Transplantation des Groseilliers : Quand et Comment Réussir le Déplacement de vos Arbustes Fruitiers

Le groseillier, cet arbuste fruitier généreux en baies acidulées, est un ajout précieux à tout jardin. Cependant, il arrive parfois que l'on souhaite le déplacer pour réaménager l'espace, optimiser son exposition ou simplement regrouper les plantations. La question de la période idéale pour cette opération délicate suscite souvent des interrogations, avec des avis parfois contradictoires. Pourtant, il est tout à fait possible de déplacer un groseillier avec succès en respectant certaines règles fondamentales.

Groseillier avec des fruits rouges

Pourquoi Déplacer un Groseillier ? Les Raisons Fréquentes

Les raisons qui obligent à déplacer un groseillier peuvent être nombreuses et variées. Un réaménagement général du jardin, comme l'explique Margot, qui souhaite rassembler ses groseilliers pour un aspect plus propre, est une motivation courante. Il peut être judicieux d’effectuer cette manœuvre délicate si vous remarquez que d’autres arbres et arbustes proches du groseillier prennent le dessus. Si ces végétaux commencent à lui faire de l’ombre par exemple, il est judicieux sur le long terme de déplacer votre groseillier pour assurer sa survie et sa productivité. Parfois, cette petite intervention rapide à effectuer apporte aussi une solution si vous venez de devenir propriétaire d’une parcelle de jardin que le propriétaire précédent avait laissée à l’état sauvage depuis longtemps. Ce n’est pas inhabituel, surtout avec les arbustes à baies. Ils sont souvent négligés et sont les derniers à bénéficier d’un entretien. Si les arbustes ne sont pas trop vieux, le déplacement vaut vraiment la peine pour revitaliser les arbustes ou améliorer les conditions d’emplacement.

[TUTO] Comment tailler le groseillier ? – Jardinerie Gamm vert

Le Moment Idéal : Le Repos Végétatif

La question centrale est : quand transplanter un groseillier ? La réponse la plus simple et la plus sûre est : pendant son repos végétatif. Maraichin, Daniel57 et d'autres experts s'accordent à dire que l'automne est la période idéale. Pour être encore plus précis, c’est en novembre que l’enracinement pourra se faire sans problème. Le proverbe « après la Sainte Catherine, tout prend racine » prend tout son sens ici. En automne, votre groseillier commencera son repos végétatif. La production des fruits, des jeunes pousses et des feuilles est terminée. Ainsi, votre fruitier aura notamment moins besoin de puiser d’énergie au sol. Ses racines peuvent alors être chamboulées sans que l’état de santé de la plante soit dégradé.

Schéma du cycle végétatif d'un groseillier

Le repos végétatif se poursuit jusqu'à la mi-mars. Lorsque la plante est au repos, aussi peu active que possible et n’a pas non plus de feuilles, elle peut facilement être déplacée si vous suivez les règles énumérées ci-dessous. Le principe suivant s’applique : Le plus tôt sera le mieux. Si le déplacement a lieu à la fin de l’automne, la plante peut se développer sur le nouvel emplacement. Il ne faut jamais oublier que les extrémités des racines sont toujours actives et se développent lorsque le sol n’est pas gelé. C’est justement le véritable avantage d’un déplacement précoce.

Alternatives et Précautions pour les Autres Saisons

Bien que l'automne soit la meilleure période, il est envisageable de déplacer votre groseillier au printemps (voir l’été), mais avec une plus faible probabilité de reprise. Comme le souligne ced, il peut y avoir des situations où l'on est contraint de le faire à un moment moins propice pour éviter de perdre les plants. Reddroopy témoigne d'une transplantation réussie en plein mois d'août pour un groseillier à maquereau, en prenant des précautions extrêmes. Petite Capucine et Pascale 56 ont également effectué des transplantations hors saison idéale avec succès, soulignant l'importance d'une belle motte de terre et d'un arrosage généreux.

Aujourd'hui, avec les plants en conteneur, la période de plantation des groseilliers s’étend par bonheur sur toute l’année. Cependant, il est judicieux de se remémorer brièvement les avantages et inconvénients des différentes périodes de plantation possibles. Il est un fait connu que les groseilliers débourrent très tôt dans l’année, les boutons s’épaississent dès le mois de février et à un moment donné en mars, ils n’y tiennent plus et commencent à pousser. Les envies de plantation des groseilliers sont au plus fort au printemps.

Préparation et Choix du Nouvel Emplacement

Avant de vous munir de votre bêche, il est important d’identifier une bonne zone pour replanter votre groseillier. Un bon emplacement, c’est déjà la moitié du travail ! Une fois bien installé, le groseillier produit des fruits en abondance.

Le plant de groseillier s’adapte à de nombreuses conditions, mais certaines précautions garantissent une croissance optimale. Il est important que l’exposition soit similaire à l’ancien endroit où il était planté. Conservez un port plus touffu et plus dense (avec plus de tiges) afin que les baies en développement soient mieux protégées contre le rayonnement solaire direct et les coups de soleil. Il est déconseillé par contre de le conduire en palmette ou en fuseau en plein soleil ou contre un mur exposé au sud.

Bien que les groseilliers soient des arbustes tolérants, ils préfèrent un sol frais, humide et bien drainé. Les sols acides à neutres, de texture argileuse ou argilo-limoneuse, sont idéals. Les meilleurs rendements de groseilliers en pot sont obtenus sur des sols peu calcaires avec le plus fort taux possible de substances organiques, où le pH varie entre 6 et 7. Préférez un sol silico-argileux riche, pas trop sec et surtout frais. L’arbre peut être placé au soleil, mais privilégiez un coin ombragé et à l’abri du vent. En effet, les racines souffrent rapidement du soleil. Un mur nord ombragé pourrait être envisagé pour la plantation de groseilliers, ainsi que sous des fruitiers plus hauts, dispensant de l’ombre. Les expositions sud, susceptibles de se réchauffer trop rapidement au printemps, conviennent moins bien, tout comme les dépressions de terrain où l’eau peut s’accumuler bien trop vite. Mais si vous hésitez entre plus de soleil ou plus d’ombre, choisissez alors l’emplacement le plus ensoleillé.

Exemple d'un plan de jardin avec un emplacement optimal pour les groseilliers

Au début, il faut préparer au mieux le sol comme c’est souvent le cas pour installer de nouvelles plantes. Un ameublissement en profondeur est impératif pour cultiver les groseilliers, car il s’agit d’arbustes à racines traçantes, où la formation racinaire est limitée à la zone juste en dessous de la couche supérieure. Il est important de souligner qu’il est préférable d’apporter une quantité suffisante de compost bien décomposé et du paillis au sol pour bien l’alimenter. En l’absence de compost bien mûr, vous pouvez aussi mélanger à la terre 30 % de terreau fertile n°2. L’humidité de base du substrat et du sol en sera améliorée et les arbustes seront mieux protégés d’un éventuel dessèchement, en toute simplicité. Toutefois, il faut impérativement éviter la formation d’humidité stagnante, tel que cela se produit souvent après des jours de pluie, et ce quelle que soit la variété de groseilliers.

Le Processus de Transplantation Étape par Étape

  1. Préparer le trou de plantation : Creusez un trou un peu plus volumineux que la motte et arrosez-le. Le trou de plantation des groseilliers doit avoir un diamètre équivalant au moins au double de la motte. Ainsi que nous vous l’avons expliqué dans la vidéo, il faut démêler un peu la motte juste avant la plantation (précisément : juste après avoir dépoté la plante !). La profondeur du trou doit être telle que la motte soit recouverte d’une couche de terre de cinq à dix centimètres. Sur le nouvel emplacement, le trou de plantation doit être au moins deux fois plus grand que la motte de racines, en tenant compte de la profondeur des racines du groseillier. S’il faut rehausser le trou de quelques centimètres, il peut d’abord être rempli de gravier grossier au fond, afin que l’eau qui s’infiltre après plusieurs jours de pluie puisse mieux s’écouler.

  2. Déterrer avec précaution : Pour déterrer votre groseillier, faites attention à prélever une motte de 40 à 50 cm de diamètre et de profondeur. Reddroopy conseille de déterrer très profond (afin de ne pas casser trop de racines). À cette période les racines sont très sollicitées pour la fructification, il vaut mieux ne pas les perturber. Pour le sortir de terre, il n’y a pas besoin de mini-pelles ou autres machines similaires, car les groseilliers, ainsi que les framboisiers, les groseilliers à maquereau et les noisetiers, appartiennent au groupe des arbres à racines peu profondes. Dans la plupart des cas, il est possible de dégager le groseillier avec la bêche en exerçant un effet de levier. Il peut être très difficile de déplacer le groseillier avec la motte de terre.

  3. La taille de l'arbuste : Il est nécessaire de supprimer beaucoup de vieux bois, en particulier avec les groseilliers un peu plus âgés. En règle générale, vous pouvez réduire au moins de moitié le volume aérien de l’arbuste afin qu’il soit adapté à la taille des racines. En effet, au moins la moitié des racines, mais plutôt les deux tiers ont été taillés et sont restés à l’ancien emplacement. Lors du déplacement, la procédure est fondamentalement la même que pour la taille normale : Les branches les plus anciennes et les plus épaisses sont supprimées. La taille est toutefois plus rigoureuse que normalement, car l’objectif est de supprimer 50 % des branches. Si les branches restantes sont trop longues et peu stables, elles sont également raccourcies (à environ 80 cm). Tatine et Zouff confirment l'importance de la taille.

  4. Plantation et arrosage : Déposez votre groseillier dans le trou, puis arrosez-le généreusement. Après la plantion dans son nouveau trou, arrosez abondamment (10L à 20L d’eau). N’hésitez surtout pas à lui apporter régulièrement de l’eau les semaines qui suivent la plantation. Les groseilliers, qui ont toujours soif, peuvent tolérer une portion supplémentaire d’eau d’arrosage après avoir été déplacés à leur nouvel emplacement. Pour éviter un dessèchement involontaire dans la zone racinaire, prévoyez une cuvette d’arrosage. Enfin, l’arbuste est mis en place de sorte que la plante puisse être recouverte de terre sur cinq à huit centimètres supplémentaires au-dessus de la base racinaire et que la zone soit à la fin au même niveau que le sol du jardin.

Illustration des différentes étapes de la transplantation d'un arbuste

Soins Post-Transplantation et Fertilisation

Le groseillier n’aura pas besoin d’engrais après sa transplantation. Cependant, les arbustes en ont particulièrement besoin après avoir été transplantés, car ils doivent lentement se développer à nouveau. Fertiliser avec de l’engrais à libération lente (40gr/plante) peu de temps avant le début du débourrement. L’ajout de compost supplémentaire ne peut pas faire de mal. Notre Frutilizer® Seasonal Fertilizer Plus contient tous les composants essentiels dont un groseillier a besoin d’urgence pour sa croissance saine après son transfert vers un nouvel emplacement. Selon la taille, l’arbuste peut maintenant être fertilisé avec 20 à 40 grammes par mètre carré. Cet engrais à libération lente de très haute qualité et bien équilibré a une durée d’action allant jusqu’à six mois, mais peut, en fonction de la nature et de l’état actuel de la culture, être utilisé exceptionnellement à des intervalles plus courts après le déplacement des groseilliers.

Les Différents Types de Groseilliers

Il existe plusieurs types de groseillier à cultiver dans son espace jardin. Le groseillier à maquereau est un type de groseillier qui se cultive moins mais qui propose des groseilles très sucrées et volumineuses aussi délicates que du raisin. Le groseillier rouge est un arbre fruitier qui, comme son nom l’indique, donne des variétés de groseilles rouges. Selon les variétés, sa taille peut aller jusqu’à 1,50 m. L’arbre à groseilles blanc permet de donner de longues grappes de fruits blancs. Ces derniers sont plus doux et sucrés que la variété rouge.

Le groseillier à maquereau ou à grappes est un arbuste à petits fruits parfois épineux atteignant jusqu’à 1m50 de hauteur. Son intérêt, ce sont les baies translucides, rouges ou rosées acidulées qu’il produit en été.

Diverses variétés de groseilliers : rouge, blanc, à maquereau

Taille du Groseillier : Un Pilier de la Production

La taille permet de structurer l’arbuste et d’améliorer sa production. L’objectif ? Pour assurer une belle floraison du groseillier, taillez-le régulièrement. La période idéale pour la taille se situe entre mars et avril. Supprimez les branches les plus âgées en les coupant au ras. Essayez également de tailler les branches mortes.

Pour les groseilliers conduits en arbustes, seront taillés comme suit : Éliminer totalement les tiges faibles (les rabattre à 2-3 cm), laisser les 3 à 6 tiges les plus fortes. Elles ne seront raccourcies que lorsqu’elles mesureront 50 à 70 cm de long, puis seront rabattues à 50 cm. Les groseilliers conduits en palmette ou en fuseau doivent évidemment être fortement rabattus. Pour le fuseau, on ne conservera que la branche la plus forte, pour la palmette on conservera 3 branches. Celles-ci ne seront pas raccourcies.

Démonstration de la taille d'un groseillier

Si vous souhaitez les cultiver en arbustes, il faut planter les groseilliers assez profondément. Ce qui signifie de recouvrir de terre dans tous les cas les départs de tige inférieurs. Du fait qu’une grande partie de la plante est enterrée, elle continue à former de nombreuses nouvelles tiges annuelles à partir du sol, permettant de disposer toujours de nouveaux bois pour réaliser un buisson. Une rotation suffisante du bois fructifère a alors lieu et l’arbuste ne vieillit pas. Il n’est pas impératif de tailler la plante pour la conduire en buisson. Il faut décider ici si on préfère récolter des fruits au cours de l’année même ou si l’on préfère un arbuste à port touffu. Si l’on se décide pour les fruits, il ne faut pas le tailler. Si l’on souhaite avoir un arbuste compact avec de nombreuses tiges, rabattez toutes les tiges à 3 à 5 yeux (boutons), pour provoquer un redémarrage vigoureux.

Maladies et Ravageurs du Groseillier

Les groseilliers ne sont pas spécialement vulnérables aux attaques de ravageurs, mais plutôt aux maladies. L’arbre à groseilles peut être atteint par de nombreuses maladies. Il peut être victime par exemple d’anthracnose, d’oïdium ou de rouille.

L’anthracnose du cassis est une maladie virale qui se traduit par une diminution des lobes et des dentures sur les feuilles et une chute du rendement. Ces virus sont transmis de plus par le phytopte du groseillier. Malheureusement, la plupart du temps, la suppression des parties infestées ne suffit pas et il faut arracher tout l’arbuste. La rouille vésiculeuse (une maladie cryptogamique) se traduit par une décoloration en forme de tache des feuilles, suivie par des pustules jaunes à leur revers. Seul le recours à des produits phytosanitaires spéciaux s’avère efficace, car le champignon résiste au gel et survit ainsi dans le sol et pas uniquement sur le végétal attaqué. Il en est de même pour la pourriture grise, dont l’infestation recouvre les feuilles d’un revêtement grisâtre. Dans l’alternariose, des taches brun foncé se forment sur les feuilles, qui s’enroulent alors puis tombent. Il est impératif de supprimer sans délai toutes les parties attaquées et de les jeter (pas sur le compost !), car ce champignon est également très résistant.

Pour protéger les groseilliers des oiseaux gourmands, il est conseillé d'utiliser des filets de protection placés sur les arbustes pendant la période de mûrissement des fruits.

La Multiplication du Groseillier

Les groseilliers se multiplient très facilement par des tiges lignifiées. Celles-ci sont mises en terre à l’automne et arrosés. Les scions permettent pour ainsi dire de profiter d’un deuxième étage supplémentaire dans votre verger ou jardin baccifère et de disposer au-dessus du parterre d’un espace libre d’environ 50 à 80 cm autour du tronc.

Le Groseillier dans l'Histoire et la Géographie

L’ancêtre du groseillier poussait principalement dans les régions froides et montagneuses de l’Europe du Nord. Néanmoins, sa culture resta peu exploitée jusqu’au Moyen Âge. En effet, le groseillier ne fut recensé dans nos jardins qu’à partir du 12e siècle. La groseille resta longtemps un fruit réservé aux nobles. Le groseillier a besoin du froid pour fructifier. Il pousse donc plus facilement dans les régions de l’hémisphère Nord. La Russie est le pays qui produit le plus de tonnes de groseilles par an. Elle est responsable de plus de 30 % de la production mondiale. L’Allemagne et la Pologne cultivent également cette plante et produisent chaque année plus de 140 000 tonnes de groseilles chacun. L’arbre à groseilles fleurit généralement au printemps, en avril. Le groseillier a besoin d’une période de 2 à 3 ans pour fructifier. Les fruits de cet arbre peuvent être récoltés après le printemps, entre juin et juillet. La récolte se fait à la main, pour éviter d’abîmer les groseilles.

En somme, bien que la transplantation d'un groseillier puisse sembler intimidante, elle est tout à fait réalisable en respectant les principes de base du jardinage. Le choix du bon moment, une préparation minutieuse et des soins attentifs post-transplantation garantiront la bonne reprise de votre arbuste et sa future production de délicieuses groseilles.

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