Le paillage, traditionnellement associé au jardinage pour la protection et la nutrition des sols, trouve une résonance surprenante et complexe dans le domaine de la conservation des œuvres d'art, en particulier des tableaux de peinture. Bien que le terme « paillage » dans le contexte d'une toile de peinture ne corresponde pas à l'action de recouvrir le sol de matériaux organiques, minéraux ou plastiques, il fait référence à des techniques de protection et de stabilisation du revers de l'œuvre, visant à préserver sa pérennité. Cette approche s'inscrit pleinement dans le cadre de la conservation préventive, une discipline en plein développement dont l'objectif est d'assurer la longévité des œuvres d'art.
Le Rôle Crucial de l'Environnement et des Matériaux dans la Détérioration des Œuvres
La conservation d'un tableau est étroitement liée à son environnement, un ensemble de facteurs climatiques, physiques, mécaniques, chimiques, biologiques et humains concourant au mécanisme de vieillissement et de dégradation de l'œuvre. Les matériaux organiques hydrophiles que l'on trouve dans un tableau (toile, bois, colle) perdent du poids et se contractent lorsqu'ils fournissent de la vapeur d'eau. À l'inverse, ils prennent du poids et gonflent lorsqu'ils emmagasinent de l'eau, et leur propriété mécanique se modifie également : leur élasticité (rigidité) baisse, ils deviennent plus plastiques quand ils sont mouillés. Ceci concerne aussi bien la couche picturale, la préparation, l'encollage et le support. La tension d'une peinture sur toile de fibre textile augmente au cours de la désorption et baisse au cours de l'absorption de la vapeur d'eau. Cette tension agit sur la préparation lorsque la toile se tend. La couche picturale et l'encollage dictent le plus souvent le mouvement de l'ensemble du tableau, mais l'encollage réagit plus fortement aux variations hygrométriques que la couche de peinture à l'huile.
L'humidité relative, dont l'unité de mesure est le pourcentage (%), est la notion la plus importante car la fibre textile naturelle varie plus en fonction de l'humidité qu'en fonction de la chaleur. Elle en modifie la structure en faisant augmenter son volume car les molécules d'eau pénètrent entre les fibres. Le meilleur climat pour une peinture sur toile est de 60% d'humidité relative à une température de 20°C. La colle animale, présente dans l'encollage (et dans la préparation) et essentiellement composée de collagène, est une protéine ayant une partie hydrophile et une partie hydrophobe. Entre 0 et 70% d'humidité relative, les fibres de collagène gonflent et prennent du volume. La colle passe de rigide et cassante à un peu moins rigide et cassante (le module d'élasticité baisse). Une humidité trop élevée est responsable de la dégradation de la toile ; elle favorise le développement des moisissures, l'hydrolyse de la cellulose (c'est-à-dire de sa transformation en gélatine sous l'action de l'eau), la formation des acides à partir des polluants atmosphériques.

La température est l'un des aspects essentiels du climat. Les craquelures sont les conséquences des forces qui interagissent dans la couche picturale, forces dictées par les différentes hausses et baisses d'humidité et de chaleur s'exerçant dans un lieu donné (entre le jour et la nuit par exemple). Les contraintes exercées sur les matériaux constitutifs, concentration ou faiblesse, aboutissent à une rupture. La dilatation des matériaux provoque une compression de la première couche du film qui est contraint parce qu'il est fixé. La présence de dioxyde de soufre et de vapeur d'eau dans l'air ambiant provoque une oxydation de la toile et la fragilise. La lumière, quant à elle, provoque des dégradations photochimiques : réactions de certains pigments aux ultraviolets, oxydation du vernis. Ces facteurs peuvent avoir des conséquences différentes selon la nature et la fragilité de la toile. Devenue cassante par le fait de son oxydation, elle peut se déchirer.
Un climat intérieur d'un lieu fermé est fonction de son enveloppe, c'est-à-dire des matériaux de construction, de son orientation géographique (nord, sud…), et dépend lui-même des variations du climat extérieur et des installations techniques permettant de le contrôler (radiateurs, climatisation, ventilation, déshumidificateur…). Lors du prêt d'une œuvre, il est nécessaire de connaître les conditions climatiques dans lesquelles elle sera exposée afin d'éviter tout choc climatique et lui assurer des conditions correctes d'exposition. Il en est de même pour des tableaux achetés abîmés, restaurés et qui doivent être remis dans un lieu souvent nouveau pour eux (de cave ou grenier à appartement chauffé).
Techniques Historiques et Modernes de Protection du Revers des Tableaux
Historiquement, le souci de protection des peintures au revers n'était pratiquement présent que si des variations climatiques atmosphériques étaient importantes. Des exemples se trouvent dans des tableaux d'autels baroques des XVIIe et XVIIIe siècles, où des séries de planches en bois étaient clouées derrière la peinture dans un cadre en bois, avec une ouverture à l'arrière pour permettre la ventilation, afin de les protéger contre l'humidité du mur. Au XVIIIe siècle, des mélanges de camphre et de cire étaient employés en Italie pour la protection des toiles, bien que cette technique ait déjà été critiquée à l'époque.
Plus récemment, des méthodes spécifiques ont été développées. Au début du XXe siècle, un conservateur préconisait de mettre le tableau à distance du mur afin de permettre à l'air de circuler, et suggérait également de couvrir le revers d'un assemblage de planches planes de la largeur du châssis. En 1938, il était indiqué que la meilleure protection contre les détériorations mécaniques et l'isolation de la peinture des parois d'un mur était le clouage ou le vissage au dos du châssis d'une plaque d'aluminium, d'une feuille de contreplaqué ou d'un morceau de toile. Le choix d'une matière imperméable, comme une plaque d'aluminium, impose de pratiquer des trous pour la circulation de l'air et d'empêcher ainsi le développement des moisissures. La plaque de métal est surtout préconisée si l'œuvre doit être transportée.
Les Différents Matériaux et Leurs Applications dans la Protection du Revers
Plusieurs matériaux sont utilisés pour la protection du revers des tableaux, chacun avec ses propriétés et ses avantages spécifiques :
1. Le Cartonnage de Protection
Le carton est un matériau hygroscopique, il libère son humidité si la température s'élève pour revenir à un niveau normal lorsque l'humidité pénètre dans l'espace protégé. Plus il est effectué de trous dans le carton et plus l'humidité relative et la hausse de la température disparaît à l'intérieur de l'espace protégé. Il protège bien de la lumière, de la poussière et des chocs, mais à condition qu'il soit bien plaqué au châssis. Il est insuffisant en cas de fuite d'eau. Dans le cas de peinture sur toile, il est nécessaire de laisser un espace entre le carton et la toile pour éviter, lors d'un nettoyage, d'imbiber le carton de solvant.Un carton neutre de conservation est placé en premier sur le châssis pour ne pas interférer avec la matière picturale. Une fenêtre peut être aménagée dans le carton pour permettre à une inscription de rester visible.
2. Le Carton Plume
Il est composé de mousse rigide en polystyrène recouverte de papier non acide, son pH est donc neutre. Matériau rigide et léger, facilement transportable, il est cependant fragile. Ce matériau a un excellent rôle de tampon, plus que le carton ou la toile ; l'humidité relative est très atténuée s'il est employé comme protection du revers. Il s'avère être également un bon isolant thermique.

3. Le Bois
Les montants d'un châssis protègent la peinture, car à ces endroits les craquelures sont moins concentrées et moins de moisissures y sont observables ; le bois protègera et régularisera. Le bois offre une grande résistance aux chocs et une bonne protection contre la lumière et les fuites d'eau. Néanmoins, il présente quelques inconvénients : son poids le limite aux panneaux de petites et moyennes dimensions. De même, la plupart des bois dégagent de l'acidité dans l'air, surtout s'ils sont de mauvaise qualité. Si un contreplaqué extérieur de qualité « marine » est utilisé, un dégagement de phénol se fait, lié à la transformation de la colle.
4. Le Contreplaqué de Fibres
Constitué de fibres de bois comprimées, il est résistant, rigide et hygroscopique (grande capacité d'absorption et de diffusion de vapeur d'eau). Il protège bien contre la chaleur, d'où ses bonnes propriétés isolantes. Autre avantage : il est recyclable. Il empêche la vapeur d'eau de passer mais pas l'humidité relative d'augmenter derrière la protection, car la vapeur d'eau peut pénétrer par la face du tableau. Ce matériau ne fait qu'atténuer les variations de températures et donc d'humidité relative. Il est nécessaire de pratiquer des ouvertures pour permettre les échanges de vapeur d'eau. L'effet tampon est donc obtenu en diminuant les variations de température et non par l'absorption ou la désorption de vapeur d'eau par le matériau.
5. Le Polycarbonate Alvéolaire
D'excellente résistance aux chocs, léger, c'est un des matériaux très utilisés désormais dans la protection des œuvres. Sa grande transparence permet d'avoir un aperçu du revers du tableau. Dans le cas où une humidité relative plus constante doit être obtenue, il est possible de doubler le panneau de carton à quatre plis, de même dimension et interposé entre le polycarbonate et le châssis. Des sachets de gel de silice peuvent éventuellement être accrochés à l'intérieur, qui agissent par adsorption (fixation des molécules de vapeur d'eau sur un solide). Leur importante surface d'échange leur permet d'absorber jusqu'à 50% de leur poids en eau. Mais lorsqu'ils sont saturés, ils doivent être régénérés (en les passant au four). Ici, le panneau de polycarbonate est, comme dans le cas précédent du carton plume, évidé sur son pourtour de quelques centimètres afin que les alvéoles s'enclenchent parfaitement dans le châssis.
6. Les Toiles de Doublage et de Protection
Les rentoilages ou doublages, assez fréquemment utilisés, jouent leur rôle de protection sans avoir à en rajouter, du moins dans le cas d'œuvres appartenant à des particuliers. Le doublage aveugle est un terme désignant un type de doublage n'ayant aucune fonction de renfort, mais permettant de protéger le tableau des poussières, des chocs, d'atténuer l'effet des variations climatiques, de masquer son revers. La protection de revers, fixée au revers du châssis, est le plus souvent amovible. Elle a la même fonction que le doublage aveugle.
Le doublage aveugle peut être de fibre végétale comme le lin ou synthétique telle la toile polyester. Son rôle est de créer un effet tampon contre les variations climatiques (différences de degrés d'humidité, de température…). Son aspect esthétique n'est pas à négliger surtout si le tableau, devant recevoir une protection, a soit des inscriptions au revers ou est peint également au revers. La toile de doublage doit encaisser les chocs au revers, en premier, avant qu'ils n'atteignent la toile originale et limiter sa détérioration. La couche d'air emprisonnée entre les deux toiles sert de tampon, mais sa protection est minime contre l'humidité.
COMMENT CHOISIR SES TOILES
La qualité principale de la toile de doublage est sa légèreté ; elle peut donc être employée pour des peintures de grandes dimensions. L'inconvénient des toiles de lin ou de coton est qu'elles n'ont pas une grande résistance aux chocs, surtout en vieillissant. Il faut utiliser une toile jeune et très bien tendue si la résistance aux chocs est recherchée. Une toile de lin forte peut protéger le revers du tableau des variations de température et d'humidité relative en les atténuant ou les retardant. La protection contre la lumière et les mouvements de l'air est assez bonne, donc elle protège aussi des effets néfastes de la pollution. Par contre, en cas de fuite d'eau, elle s'avère inefficace.
Les toiles synthétiques (de polyester comme la toile de voile) sont souples, extensibles, résistantes, imputrescibles, et ne connaissent pas l'attaque des insectes friands de cellulose. L'Institut Canadien de Conservation utilise cette toile dans la protection arrière des œuvres. Ce matériau assez léger a tendance à se déformer s'il est utilisé à faible épaisseur et avec l'humidité ; il est donc moins efficace.
Une technique préconisée par le Centre Pompidou lors des transports d'œuvres implique la fixation d'une toile de protection par Velcro. Le ruban Velcro, séparé, est agrafé sur le pourtour du châssis et cousu sur la toile. Il suffit de couper les coins du rectangle de toile de protection. Cette méthode est difficilement réversible et pourrait être proposée pour des tableaux exposés dans des lieux humides (églises) en tant que traitement préventif d'une toile de rentoilage ou d'un support toile original.
Conséquences des Protections et Recommandations
Ces protections peuvent toutefois et à la longue se révéler inefficaces et nuisibles : des moisissures peuvent se développer entre la toile et la protection si aucune circulation d'air n'est prévue. D'où la question de savoir si elles sont bien utiles. Malheureusement, il n'existe pas beaucoup d'exemples anciens pour en mesurer l'efficacité.
Il n'y a pas de méthode fixée, et les matériaux peuvent être utilisés seuls ou en complément d'un autre. La pose de protection peut s'avérer plus néfaste que son absence si la circulation de l'air n'est pas adéquate. Par exemple, l'emploi de cire, matériau hydrophobe, pourrait être préconisé pour des tableaux d'églises froides et humides.
Un cas particulier concerne le traitement d'un tableau double face du XVIIe siècle, très fragilisé par un dégât des eaux. L'arrière comportait les armoiries d'un cardinal. La protection se devait d'être amovible pour permettre la présentation temporaire du revers. D'après le rapport de restauration, la protection du revers a été conçue en vue de la conservation du tableau dans des lieux avec d'éventuelles variations climatiques dues aux murs. L'arrière du tableau comportait une inscription sur la toile et sur le châssis. Un carton neutre de conservation est placé en premier sur le châssis pour ne pas interférer avec la matière picturale. Une fenêtre a été aménagée dans le carton pour permettre à l'inscription de rester visible.
Le Paillage dans le Jardinage : Un Parallèle Éclairant
Bien que le concept de "paillage pour tableau de peinture" soit une analogie plutôt qu'une application directe des techniques horticoles, il est pertinent de comprendre ce que le paillage représente dans son domaine d'origine pour saisir pleinement l'intention derrière son utilisation métaphorique en conservation.
La terre nue est un état anormal dans la nature. Pour ne pas laisser le sol à nu, le jardinier a recours au paillage (ou mulch/mulching). Le paillage est une technique qui consiste à recouvrir le sol de matériaux organiques, minéraux ou plastiques pour le nourrir et/ou le protéger. Ces matériaux sont déposés au pied des plantes dans les massifs. Vous pouvez appliquer cette technique partout dans votre jardin : au potager, au verger, au pied des jeunes haies et de vos jeunes arbres et arbustes, dans les massifs de plantes vivaces et annuelles. Vous pouvez également pailler vos plantes en pot et vos jardinières. La nature n'aime pas la nudité. C'est pourquoi un sol nu ne le reste jamais longtemps. Dans un sous-bois, les feuilles mortes vont former une couche d'humus riche en matières organiques. Mais dans un potager, un massif, un talus ou une bordure, les mauvaises herbes, autrement appelées adventices, envahissent vite l'espace laissé vacant.
Les Avantages du Paillage en Jardinage
Les avantages du paillage sont nombreux :
- Limiter les arrosages : Sur un sol nu, le phénomène d'évaporation (pertes d'eau) est trois fois plus important que sur le sol forestier. Le paillage permettra d'absorber l'eau et de maintenir l'humidité de votre sol. C'est une bonne méthode pour réduire les apports en eau !
- Éviter le désherbage chimique : Le paillage empêche la lumière d'atteindre la surface du sol, ce qui ne permet pas aux plantes adventices (mauvaises herbes) de germer et de se développer. La pose d’une toile de paillage élimine avant tout le travail de désherbage.
- Éviter le phénomène de battance : Le paillage protège le sol des aléas climatiques et évite ainsi le phénomène de battance (tassement de la terre sous l'action de la pluie) des sols argileux. Vous évitez donc la formation d'une croûte imperméable en surface qui empêcherait l'eau des prochaines pluies ou arrosages de s'infiltrer.
- Créer un lieu propice aux insectes utiles : Les matériaux utilisés servent de refuge pour les insectes utiles (attirés par le nectar des fleurs) pendant l'hiver.
- Améliorer la structure du sol : En utilisant un paillage organique qui finira par se décomposer en humus, vous enrichissez le complexe argilo-humique de votre sol et en augmentez la fertilité.
- Conserver des fruits et légumes propres : Le paillage vous permettra de ne pas laisser vos plantations en contact direct avec le sol. Vous évitez ainsi les éclaboussures et gardez vos plantations propres.
- Améliorer la croissance et la santé de vos végétaux : Le paillage permet d'atténuer les stress ressentis par vos plantes. Vous agissez ainsi de façon préventive pour éviter tout trouble de croissance ou sensibilité aux attaques parasitaires. De plus, l'eau transporte les champignons qui se trouvent sur le sol et qui peuvent être néfastes. Le paillage vous permettra d'éviter qu'ils ne soient disséminés sur vos cultures.
- Favoriser la vie microbienne de votre sol : La surface du sol est sujette à des changements réguliers de températures, humidité et concentration en composés organiques. Il est important de conserver ces facteurs les plus constants possible et propices au développement des micro-organismes. En effet, ce sont eux qui rendront les éléments nutritifs (des engrais et amendements) disponibles par leur travail de digestion : c'est la minéralisation.

Les Matériaux de Paillage en Jardinage
De nombreux matériaux organiques ou minéraux (graviers, déchets verts du jardin, etc.) peuvent servir de paillis. De façon générale, préférez les sources locales.
Paillis organiques : Ils sont composés d'éléments végétaux. Leur dégradation en humus est plus ou moins rapide, celle-ci dépend de la concentration en lignine. Les paillis à durée de vie plus courte comme les tontes de gazon, les feuilles mortes, les pailles de céréales, etc. sont utilisables sur tout type de végétaux. Soyez inventif ! Il est facile de constituer un paillage original et naturel en conservant vos coques de noix, noisettes et tous les fruits à coques en général. Ne pas utiliser les aiguilles de pins, les feuilles des arbustes persistants et des thuyas qui se dégradent difficilement. Attention également aux écorces de pin qui acidifient le sol. Utilisez-les pour les massifs de plantes de terre de bruyère. Les paillis de chanvre et de lin sont largement utilisés par les collectivités et les entreprises de paysagisme. Le broyat raméal fragmenté (BRF) est obtenu par broyage de branches. Les tontes de gazon présentent une bonne nourriture pour le potager. Les fanes de légumes peuvent également être utilisées pour bénéficier d’un effet protecteur moyen. Le compost offre un beau paillage et une excellente protection à la terre du potager. La paille est particulièrement efficace lorsqu’elle est déposée au pied d’une plantation. Elle permet de protéger les plants de l’humidité.
Paillis minéraux : Ces paillages ne sont pas biodégradables et possèdent donc une durée de vie infinie à notre échelle. Un des paillis couramment employé est la Pouzzolane : roche constituée de projections volcaniques riches en silice. Les billes d'argiles, ardoises concassées, débris de poteries, sont également utilisés. Comme pour les paillis organiques, n'oubliez pas de conserver certains déchets de votre alimentation comme les coquilles d'huîtres ou de moules, effet maritime garanti ! L'ardoise est un paillage totalement naturel et écologique qui apporte une couche d’amendement aux parterres. La pouzzolane est une roche organique d’une couleur rouge/noir, qui permet une importante capacité de rétention d’eau. Les billes d’argiles offrent un très bon drainage à la terre du potager.
Paillis plastiques ou textiles (toiles de paillage) : Ils s'appliquent en toiles tendues sur le sol. Les films plastiques sont plus ou moins biodégradables et restent inesthétiques. Les toiles tissées, en jute ou autres matières textiles, ont aussi comme utilité de retenir efficacement la terre des talus pentus ou les berges d'un plan d'eau. Produites à partir de polypropylène, un matériau dérivé du pétrole, les toiles synthétiques présentent une grande résistance au piétinement et au déchirement mais surtout aux UV. La toile de paillage synthétique permet de prévenir le développement des végétaux indésirables en bloquant le rayonnement solaire. Toutefois, elles sont perméables à l’eau (20L/scd) et à l’air : indispensables à la croissance des arbres et arbustes. Extrêmement solides, ces toiles peuvent rester des années sans qu’aucune intervention ne soit nécessaire. Le paillage non tissé est obtenu par aiguilletage et calandrage sur une face de fibres bio polymère PLA (amidon de maïs). La matière en PLA permet une grande facilité d’installation, une découpe nette et précise, une bonne résistance au déchirement pour tous vos chantiers de paillage. Cette toile est de couleur brune pour une meilleure adaptation visuellement discrète. La durée de vie moyenne est de 24 à 36 mois.
Il existe également des toiles tissées à base de bandelettes issues d’un mélange unique de deux biopolymères : l’un biodégradable, l’autre compostable. Cette composition exclusive résulte d’une recherche approfondie sur la biodégradabilité et la gestion en fin de vie des biopolymères. Cette toile offre une durée de vie contrôlée ainsi qu’une bio assimilation dans un espace naturel. Issue de ressources renouvelables, elle ne contient aucune substance toxique, et permet de ne plus utiliser d’herbicides ou autres produits phytosanitaires dans la lutte contre les adventices. Après 3 ans de lutte efficace contre les adventices, la toile commencera en fonction des facteurs environnementaux (soleil, température, eau, oxygène), à se fragmenter et biodégrader et se transforme par la suite en humus, eau et Co2.

Quand et Comment Pailler en Jardinage
Pensez à choisir votre paillage en fonction des végétaux et de la durée de protection recherchée. La terre doit être parfaitement désherbée car le paillage n'est pas un désherbant, il permet d'empêcher la pousse des adventices. Épandez le paillage en une couche épaisse de 7 cm environ. Prenez garde à ne pas recouvrir le collet (point de séparation entre la tige et les racines d'un végétal) des plantes. N'oubliez pas que le paillage organique se transforme en humus. Rajoutez régulièrement quelques centimètres. Vous pouvez commencer par pailler les jeunes plants 2-3 cm puis compléter pour atteindre 7 cm après le développement de la plante. En été : lors des grosses chaleurs, épandre le mulch sur le sol humide. En automne : couvrir le sol après l'avoir rendu plus meuble. Le paillis d'automne a aussi l'avantage de protéger les plantes herbacées du froid. Pour éviter la pourriture des plantes sensibles, utilisez des matériaux légers et bien aérés (pailles ou fougères).
Le paillage est plus important lors des mois les plus froids qu'à la belle saison. Le paillage a pour fonction primaire de protéger les plantes en hiver, afin qu'elles survivent jusqu'au retour des beaux jours. Son objectif est de maintenir la température du sol au-dessus de 0°C, pour empêcher le gel, et conserver son humidité. Il protège également les micro-organismes et autres insectes bénéfiques pour vos plantes de trop brusques changements de températures. Le paillage hivernal doit être réalisé en couche épaisse, au moins une dizaine de centimètres, pour être réellement efficace. Privilégiez les matériaux riches en lignine, tels que la paille, l'écorce ou les cosses de cacao, qui offrent une protection de plus longue durée.
Le paillage d'été, lui, a d'autres avantages. Il protège de la sécheresse, du soleil, de l'érosion due au vent, il apporte des éléments nutritifs essentiels au sol et protège encore des variations trop importantes de température. La période idéale pour commencer le paillage estival est au milieu du printemps, entre la fin avril et le début du mois de mai. À ce moment, le sol sera suffisamment réchauffé et humide pour être désherbé et recouvert de paillis.