La Permaculture Surélevée Sous Serre : Cultiver en Harmonie et Optimiser Chaque Espace

Avez-vous déjà ressenti la satisfaction de voir pousser et de récolter vos propres légumes, fruits ou herbes aromatiques ? Dans cette quête d'harmonie avec la nature, la permaculture, avec ses principes de développement durable et d'agriculture autonome, répond à cette aspiration de façon éco-responsable. Les serres de jardin, en particulier les potagers surélevés sous serre, deviennent des alliées indispensables dans ce système. Elles ne sont pas seulement une question d'esthétique ou de commodité, mais un atout stratégique pour un projet de permaculture réussi, permettant d'accroître la production et d'enrichir l'expérience du jardinage.

Serre de jardin avec potagers surélevés

Notre exploration commence par une introduction aux principes fondamentaux de la permaculture, avant de plonger dans le rôle clé que jouent les serres de jardin surélevées au sein de ce système. Du prolongement de la saison de culture à la diversification des espèces, nous analyserons comment la serre de jardin se fond dans le cycle naturel de l'agro-écosystème permaculturel.

Les Fondements de la Permaculture : Une Philosophie de Vie Appliquée au Jardinage

Vous êtes-vous déjà demandé comment il serait possible de cultiver en harmonie avec la nature, tout en optimisant chaque parcelle de votre terre ? La permaculture offre cette possibilité fascinante. En s'inspirant des écosystèmes naturels, cette approche holistique du jardinage vise à créer des espaces productifs et durables. Elle est fondée sur trois piliers essentiels : le respect de la terre, le respect de l'humain et le partage équitable des ressources.

Le terme et le concept de « permaculture » ont été créés par deux Australiens, Bill Molisson et David Holmgren, il y a une cinquantaine d’années. Ils ont imaginé un système de culture inspiré des écosystèmes naturels, qui puisse fonctionner en permanence, d'où le mot « permaculture », où « culture » fait plus précisément référence à l'agriculture, et « perma » signifiant permanent. Les techniques auxquelles la permaculture fait appel ne datent pas du XXème siècle et remontent pour la plupart à plusieurs centaines, voire des milliers d'années, reproduisant simplement ce que fait la nature. Les jardiniers, professionnels comme particuliers, qui s’y sont mis récemment, n’ont pas trouvé là une nouvelle méthode de culture mais ont plutôt renoué avec une méthode ancestrale basée sur le bon sens. Il s'agit de prendre en compte l’écosystème et la biodiversité locale du terroir et du terrain pour cultiver de façon responsable et le plus naturellement possible.

Dans une forêt par exemple, les arbres poussent et grandissent grâce au soleil et à l’eau de pluie. Ils font de l’ombre qui permet à d’autres plantes de se développer. L’humidité est telle qu’elle permet la croissance de ces végétaux, de la mousse et de champignons, servant de nourriture à des animaux. Et tous ces éléments se décomposant grâce aux micro-organismes du sol, se transforment en nourriture dans la terre et alimentent à leur tour le cycle de la vie. C’est un écosystème parmi tant d’autres présents dans la nature, chacun a son propre fonctionnement avec un climat, une faune et une flore différents mais toujours dans l’harmonie sur le long terme.

Il est fréquent de penser que la permaculture est simplement une méthode de jardinage. Bien sûr, on peut créer un jardin ou un potager en permaculture, et c’est d’ailleurs là que le concept trouvera le plus d’applications, mais il recouvre des domaines bien plus larges. Le concept en lui-même peut s’appliquer dans chaque jardin, mais il est illusoire de penser que « faire de la permaculture » consiste juste à appliquer un ensemble de techniques toutes prêtes. Pour aborder l’agriculture en permaculture, il faut avant tout connaître le contexte. Rappelons que le concept consiste à partir de l’écosystème et de la biodiversité qu’il y a sur place pour en tirer profit tout en les respectant. Chaque écosystème est différent, même en France avec son climat tempéré, les conditions de vie et de culture ne sont pas les mêmes au bord de l’océan Atlantique, au milieu des volcans d’Auvergne ou en pleine région parisienne. Votre jardin en permaculture aura son propre écosystème, différent de celui du voisin.

Infographie des principes de la permaculture

Quand on commence à s’intéresser au sujet, il y a beaucoup d’informations à intégrer. Il faut connaître la nature de son sol, les insectes qui vivent sur place, prendre en compte le relief, réfléchir à l’économie d’eau et d’énergie, tenir compte des associations de culture, penser en termes de design. Mais il n’est pas forcément nécessaire de posséder un bac +8 en agroécologie pour s’y mettre. Pas besoin de créer une forêt jardin sur votre terrain dès la première année.

Pour la plupart des gens, le fait de pouvoir gagner de la place, utiliser peu de ressources, limiter son impact sur l’environnement, sont déjà de bons prétextes pour la permaculture. Si cela ne vous suffit pas, sachez que la permaculture, une fois bien mise en place, va permettre d’augmenter votre productivité en limitant vos efforts.

La Serre de Jardin en Permaculture : Un Atout Stratégique

L'intégration d'une serre dans votre jardin n'est pas seulement une question d'esthétique ou de commodité ; c'est un atout stratégique pour votre projet de permaculture. Ce sanctuaire végétal représente donc une pièce maîtresse dans le puzzle complexe qu’est votre jardin en permaculture. Il vous permettra non seulement d'accroître votre production, mais aussi d'enrichir votre expérience du jardinage.

Permaculture - La SERRE en 3min30 -

Imaginez un instant pouvoir déguster des tomates gorgées de soleil en plein hiver ou savourer des fraises bien avant leur saison naturelle. C'est là toute la magie opérée par une serre de jardin, qui se révèle être un véritable catalyseur pour votre potager. Grâce à elle, vous pouvez dire adieu aux contraintes du calendrier et bonjour à l'abondance tout au long de l'année. La présence d’une serre dans un jardin est très avantageuse, car elle offre des possibilités de culture autres qu’à l’extérieur, qu’il s’agisse d’allonger les saisons ou d'agrandir la palette des végétaux. Et elle est encore plus efficace en y appliquant les principes de la permaculture.

La culture sous serre permet de cultiver des légumes précoces, d’accélérer les récoltes d’été et de cultiver des légumes à feuilles jusqu’en hiver. Elle facilite également la diversification de l’alimentation et peut permettre de viser une certaine autonomie alimentaire. La serre va décupler vos possibilités, notamment dans les climats frais, en Belgique, dans le Nord, ou en altitude, permettant de cultiver des plantes thermophiles comme les pastèques, les patates douces, ou autres, avec des résultats beaucoup moins hasardeux qu’en extérieur.

Choisir et Installer sa Serre pour la Permaculture

Le choix d'une serre doit être mûrement réfléchi. Prenez le temps d'analyser les spécificités climatiques de votre région. Pour bien intégrer la serre de jardin dans un plan de permaculture, on optimise l’espace disponible, l’utilisation de l’eau et des énergies, favorise la biodiversité, et réduit au maximum les déchets en imitant les processus naturels.

Quel type de serre choisir ?Il est possible d’acheter une serre dans le commerce, ou bien de la construire soi-même, à partir de matériaux recyclés ou achetés. Pour des raisons de durabilité, la serre en verre et, en second choix, la serre en polycarbonate, sont à privilégier. C’est la serre en polycarbonate qui est la plus isolante. Pour que l’air dans la serre soit sain et puisse être facilement renouvelé, cette serre doit être équipée d’ouvertures, idéalement d’ouvertures dans le haut de la serre qui, associées à la porte, permettront une circulation efficace de l’air. Le modèle de serre n'importe pas vraiment (serre tunnel, igloo, carrée, rectangle, petite ou très grande, avec bâches polyéthylène ou PVC, ou parois polycarbonate ou verre trempé), ce qui importe, c'est la façon de cultiver.

Un emplacement stratégiqueInstaller une serre de jardin demande de réfléchir à la meilleure place qu’elle peut occuper dans le jardin pour bénéficier d’un bon ensoleillement et pour être à l’abri du vent, mais aussi à la praticité de son accès par rapport à votre logement. En permaculture, on divise le terrain en zones, en fonction de la fréquence des activités que l’on y pratique (arrosage, récolte, nourrissage…) et de la proximité avec l’habitation. Le but étant de placer près de la maison, qui est la zone 0, les lieux d’activités quotidiennes. Généralement, pour bien intégrer la serre de jardin dans un plan de permaculture, celle-ci est placée en zone 1 ou 2, afin qu’il soit facile et rapide d’y accéder pour sa gestion comme pour son entretien.

Il faut déterminer l’exposition du soleil en été et en hiver dans les différentes zones de votre jardin. L’objectif est d’optimiser l’apport du soleil en hiver et de limiter la surchauffe en été. On orientera la serre en nord-sud si l’on veut cultiver beaucoup de légumes d’hiver, ou en est-ouest pour améliorer l’entrée de la chaleur en hiver. Dans les régions froides, une serre en permaculture autonome bénéficiera du fait d’être adossée à votre habitation, elle profitera de l’inertie du mur qui lui restituera la chaleur durant la nuit. L’astuce est de stocker cette chaleur dans des matériaux à forte inertie : des bidons noirs remplis d’eau, murets ou allées en pierre ou briques. Les couches chaudes sont aussi un bon moyen de gagner 1 ou 2 petits degrés, utilisant la chaleur produite par une décomposition rapide des matières organiques pour réchauffer un lit de semis ou de jeunes plants installées au-dessus de la couche chaude, ou bien pour réchauffer l’intérieur de la serre. Des bottes de paille appuyées contre la paroi nord isolent efficacement la serre. Si la serre est adossée au poulailler, créez des ouvertures entre les deux pour une synergie.

Schéma d'orientation idéale d'une serre

Ombrager pendant l’étéDes voiles d'ombrage peuvent être installés au-dessus de la serre pour limiter la surchauffe en été. Vous pouvez planter des plantes grimpantes à l’extérieur sur une treille, planter des arbustes ou arbres à feuillage caduc, les uns comme les autres installés judicieusement pour protéger la serre aux heures les plus chaudes. Installer la serre à proximité d’arbres caducs afin de profiter de leur ombrage en été est une autre possibilité. Les claies d’ombrage en bois pour vérandas et serres offrent une solution simple et efficace : elles filtrent le rayonnement solaire sans bloquer totalement la lumière, ce qui permet à la température de baisser de plusieurs degrés et protège aussi les bâches des UV et de la grêle.

Le Potager Surélevé Sous Serre : Une Méthode Optimale

Le potager surélevé consiste à cultiver des légumes et plantes dans des bacs surélevés par rapport au sol naturel. Cette méthode est idéale pour cultiver vos légumes de manière efficace, même sur de petits espaces. Si vous débutez, commencez par un ou deux bacs pour vous familiariser avec la méthode.

Potagers surélevés à l'intérieur d'une serre

Avantages du potager surélevé en serre :

  • Accessibilité et confort : Plus besoin de vous pencher pour travailler, ce qui est idéal pour le confort du dos.
  • Augmentation de la surface de culture : L’idée est d’augmenter la surface de culture sans augmenter l’encombrement au sol, grâce à des dômes ou des buttes de cultures. Grâce à cette technique de jardinage, vous augmentez la surface de développement des racines de vos plantations.
  • Protection et développement accéléré : Les plantes poussent plus vite et sont protégées de certaines maladies cryptogamiques. On étend la saison, car dès le mois de mars les plantes (non frileuses) poussent comme si on était en avril, mai. En fin de saison, lors des pluies de septembre, les tomates commencent à péricliter en extérieur alors qu’il ne gèle pas encore.
  • Amélioration de la fertilité du sol : La culture sur buttes améliore la fertilité de votre sol.
  • Meilleure maîtrise du sol : Le potager surélevé permet de contrôler le substrat plus facilement.

Construire des bacs durables :La réussite d’un potager surélevé dépend avant tout de la qualité et de la solidité des bacs.

  • Bois : Optez pour des bois imputrescibles comme le mélèze ou le chêne, ou utilisez des planches traitées en autoclave pour une meilleure longévité.
  • Autres matériaux : Il est possible d'utiliser d'autres matériaux durables.

Remplissage du potager surélevé : astuces pour un substrat parfaitUn bon remplissage est essentiel pour assurer une croissance optimale des plantes. En permaculture, on privilégiera l'approche en lasagne ou en couche chaude.

  • Couche de drainage : Commencez par une couche de gros matériaux (branches, bûches) pour un bon drainage et une décomposition lente.
  • Matière organique : Ajoutez ensuite des couches de matières organiques riches (feuilles mortes, pailles, tontes de gazon, compost).
  • Terreau et compost : Finissez par une couche de terreau de bonne qualité mélangé à du compost mûr pour les semis et les jeunes plants.

Gérer l'Écosystème de la Serre en Permaculture

L'équilibre parfait dans une serre ne s'improvise pas ; il résulte d'une attention constante et d'une maintenance rigoureuse. La permaculture en serre implique d’utiliser le rayonnement solaire pour chauffer l’espace et de le libérer progressivement, créant un microclimat idéal pour vos plantes.

Gestion de l'eau et de l'irrigation

Récupérer l’eau qui ruisselle le long du toit de la serre en permaculture est le meilleur moyen de disposer d’une source autonome et à proximité. Le récupérateur d’eau peut être installé à côté d’une entrée ou dans la serre. Cette eau sera de plus à température ambiante, ce qui est bien meilleur pour les plantes, qui apprécient peu les chocs thermiques.

Système de récupération d'eau de pluie pour serre

  • Systèmes d'arrosage économes : Mettre en place un réseau de goutteurs ou autres tuyaux microporeux offre un arrosage doux, lent pour bien profiter aux racines, au pied, ce qui limite les maladies fongiques. Il est intéressant de le brancher sur un programmateur fonctionnant avec des panneaux solaires pour arroser un temps et un volume d’eau adaptés aux cultures.
  • Oyasse : Les oyas, ces récipients en terre semi-enterrés qui diffusent de l’eau par capillarité, donnent de l’eau quand les plantes en ont besoin. Savez-vous que la terre cuite peut jouer un rôle clé dans l'irrigation de vos cultures ? Grâce à sa porosité, elle libère lentement l'eau nécessaire aux racines, favorisant une utilisation optimale des ressources hydriques sans gaspillage.
  • Paillage : Pailler les plantations avec vos déchets végétaux permet de conserver l’humidité dans le sol. C'est le « mulching », une couche de matériau composé d’herbe de tonte, de paille, de feuille, de brindille, de compost ménager, de carton (sans encre, ni colle).

Maîtriser la température et l'aération

Contrairement à ce que l’on pense, il est plus facile de maîtriser la température dans une grande serre de jardin, car les changements de températures s’y répercutent moins rapidement que dans une serre de petit volume. La température de culture idéale est comprise entre 15°C et 24°C. En dessous, vos plantes souffrent de stress et leur développement s’arrête.

  • Aération : Quelle que soit la saison, l’aération de votre serre est essentielle pour la santé de vos plantes. Au quotidien, nous vous conseillons d’ouvrir la porte, les fenêtres ou de soulever la bâche. Si votre serre ne possède pas de fenêtre, il existe la possibilité d’ajouter une ouverture automatique pour lucarne sur son toit. Pour les serres tunnel, si vous n’avez pas la capacité de pouvoir aérer vos parois latérales, vous pouvez opter pour un kit d’aération latérale. Éviter la surchauffe grâce à une aération continue en été, associée à une filtration des rayons du soleil.
  • Chauffage naturel : Pour les plantes qui ont besoin d’une forte chaleur, on favorisera plutôt l’emploi de masse thermique (bidons d'eau, murets) que d’appareils de chauffage électriques ou à gaz, pétrole. Pour cela, on se tournera vers l’utilisation d’une serre bioclimatique, parfaitement adaptée à la permaculture. En hiver, aérez dès que possible et de préférence le matin afin de renouveler l’air ambiant.
  • Humidité : Il est important de maintenir un certain taux d’humidité à l’intérieur de votre serre. Les plantes n'auront pas accès à l’eau de pluie ou à la rosée du matin, c’est donc au jardinier.ère d’assurer l’arrosage.

Optimiser l'espace et la biodiversité

Une serre de jardin non organisée devient vite trop petite. Délimitez les espaces et optimisez les zones de culture. Prévoyez une allée centrale de 60 centimètres de large au moins pour les déplacements, et des plus petites allées secondaires, si la forme et les dimensions de votre serre le permettent, et des zones de culture déterminées.

  • Zonage interne : En fonction des besoins des plantes en termes de luminosité, de chaleur, de résistance aux courants d’air. En fonction des soins à leur donner, les plus “exigeantes” seront les plus accessibles. En fonction de la taille et du volume des plantes : les espaces de bonne hauteur servent aux plantes grimpantes ou à palisser. Il vaut mieux les placer en fond de planche pour pouvoir accéder aux plus petites plantes auxquelles elles seront associées. Pensez aussi aux étagères qui peuvent être accrochées sur la structure, elles permettent d’installer des pots de petites plantes ou de plantes retombantes. Les plantes volumineuses se placent au fond de la serre (si elle n’a qu’une entrée) afin de ne pas restreindre l’espace. À l’intérieur d’une serre de jardin, il est possible d’installer des étagères, des tablettes, ce qui facilite la culture à étages. Les cultures hautes pourront être voisines des plus basses pour leur faire de l’ombre. Vous pouvez même suspendre des pots à la structure du toit, voire même des plantes grimpantes directement.
  • Associations de plantes : Associer des plantes variées pour améliorer la biodiversité dans la serre, tant au niveau des plantes elles-mêmes, mais aussi de la petite faune qui se développe autour de chacune. Certaines "mauvaises herbes", qui font partie des herbes aromatiques poussant très facilement, pourront même être consommées. Grâce à cela, vous désherberez tout en utilisant ces "mauvaises herbes". Si vous optez pour une serre pour votre permaculture, vous pourrez créer des plates bandes naturelles qui aideront à empêcher les véritables mauvaises herbes (celles impropres à la consommation) de se propager. Par exemple, le radis se plaît à l’ombre des tomates. La bourrache éloigne les limaces et protège les fraises. La carotte aime la compagnie de la ciboulette. Les alliés naturels tels que la bourrache peuvent repousser certains nuisibles tandis que le basilic stimulera la croissance de vos tomates. Les œillets d’Inde quant à eux feront fuir de nombreux parasites, tout en attirant les abeilles et autres insectes auxiliaires.
  • Pollinisation : Des plantes à fleurs bien choisies attireront des pollinisateurs si elles sont installées à l’entrée, certains attireront des auxiliaires utiles pour gérer les populations de nuisibles. Pour cela, cultivez une parcelle d’orties qui fera office de gîte et de couvert pour les coccinelles notamment.

Les Techniques de Culture en Permaculture Sous Serre

Préparation et enrichissement du sol

Le seul point à ne pas négliger pour une permaculture réussie, c’est l’entretien de son sol. Ici, nul besoin de le bêcher mais paillez vos sols afin d’éviter la création et la prolifération de plantes non choisies, comme des mauvaises herbes non bénéfiques au développement de vos plantes. Contrairement au sol de votre potager, la terre de votre serre de jardin n’est pas nourrie naturellement. Pour permettre à vos plantes de se développer correctement, il est indispensable d’enrichir votre sol à l’aide d’engrais.

  • Compostage : Faire et utiliser du compost permet de valoriser les déchets. Composé de déchets d’origine végétale et/ou animale, le compost est un amendement organique qu’il est facile de fabriquer soi-même et à domicile. La technique la plus simple étant de placer directement le compost sur le sol afin de former un tas d’une hauteur minimale de 0,50 mètre. Le compost permet d’apporter facilement et rapidement des éléments nutritifs à votre sol. C’est la solution écologique et économique pour l’enrichir de manière durable. Une fois créé, il est nécessaire d’entretenir régulièrement son compost.
  • Engrais naturels : Amendez le sol quand vous videz une zone et paillez systématiquement avec de la matière organique. Vous pouvez utiliser dans votre serre de jardin du fumier, des engrais verts, du compost et bien plus encore. Évitez les traitements à base de produits chimiques en privilégiant des engrais biologiques et concoctez vous-mêmes vos purins à base de plantes. Semer tous les quatre ans un engrais vert afin de préparer les prochains cycles.

Différents types d'amendements du sol

Rotation des cultures et gestion des plantes

Au sein d'une serre, le concept de rotation des cultures prend tout son sens. En alternant judicieusement les familles botaniques au fil des saisons, vous préservez l'équilibre nutritif du sol tout en minimisant les risques parasitaires. Faites tourner vos cultures autant que possible en alternant les familles de plantes présentes dans la serre. L’ennemi des plantes sous serre est l’humidité, qui est la cause des maladies fongiques.

  • Semis : Les semis se font plus tôt qu’à l’extérieur sous serre, soyez attentifs à la température qu’il y fait pour semer au bon moment.
  • Espacement : Respectez les espacements indiqués sur les fiches des plantes, l’air et la lumière pourront circuler entre elles.
  • Plantes adaptées : Les tomates, et les autres légumes du soleil tels que les courgettes, les aubergines, les poivrons apprécient la chaleur et seront de bons choix à cultiver en serre. Ils seront donc naturellement adaptés à une serre en permaculture.

Entretien de la serre au fil des saisons

Un entretien régulier est essentiel pour des plantes en bonne santé et un espace de jardinage sain. Une serre de jardin mal entretenue augmente les risques de maladies et d’infections des plantes.

  • Printemps : C’est le moment de faire un grand vide de printemps afin de faire de la place pour les semis et futurs plants. Triez, nettoyez, rangez et organisez votre serre de jardin. Préparez la terre en supprimant les mauvaises herbes. Si ce n’est pas déjà fait, prévoyez un système d’arrosage adéquat à vos cultures et leurs besoins.
  • Été : Avant les grosses chaleurs de l’été, c’est l’occasion de protéger vos plantes sensibles au soleil. Apportez-leur un peu d’ombre grâce à un filet d’ombrage.
  • Automne : C’est la saison pour faire le grand nettoyage. Pour les serres en polycarbonate ou en verre, nettoyez les vitres avec de l’eau savonneuse. Pour les serres tunnel, vérifiez que la bâche est intacte et nettoyez-la si besoin.
  • Hiver : Assurez-vous que votre serre est prête pour la saison froide : regardez si les joints et les parois sont en bons états pour éviter les déperditions de chaleur, installez un chauffage pour culture et posez un film plastique à bulles isolant sur les parois. Préparez-vous à la chute des températures et aux journées moins ensoleillées. Pour cela, retirez le filet d’ombrage afin de garantir un maximum de luminosité à vos plantes. Même s’il fait frais, aérez dès que possible et de préférence le matin afin de renouveler l’air ambiant. De plus, privilégiez un arrosage manuel non automatique, pour éviter à votre système d’arrosage de s’abîmer pendant l’hiver.

Calendrier des tâches saisonnières en serre

Les microclimats et la biodiversité dans la serre

Dans cet écosystème sous verre, il convient aussi d'adopter des pratiques écologiques telles que le compostage ou l'utilisation d'insectes auxiliaires pour combattre les nuisibles. Au sein de cette architecture végétale qu'est votre serre en permaculture, chaque détail compte : du zonage interne favorisant différentes espèces au compagnonnage végétal stimulant la croissance mutuelle. Introduire un petit étang au cœur de votre serre pour encourager la biodiversité peut également être une idée.

La création de microclimats, en tenant compte de leurs besoins spécifiques en humidité, lumière et température des plantes, il faudra créer des sortes de « microclimat » adapté aux différentes plantes. Par exemple, certaines comme les radis seront prêtes en un clin d’œil alors que d’autres, telles que les courges, demanderont patience et espace.

Permaculture et autonomie alimentaire

Cultiver sous serre en permaculture, c’est utiliser les énergies naturelles à votre avantage. Commencer progressivement en apprenant petit à petit avec quelques légumes connus pour observer leur développement. La culture sous serre permet par exemple de viser une certaine autonomie alimentaire. Être autonome avec une serre en permaculture, c’est optimiser ses avantages tout en s’appuyant sur les ressources existantes et renouvelables.

La culture sous serre, malgré ses avantages, implique une gestion de l'irrigation toute l'année. Mettre un toit sur le sol, c’est créer un désert si l'on ne gère pas l'eau. Cultiver dans une serre, c’est consommer un peu de matière première, comme du plastique pour une serre tunnel avec un peu de métal. Même si c’est durable, c’est une consommation. Cependant, quand on voit la quantité de nourriture qui est produite dans une serre, on se rend vite compte que cela en vaut la peine. Cet inconvénient est à considérer si vous portez énormément d’importance à l’impact carbone de votre méthode de jardinage. N’oubliez cependant pas que tous les légumes que vous achetez chez le marchand ont eux aussi consommé des intrants.

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