L’abricotier (Prunus armeniaca) est un arbre fruitier majestueux, symbole du soleil et de l’été. Si sa culture est traditionnelle dans le Midi, il s’invite désormais avec succès dans les jardins au nord de la Loire. Longtemps réservé aux vergers méditerranéens, l’abricotier est un arbre fruitier très ornemental grâce à son feuillage vert brillant, ses fleurs blanches rosées et ses fruits jaune orangé veloutés d’une saveur incomparable. Originaire d’Asie Centrale, il a su s'adapter à une large gamme de climats grâce à sa rusticité naturelle, pouvant supporter des températures allant jusqu’à -25°C en hiver.

Les fondamentaux de la plantation
C’est le bon moment pour planter un abricotier en pleine terre ou en pot. Il existe, en effet, des variétés naines qui pourront produire de bons fruits sur la terrasse ou le balcon. L’abricotier, vous allez le trouver en ce moment, vendu à racines nues, comme tous les autres arbres fruitiers et les rosiers. Au premier abord, ça peut faire peur… Vous achetez effectivement un paquet de racines et un début de tronc. Pas de panique ! C’est normal ! Le jeune plant a été arraché, il est en repos de végétation. Quand vous le planterez, il va rapidement produire des radicelles et tiendra une forme olympique au printemps, prêt à produire son feuillage, ses bourgeons et donc des fruits.
Mais ces racines, il va falloir les praliner. Qu’est-ce que cela veut dire ? Comment fait-on et pourquoi ? Les réponses d’Arnaud Delbard, directeur des Pépinières et Roseraies Georges Delbard : "Praliner les racines, c'est très simple. En fait, les racines ne veulent pas d'oxygène, donc vous allez faire un tas de boue, de la terre, de l'eau et vous allez tremper vos racines dans ce tas. Les racines seront enrobées de ce mélange (le pralin), qui supprime tout oxygène. Et votre arbre se développera alors au mieux !"
Préparation du sol et mise en place
L’abricotier prospère dans une bonne terre riche en humus et légère. Il s’accommode également des terres calcaires. Il redoute, au contraire, les terres froides et compactes. Après avoir travaillé et ameubli la terre, creusez un trou de plantation suffisamment large et profond. Il faut à présent préparer les racines de l’arbre en les coupant droit aux extrémités. Ensuite, il faut baigner ou enduire les racines de pralin, une boue argileuse, qui va les protéger et stimuler la reprise. Enfoncez-le dans le sol exactement au même niveau que dans le pot où il était.
La période idéale s'étend de novembre à mars (hors gel), durant le repos végétatif. Si vous habitez au nord de la Loire, l’idéal est de l’abriter du vent, par exemple le long d’un mur orienté au sud. L'abricotier a horreur des "pieds dans l'eau". Il préfère les sols légers, profonds et aérés.

Exposition et gestion du climat : le paradoxe du mur exposé
L’abricotier se portera au mieux installé en plein vent dans un verger. Ne commettez pas l’erreur, et ce en toute région, de le planter au sud contre un mur. Les explications de Arnaud Delbard : "Tout le monde rêve d'abricots, c'est tellement bon. Mais les jardiniers font souvent une grosse erreur : ils plantent l'abricotier devant un mur exposé, misant sur la chaleur pour aider le fruitier à bien se développer. Cette situation peut être fatale à l'arbre. Effectivement, l'abricotier recevra beaucoup de chaleur, il pourra même former des bourgeons dès février. Problème : en montagne, dans le nord, dans les climats continentaux, les gelées ne sont pas finies en février. Un coup de gel sur les bourgeons et vous n'aurez aucun fruit ! Votre abricotier préfèrera être planté à exposition nord, nord-ouest ou nord-est, abrité du vent. Dans ces conditions, vous aurez des abricots tous les ans !"
Toutefois, pour réussir la culture d'un abricotier en dehors de la zone méditerranéenne, le secret réside dans le choix de spécimens à floraison tardive. L’abricotier aime la chaleur. Il préfère le climat méridional où il vient admirablement en plein vent à toutes expositions. Dans l’est et le centre, il se plaît mieux dans une situation bien abritée avec une exposition sud, sud-est et sud-ouest.
Variétés adaptées selon les régions
Il est toujours très difficile de choisir une variété d’arbre fruitier. Et l’abricotier n’échappe pas à la règle car ses variétés sont toutes aussi attirantes les unes que les autres ! Certains sont très rustiques et fleurissent tard, d’autres aiment un peu de chaleur mais quand même tempérée, tandis que les derniers ne se plairont que dans les zones les plus méridionales.
- 'Bergeron' : La référence absolue pour le Nord. Variété autofertile, sa floraison tardive lui permet d’échapper aux gelées tardives.
- 'Polonais' : Également appelé 'Orangé de Provence', il est incroyablement rustique (jusqu'à -30°C).
- 'Luizet' : Une variété ancienne très vigoureuse, idéale pour les régions continentales.
- 'Rustique des Pyrénées' : Une variété originaire de la région de Tarbes, très résistante au froid.
- 'Aprigold' : Une variété naine bien productive, parfaite pour une culture en pot ou dans un jardin de ville.
- 'Pêche de Nancy' : Bonne vigueur, se plaît dans tout climat tant qu’il est bien exposé.
Abricotiers, comment récolter des abricots tous les ans même au nord de la loire
Entretien, taille et fructification
Un seul arbre suffit : l’abricotier étant généralement un arbre auto-fertile, vous n’aurez pas besoin d’en planter deux pour avoir des fruits. Ce qu’il est important de savoir c’est qu’un abricotier, c’est comme un cerisier. Soit il se plaira chez vous, soit il ne s’y plaira pas, tout simplement. S’il se plaît, il poussera et donnera des fruits en abondance. S’il ne se plaît pas, il se laissera mourir.
La taille : un art de précision
Taillez de préférence en février, mars sans attendre la floraison, à l’aide de votre sécateur ou ébrancheur. Vous observerez les boutons floraux à cette période, vous guidant sur la taille des branches. Pendant les 4 premières années, il est préférable de supprimer les rejets du tronc. Une fois établi, l’abricotier supporte modérément la taille.
La taille en vert, pratiquée en été (août/septembre) après la récolte, est cruciale. Elle limite la vigueur excessive de l’arbre et favorise la transformation des bourgeons à bois en boutons floraux pour l’année suivante. Pour garantir une fructification maximale au nord de la Loire, ne négligez pas cette étape.
Soins courants
Paillez l’abricotier et arrosez en cas de sécheresse. Paillez l’abricotier et arrosez en cas de sécheresse. Si les gelées ne sont pas venues compromettre la récolte, il est fréquent que l’arbre se surcharge, ce qui peut compromettre la qualité de la récolte. L’abricotier peut être soumis à des ennemis naturels que sont les maladies et ravageurs :
- La moniliose : Maladie cryptogamique causée par un champignon qui hiverne dans les plaies des arbres ou dans les fruits et fleurs contaminées. Supprimez et brûlez les fruits momifiés restés sur l’arbre.
- L’oïdium : Maladie cryptogamique aussi appelée maladie du blanc. Il est conseillé de bien nettoyer les feuilles mortes autour des arbres et d’espacer les cultures.
- Le puceron vert : Éviter les engrais azotés, et essayer d’ajouter des prédateurs naturels : larves de coccinelles, de chrysopes et de syrphe.

Récolte et conservation
L’abricotier commence à donner quelques fruits dès la troisième ou la quatrième année qui suit la plantation mais il faut 8 à 10 ans pour récolter 100 kg d’abricots. L’abricot est jugé suffisamment mûr lorsque à sa couleur verte a franchement succédé une teinte jaunâtre ou rougeâtre. Cueilli trop mûr, le fruit présente une chair pâteuse qui manque de jus. Les abricots ne peuvent pas être conservés plus d’une semaine. Les fruits doivent être récoltés à la main ; il est possible de secouer l’arbre pour faire tomber les abricots, mais ceux-ci seront alors abîmés et se conserveront moins bien.
L'abricotier est un arbre fruitier qui porte de très nombreux fruits dorés et juteux, extrêmement savoureux. Bien que ce fruitier préfère les climats chauds et ensoleillés de nos régions méridionales, il est possible de récolter de délicieux abricots "maison" dans les autres régions de France. Disposer d’un abricotier dans son jardin lie l’utile à l’agréable : de jolies fleurs et de bons fruits.