L'Église Saint-Aubin de Pruniers à Bouchemaine : Un Voyage Architectural et Historique

Le patrimoine religieux sur la commune de Bouchemaine est riche de monuments médiévaux et plus récents, offrant un témoignage éloquent de l'histoire et de l'évolution architecturale de la région. Parmi ces édifices, l'église Saint-Aubin de Pruniers et l'église Saint-Symphorien occupent une place prépondérante, chacune avec son propre récit et ses particularités. Bouchemaine, située à 8 km au sud-ouest d’Angers, le long de la rive droite de la Maine et de la Loire, est une localité dont les origines remontent à des temps très anciens, comme en témoigne sa mention dans le cartulaire de Saint-Laud d’Angers en 1009.

Les Origines Antiques de la Paroisse Saint-Aubin de Pruniers

Les origines de la paroisse St Aubin de Pruniers remontent à des temps très anciens. Ce sont les moines de l’abbaye St Aubin d’Angers qui organisèrent le « culte divin » vers l’an 1000. La première église de Pruniers, de style roman, dut être édifiée à cette période et servit au culte jusqu’en 1791. Elle se situait dans l’enclos du Prieuré. L’église actuelle de Pruniers fut construite sur les ruines de l’ancienne, perpétuant ainsi une longue tradition de spiritualité et de dévotion.

Plan de l'église Saint-Aubin de Pruniers, Bouchemaine

L'Église Saint-Symphorien de Bouchemaine : Un Palimpseste Architectural

L'église, dédiée à saint Symphorien, est construite aux abords de la confluence de la Maine et de la Loire aux XIe (Moyen Âge), XIIe, XIIIe et XVe siècles. Elle est, au XVIIIe siècle, église paroissiale de Saint-Symphorien de Bouchemaine. Cet édifice résulte de plusieurs campagnes de construction, offrant une fascinante superposition de styles et d'époques. La première travée nord de la nef, par exemple, offre des restes de maçonneries de petit appareil de schiste qui témoignent d’une église au XIe siècle, illustrant ainsi ses fondations profondes dans l'histoire médiévale.

L'église Saint-Symphorien se compose d’une nef unique moderne de trois travées que prolonge un transept saillant. Au-delà de la croisée du transept, s’ouvre le chœur de deux travées, à chevet plat percé de deux hautes baies. C’est dans la première moitié du XIIIe siècle, vers 1240, que le chœur roman est reconstruit à l’initiative des chanoines de Saint-Laud. Au XVe siècle intervient la reconstruction de la voûte de la croisée. Jusqu’à cette époque subsiste la nef archaïque romane, un témoignage précieux de l'architecture d'origine. Un dessin dû à Peter Hawke montre l’état de l'édifice vers 1840, offrant un aperçu de son aspect avant les restaurations ultérieures.

La Volumétrie et les Éléments Extérieurs

L’église offre une belle volumétrie, mais les extérieurs traduisent une grande hétérogénéité dans la construction, reflétant les différentes phases d'agrandissement et de modification. Des pignons aigus en pierre de taille de tuffeau surmontent le mur du bras sud du transept et du mur oriental du chevet, ajoutant à l'esthétique générale de l'édifice. La reconstruction de la façade occidentale en style roman est concomitante à la surélévation de la nef, démontrant une volonté d'harmonisation architecturale à travers les siècles.

Façade occidentale de l'église Saint-Symphorien

Le bras sud du transept est contrebuté par de hauts contreforts en pierre de taille, conférant à l'ensemble une impression de robustesse. La fenêtre à remplage à deux lancettes de style gothique cohabite avec les vestiges d’une baie antérieure, disposition que l’on retrouve au bras nord. Cette coexistence de styles différents est une caractéristique marquante de l'église Saint-Symphorien, témoignant des époques successives de construction et de remaniement.

L'Intérieur de l'Édifice : Un Écrin d'Art et d'Histoire

À l’intérieur de l’édifice se distingue la voûte sur croisée d’ogives de la croisée du transept, un élément architectural remarquable. C’est à la restauration du XIXe siècle qu’appartient la reprise des quatre arcs doubleaux comme l’achèvement de la sculpture des chapiteaux en style néo-roman. Cette période de restauration a permis de préserver et d'embellir des éléments clés de l'église.

Au-delà, le chœur offre un bel exemple de voûte angevine à nervures multiples. C’est une voûte bombée sur croisée d’ogives, constituée de quatre arcs diagonaux. Des liernes fragmentent les voûtains, créant un motif complexe et élégant. Les clés sculptées sont à décor de têtes de chérubins, d’anges, et les nervures prennent appui sur des chapiteaux à feuillages, chaque détail contribuant à la richesse artistique de l'ensemble. L'édifice comprend une nef unique, des arcades plein-cintre le long des murs latéraux, une chapelle, des colonnes jumelées couronnées de chapiteaux, un chœur à plan carré couvert de voûtes angevines, deux baies dans le mur du fond, etc. Ses principales périodes de construction datent des XIe, XIIe, XIIIe, XVe et XIXe siècles, illustrant une continuité d'efforts architecturaux à travers les âges.

VAUX SOUS AUBIGNY - Église Saint-Symphorien d'Aubigny (Haute-Marne)

Objets Inscrits et Restaurations Modernes

Sont inscrits au titre objets, le bénitier du XVIIe siècle et la croix-reliquaire de la Vraie Croix du XIXe siècle, des pièces de valeur qui enrichissent le patrimoine mobilier de l'église. De nouveaux vitraux ont été installés après les bombardements de 1944, remplaçant ceux détruits et apportant une lumière renouvelée à l'intérieur de l'édifice. L’église Saint-Symphorien de Bouchemaine, sauf la nef moderne, est un patrimoine protégé, inscrit aux monuments historiques par arrêté du 2 novembre 1972, reconnaissant ainsi son importance historique et culturelle.

Le Grenier à Sel et la Chapelle Notre-Dame de Ruzebouc : Un Autre Chapitre du Patrimoine de Bouchemaine

Avant la Révolution, l’ancien grenier à sel de la rue des Saulniers dépendait de la Prévôté de la Pointe, lorsque le fleuve qui longe ce village de mariniers servait au transport du sel, de la Bretagne vers l’intérieur des terres. On y entreposait les sacs avant de les vendre, témoignant de l'importance économique de cette activité. Cet édifice a changé de nombreuses fois de propriétaires, reflétant les fluctuations de l'histoire locale.

Le grenier à sel de La Pointe sera transformé en pressoir jusqu’en 1961 où il devint la chapelle de Notre Dame de Ruzebouc. La cloche, visible sur la façade, provient de l’ancienne chapelle de la Gaudraie, à Pruniers, un exemple de réaffectation d'éléments patrimoniaux. La chapelle Notre-Dame-de-Ruzebouc évoque l’ancien nom du village, constitué autour du port, soulignant le lien profond entre l'édifice et l'identité locale.

À l’intérieur, une vaste salle de 23 m sur 11 m, avec une charpente en forme de coque de bateau, est tenue par des murs qui laissent apparaître la patine des vieilles pierres d’ardoise, créant une atmosphère unique et chargée d'histoire. Une grande croix de bois naturel et une « vierge portant le monde », œuvre sculptée par Pierre Thézé, ancien directeur de l’école des Beaux-Arts d’Angers, ornent le chœur, ajoutant une dimension artistique et spirituelle à la chapelle.

Si l’édifice est en assez bon état, le portail à deux vantaux en chêne, ainsi que son entourage en tuffeau, nécessitaient une restauration. La paroisse Saint-Aubin-Saint-Symphorien a donc décidé de lancer une souscription publique pour que l’ancien grenier retrouve sa splendeur. Les pierres ont été changées et un nouveau portail, fabriqué à l’identique, a été posé, assurant la pérennité de ce lieu historique.

Les Croix et Calvaires de la Commune

De nombreuses croix, calvaires, statues existent sur la commune de Bouchemaine, enrichissant le paysage et témoignant de la ferveur religieuse des habitants. Les plus connues et facilement accessibles sont mentionnées ici, invitant à la découverte de ces éléments du patrimoine local.

Carte des calvaires et croix de Bouchemaine

tags: #eglise #saint #aubin #de #pruniers #bouchemaine