agit d’un bégonia et non d’un bambou. Mais sa multiplication est si facile à réussir qu’il est surnommé bégonia bambou.
- Technique : Coupez un bout de tige saine, portant plus de 3 belles feuilles. Ôtez les feuilles à la base, conservez celles au sommet. Mettez cette bouture à tremper dans un verre d’eau de pluie, que vous renouvellerez régulièrement. Au bout de quelques semaines, des racines vont se former.
- Replantation : Lorsque celles-ci seront suffisamment grandes, vous pourrez repiquer votre bouture dans un petit pot de terre, rempli de terreau spécial bouturage. Vous poursuivrez les arrosages sans toutefois détremper la terre. La meilleure période pour bouturer le bégonia bambou est le printemps jusqu’au début de l’été.
C. Le Bambou Sacré (Nandina domestica) : Une Autre Fausse Appellation
Le Nandina n’est pas non plus un bambou ! Pour autant, ses feuilles qui ressemblent fortement à celles du bambou, lui ont valu cette appellation de Bambou sacré.
- Technique : Coupez plusieurs tronçons de tige saine et feuillue, d’une dizaine de cm de longueur. Plongez l’extrémité de chaque tige, débarrassée de ses feuilles, dans de la poudre d’hormone de bouturage. Placez-les à l’étouffée (avec un film plastique par exemple ou dans une serre à semis), et à la lumière.
- Replantation : Une fois que des racines apparaîtront, vous pourrez les repiquer dans de petits pots. Suivez leur évolution et attendez que la plante soit suffisamment forte et développée avant de la replanter à l’extérieur (attendez au moins 2 ans). Vous pouvez aussi multiplier le Nandina par semis.

VI. Conseils Généraux pour la Réussite de la Propagation du Bambou
Indépendamment de la méthode choisie et du type de bambou, certains principes fondamentaux garantissent une meilleure reprise et un développement sain des jeunes plants.
A. L'Hygiène et les Outils
La propreté des outils est primordiale. Travaillez toujours avec des outils propres et tranchants. Ceci est indispensable pour prévenir les maladies et les infections fongiques qui pourraient compromettre la bouture ou la plante mère. Il est également recommandé d'utiliser un sécateur à lame tranchante. Sinon, vous endommagerez inutilement la plante mère et la bouture. De ce fait, la bouture ne prendra pas bien racine et vous n'obtiendrez pas un bon résultat. Si vous employez de l’eau de Javel pour désinfecter, diluez-la avec de l’eau à raison de 1 part pour 32 parts d’eau (par exemple, 1 cuillère à soupe d'eau de Javel pour 32 cuillères à soupe d'eau).
B. Le Sol et le Substrat
Le choix du substrat est crucial. Utilisez un terreau de qualité, bien drainant. Pour enrichir le sol, un apport de compost bien décomposé ou d’amendement organique comme la corne broyée peut stimuler la formation des racines. Pour les boutures en pot, le terreau devrait être saturé d’eau sans être boueux, offrant ainsi au plant un supplément pendant la croissance des racines dans le sol. Veillez à bien l’humidifier, mais sans pour autant la transformer en boue.
C. L'Eau et l'Arrosage
Le bambou est gourmand en eau et l'arrosage est vital pour les boutures.
- Fréquence : Il est primordial d'arroser régulièrement après la transplantation d'un rhizome ou d'une motte afin de garantir une bonne reprise. Ne laissez pas la terre se dessécher entre deux arrosages.
- Quantité : Arrosez bien, mais pour autant il est inutile de noyer le plant au risque de faire pourrir le bambou ou le rhizome. Évitez aussi d’avoir de l’eau stagnante à la surface. Une grande quantité d’eau entraînera la pourriture du rhizome. Vérifiez quotidiennement l’humidité avec votre doigt.
- Cas particulier : Remplissez la tige de la bouture d'eau. Ainsi, la plante dispose toujours d'une réserve.
- Bouturage dans l'eau : Changez l'eau des boutures aquatiques tous les deux jours pour éviter qu'elle ne stagne et perde son oxygène rapidement, car une bouture de bambou a besoin de beaucoup d'oxygène.
D. Lumière et Température
Les jeunes plants sont fragiles et nécessitent des conditions spécifiques :
- Lumière : Les plants de bambou devraient être maintenus à l’ombre. L'emplacement doit être hors de la lumière directe du soleil. Il convient d’éviter l’exposition directe au soleil qui brûle les boutures fragiles. Un peu de lumière pendant la journée ne leur ferait pas de mal, mais un endroit bien éclairé mais sans soleil brûlant est idéal. Pour les boutures dans l'eau, la bouture a besoin de beaucoup de lumière, mais elle ne doit absolument pas être exposée directement au soleil.
- Température : Posez le pot dans un endroit dont la température dépasse 13 °C pour les boutures dans l'eau. Pour les boutures de chaume de bambous tropicaux, une température de 20°C est requise. Maintenez les jeunes plants à l'abri de la lumière directe du soleil, au pied d’un mur ombrageux ou sous un grand arbre. Ce sont les meilleurs endroits.
E. La Patience : Clé du Succès
La patience reste de mise car le bambou prend du temps pour s’enraciner solidement. Il faudra attendre plusieurs semaines pour constater l’apparition de racines. Au bout de 4 à 6 semaines, la bouture aura développé des racines, mais il faudra faire preuve d'un peu plus de patience avant de pouvoir rempoter le bambou. Au bout de 3 à 4 mois, la plante sera suffisamment forte pour être rempotée ou plantée en pleine terre.
F. Conservation des Boutures
Si vous ne cultivez pas immédiatement une bouture, placez ses extrémités dans du terreau humide ou enveloppez-les dans un tissu mouillé pour les conserver et éviter qu'elles ne se dessèchent. Placez la bouture dans son nouvel emplacement dès que possible.